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vendredi 24 janvier 2020

Les chevaux ont des sentiments. 6ème partie : la colère


Entre colère et panique
Le cheval est un animal pacifique. Mais il peut parfois réagir vivement à une provocation ou à une frustration. Avant de manifester cette colère, il envoie des signaux. 
Si votre cheval couche ses oreilles en arrière, méfiez vous, il risque de mordre ou de taper. Lorsqu’il se grandit, encolure haute, queue sortie, muscles tendus, il est prêt à … l’attaque ! Celui qui se soumet se fait, au contraire, le plus petit possible, encolure basse, la queue entre les jambes. 
La plupart du temps, le cheval ne fait qu'intimider l'autre. Sa colère retombe aussi vite qu'elle est montée. 


Quand un cheval fouaille violemment de la queue, il exprime son irritation. C’est le cas lorsque son cavalier le sollicite trop rudement avec ses éperons. 

Il contracte ses muscles et relève la tête, le regard fixe, c’est qu’il est inquiet.  Il peut alors fuir ou faire face en soufflant bruyamment ou en renâclant (sorte de ronflement).

En selle, évitez de mettre votre cheval en colère. Cet état le rend incapable d'apprendre et de comprendre. Faites baisser la pression. Détournez son attention.  Cherchez à identifier ce qui a déclenché sa colère. Une incompréhension? Des ordres contradictoires? Une mauvaise expérience? A vous de trouver ! 









dimanche 19 janvier 2020

Les chevaux ont des sentiments. 4ème partie. La jalousie


La jalousie est un sentiment assez fréquent chez les chevaux mais qui ne porte pas à conséquence. Lorsqu’un cheval devient l’objet d’avances amicales de la part d’un autre cheval, son « meilleur ami » peut voir rouge et se précipiter pour mordre et éloigner l’intrus. C’est pourquoi la plupart des éleveurs préfèrent avoir des nombres pairs dans le même pré. 
Un cheval peut également devenir jaloux quand son cavalier habituel s’occupe d’un autre cheval. Il encense avec sa tête, gratte avec un antérieur et ne se gêne pas pour mordre son rival si l’occasion se présente. 
De même, au pré, il voudra être attrapé le premier par son cavalier. Les autres ne pourront être attrapés qu’après.
L'alezane est possessive. Elle empêche les deux bais bruns de se saluer! 
Lire le précédent article sur la haine
L'amour
Introduction : les chevaux ont des sentiments

mercredi 15 janvier 2020

Les chevaux ont des sentiments. 3 ème partie : La haine

Souvent, les démonstrations d'agressivité ne sont que des intimidations.
Votre cheval vous déteste-t-il? 
J'imagine que vous ne vous posez jamais cette question. Pourtant, un cheval est capable de sentiments négatifs envers un humain comme envers un autre cheval. 
Les chevaux ont souvent des congénères qu'ils adorent et avec lesquels ils nouent de forts liens d'amitiés. Ils ont aussi des têtes qu’ils détestent. Cela peut-être un shetland pour un cheval dominant, un cheval blanc pour un bai brun. Bizarrement, les antipathies viennent souvent de la couleur de la robe. Au Maroc, par exemple, les chevaux de l’armée sont des barbes, tous étalons. Ils sont séparés en deux groupes, les bais bruns et les gris. Ils ne sont jamais mis en relation.  Ils sont menés à l’abreuvoir ou chez le maréchal ferrant à des horaires différents. Mais la détestation vient-elle de la couleur de la robe ou de la séparation "culturelle"? 
Quand un cheval déteste un autre cheval, il couche les oreilles et montre les dents. Il émet souvent un couinement, son aigu et bref qui montre son mécontentement.  Il peut charger son adversaire et  donner des ruades. Mais la plupart du temps, les deux ennemis évitent l’affrontement. 
Il est préférable de ne pas lâcher deux chevaux qui se détestent dans le même pré, surtout si celui-ci est d’une petite superficie. Les chevaux pourraient se blesser et, même faire une déprime. De même, dans une écurie, il est recommandé de placer chevaux et poneys par affinités. 
Avec les humains, l'inimitié est souvent liée à un mauvais souvenir. Elle vient sanctionner un comportement cruel par exemple. Elle peut aussi provenir d'une posture ambiguë, de l'inadéquation entre ce que pense la personne et ce qu'elle fait.  Les chevaux ont besoin de congruence. Ils détestent que l'on soit en contradiction avec... soi même! Oui, les chevaux nous apprennent à être vrais. 

