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samedi 10 juin 2017

Le prix Nicolas Bouvier Etonnants Voyageurs pour Jean-Louis Gouraud, voyageur de l'extrême

Jean-Louis Gouraud vient de recevoir le prix Nicolas Bouvier Étonnants Voyageurs pour sa "Petite géographie amoureuse du cheval" qui vient de paraître chez Belin. Un journal de bord qui nous emmène à la découverte des cultures équestres des quatre coins de la planète, de la Mongolie au Cameroon, de la Turquie à la Suisse en passant par L'Inde et même la Corée du nord! Jean-Louis adore se balader dans les pays les plus fermés du monde (l'Algérie de Boumédienne, La Libye de Khadafi, l'Union Soviétique du rideau de fer...)

 Il décrit de façon savoureuse, méticuleuse, drôle et rigoureusement vécue l'interdépendance qui existe entre les hommes et les chevaux dans tous les pays du monde.  Et de citer en préambule le célèbre naturaliste Georges Cuvier : "Dites-moi le cheval d'un peuple, je vous en dirai les moeurs et les institutions".

Cet ouvrage ou plutôt cette bible de voyages (600 pages) apporte plus d'infos sur un pays que n'importe quel guide aussi sérieux soit-il. Il se lit comme une succession de lettres dédiées à l'amour du cheval.

Jean-Louis Gouraud est l'auteur de nombreux articles, romans, spectacles et anthologies à la gloire du cheval


Petits extraits choisis qui plantent le décor :
En Corée du Nord : "Quitte à aggraver mon cas et à passer pour un inconditionnel de ce pays a mauvaise réputation, j'avouerai même le réel plaisir à me balader dans des villes sans embouteillage, donc-  sans bruit- et sans publicité. Sans autres bruits ici, du moins, que les innombrables fanfares et choeurs interprétant à tous les coins de rue des chants patriotiques à la gloire du régime et de ses dirigeants".  

A Taïwan, Jean-Louis Gouraud se fait sortir les originaux de Castiglione, peintre jésuite devenu le peintre favori  de l'empereur de Chine au début du XVIIIe siècle sous le nom de Lang Shining Au terme d'une incroyable chevauchée entre couloirs, portes blindées, sas de décontamination... il découvre la précieuse toile de soie.   "Les couleurs sont si fraîches, si éclatantes qu'on pourrait croire que l'oeuvre a été peinte la veille. C'est l'un des plus beaux jours de ma vie". 

En Libye, il fréquente Kadhafi "... Je lui trouvais d'indéniables qualités. Celle, en particulier, de contenir en Afrique du nord et au Sahel la montée de l'islamisme, à une époque où celui-ci déchirait l'Algérie et menaçait l'Egypte... Même s'il faisait beaucoup de bêtises, le personnage n'était pas bête. Ses idées, parfois, me semblaient mériter mieux que l'application souvent maladroite qu'il en faisait: à propos des femmes, à propos de l'islam, à propos de l'apartheid. Sur les chevaux, ses propos dénotent un esprit original. "Il faudrait interdire les courses d'obstacles. Le cheval aime la course, mais sauter n'est pas dans sa nature. Pourquoi le forcer, l'obliger à faire ce qui ne lui plaît pas? " ou encore "Il parait que les français mangent de la viande de cheval  Quelle  horreur! C'est de la sauvagerie. D'ailleurs, manger de la viande est un comportement barbare. Il faut devenir végétarien... ". 

Vous l'avez compris, les voyages de Jean-Louis Gouraud aux quatre coins du monde sont pleins d'anecdotes, ses analyses parfois inattendues, son érudition immense, bref on passe de savoureux moments hors des sentiers battus.
En bonus, il nous offre la traduction de "Mon cheval blanc",  de Kim II Sung.  A l'aube de ses 80 ans, le premier dirigeant de la Corée du Nord, surnommé le "président éternel" évoque son cheval de guerre. Il dit les larmes versées par son cheval quand il décide de s'en séparer. Il raconte l'astuce trouvée par son plus fidèle compagnon pour lui sauver la vie, au risque de se briser les jambes. Un texte émouvant, parfaitement décalé, comme on les aime!

Lien vers mon dernier article sur Jean-Louis Gouraud

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