Prochain article : la jalousie
Lire l'article n°1
Lire l'article n°2

samedi 11 janvier 2020

Les chevaux ont des sentiments! Deuxième partie : l'amour

L'amour, le père Siniakov en donne et en reçoit ... 
Difficile de mesurer les sentiments exacts des chevaux. Mais le cavalier qui aime son cheval et lui consacre du temps sait très bien qu’il existe, entre eux,  un lien particulier. Et si c’était de l’amour?
On a tous envie de se faire aimer de son cheval. On rêve qu’il nous suive comme un petit chien en liberté dans la prairie, qu’il devine nos pensées, devance nos désirs et s’éclate avec nous. Mais comment savoir s’il nous aime ? Est-ce nous qu’il aime ou la nourriture que nous lui apportons?  Et si on s’autorisait à écouter nos sensations ?  
Entrons dans son box, restons longtemps auprès de lui. S’intéresse-t-il à nous ? Tourne-t-il la tête vers nous? Se sent-il en confiance ? Pouvons-nous caresser toutes les parties de son corps sans qu’il se contracte ? Bien sûr, l’amitié est plus difficile à obtenir quand le cheval vit en semi liberté avec d’autres chevaux. Il s’ennuie moins et a moins besoin de notre présence. Mais si on va lui rendre visite et qu’il vient vers nous, juste pour nous dire bonjour. C’est gagné !  Déjà, s'il se laisse approcher et nous tolère à ses côtés, un grand pas est franchi. 
Au box, si le cheval fait mine de vous mordiller ou de voler votre brosse ou votre mouchoir, surtout ne le grondez pas. Ce sont des signes d’affection. Apprenez lui seulement à ne pas mordiller car vous n’avez pas l’épaisseur de peau d’un autre cheval. Il suffit de lui dire « non ! » d’un ton sec. Inutile de le taper ; Dites « oui » quand il se contente de vous lécher, « non » quand il mordille. Il va très vite comprendre la différence ! 
Enfin, un cheval qui vous apprécie, accueillera généralement votre arrivée par un petit ronflement discret. Surtout, il vous attendra en cas de chute au lieu de partir à l’autre bout de la carrière ou de la forêt. Il vous regarde déconfit, l'air de dire : "mais qu'est-ce que tu fais par terre!". Encore un signe, osons le dire, qu'il vous aime! 

Prochain article : la haine
Pour lire l'article n°1



lundi 6 janvier 2020

Les chevaux ont des sentiments. Décryptez-les! Première partie.

Les chevaux et les poneys éprouvent de l'amour, de la tendresse, de la colère...
Le cheval ne pense pas comme nous. Il ne vit pas comme nous! Mais il ressent de l’amour, de la haine, de la jalousie, de la colère… 
Pas question de prêter au cheval des sentiments humains. On a tellement peur de faire de l’anthropomorphisme ! Mais tout le monde reconnaît maintenant que les chevaux ont des émotions.  Ils perçoivent les émotions humaines et s’en souviennent. Une étude de la psychologue en comportement animal Karen Mc Comb  et de ses collègues des universités de Sussex et de Portsmouth souligne que les chevaux utilisent cette capacité de se souvenir des émotions humaines pour identifier les personnes qui pourraient présenter un danger pour eux.  Les chevaux, non seulement, peuvent lire les expressions faciales humaines mais aussi se souvenir de l’état émotionnel d’une personne lorsqu’ils la revoient plus tard dans la journée.
Donc le cheval a des émotions et perçoit celles des autres.  Il reçoit des impressions face à une personne ou une situation.  Et il s’en souvient, preuve qu’il en a conscience. Les sentiments sont l’expression de ces impressions. Le cheval peut éprouver de l’amour, de la jalousie, de la haine, de la tendresse, de la colère ou du plaisir. 
S’il est moins démonstratif que le chien, il est tout aussi sensible. Il montre ses sentiments par un certain nombre de postures, de regards et même de sons. Ces messages sont très importants. Pour établir une bonne relation avec votre cheval, apprenez à connaître leur signification. Sinon, vous risquez de vous tromper et par exemple, de le punir quand il vous donne une marque d’affection. C’est le cas classique du cheval qui approche son nez pour nous flairer ou nous faire un câlin et que nous remettons vertement à sa place de peur qu’il nous morde ! 

A suivre très prochainement. Les sentiments que peut ressentir le cheval : l'amour, la jalousie, la colère, la tristesse...

mercredi 1 janvier 2020

Bonne année Mistria, ma vieille jument!

20 ans, l'âge de la sérénité!
 Bonne année, ma Mimi! Et bon anniversaire! Comme tous les chevaux, tu as un an de plus aujourd'hui. C'est ainsi que l'on compte. Tu as donc 20 ans!

Ton poil ressemble à celui d'un sanglier. Il te protège du froid et de la pluie. Tu as des dreadlocks dans la queue (je vais jouer les coiffeurs), tu as perdu ta musculature d'athlète mais tu sembles en parfaite harmonie avec ton milieu et ton troupeau.

Tu dors, tu manges, tu dors, tu marches, tu manges, tu gardes un oeil sur tes copains...

 Tu ne m'attends pas à l'entrée du pré. Tu m'acceptes auprès de toi mais tu ne me suis pas quand je m'éloigne. Bref, tu es bien dans ta vie!
Une vie de retraitée.

De l'espace, de la nourriture, des compagnons, le paradis!

dimanche 29 décembre 2019

Equitation : 15 petits gestes qui font un bien fou pour 2020


Sur la piste de  2020
Cette année, oublions les grandes résolutions que nous ne tenons jamais et concentrons-nous sur les petits gestes qui font du bien.
 En voici une quinzaine pour une année placée sous le signe du respect.
A vous d’en choisir certains, de tous les faire ou d'en trouver d'autres !

  1.    . Je tiens un carnet d’entrainement. J’écris ce que j’ai fait, ce que j’ai appris, ce que j’ai envie d’entreprendre avec mon cheval
  2.      Quand je monte à cheval, je ne fais que cela. Je ne parle pas au téléphone, je ne pense pas à mon travail ni aux courses à faire. Je suis avec lui dans notre bulle.
  3.      J’apprends à regarder et à écouter mon cheval.
  4.      Je bannis le mot « mais » de mon vocabulaire. Je ne dis plus « j’ai envie de monter à cheval mais il pleut ». Je dis « on va se faire une bonne balade sous la pluie ».
  5.      Je range la sellerie ou ma boîte de pansage, une activité qui me détend et clarifie mes idées.
  6.       Dès qu’une pensée négative me passe par la tête, je m’efforce d’en trouver deux positives. « Je suis trop nulle pour faire du concours" est remplacé par "Je progresse. Je peux maintenant enchaîner un parcours dans la fluidité ». 
  7.      A chaque fois que je vais aux écuries, je passe cinq minutes avec un cheval, sans rien lui demander, juste apprécier le plaisir d’être avec lui.
  8.      Je lis tous les jours quelques pages d’un livre ou d’un magazine équestre. Cela ouvre mon esprit, me donne des idées et, il parait même que la lecture permet de vivre plus longtemps ! 
  9.      Je prends l’habitude de visualiser positivement mes séances de travail.
  10.      Une fois par semaine, j’épate mon cheval. J’emprunte un nouvel itinéraire, je luis fais découvrir un objet, j’expérimente une nouvelle discipline…
  11.      Je questionne mon intuition et je lui fais confiance. 
  12.      A cheval, j’écoute mes sensations, quitte à oublier mon cerveau quand il le faut!
  13.      Quand mon cheval ne répond pas à mes attentes (il refuse un obstacle, se braque, ne réponds pas aux jambes, me prend la main…), je me demande quel message cela cache. Quelle est ma part de responsabilité ? Qu’est-ce que je peux changer ?
  14.      Je me lance des défis. Une fois par semaine, je me concentre sur un point : ma position, ma cadence, mes mains, mon relâchement…
  15.      J’apprends à ne pas être impactée par le regard des autres, une réflexion blessante, une remarque inappropriée. Je pense à mon cheval, à moi et je me dis : 2020, c’est notre année ! A nous deux! 

Article librement inspiré par « Mieux qu’une bonne résolution, 30 petites choses à faire pour être heureuse en 2020 » par Caroline Michel paru dans Elle en décembre 2019.

vendredi 27 décembre 2019

Spectacle de Noël du Musée Vivant du Cheval

Sophie Bienaimé dans le rôle de la marâtre
 Vite! Vous n'avez que jusqu'au 5 janvier pour aller applaudir "Alice et le manège enchanté" au musée vivant du cheval de Chantilly. Cette année, Sophie Bienaimé et sa soeur Virginie ont crée un spectacle librement inspiré de l'univers de
Lewis Carroll (l'auteur d'Alice au pays des merveilles).

C'est drôle, décalé, magique, beau et enlevé. Bref, vous pouvez emmener les petits, les grands-parents, les amis, les voisins, les collègues... les yeux fermés! Plaisir, joie et poésie garanties!
Sous le dôme des Grandes écuries 
En prime, les amoureux des chevaux ne souffriront pas. Pas de chevaux contraints, de mouvements forcés ni de recherche de l'esbroufe. Au musée, les chevaux sont travaillés avec respect et récompensés avec générosité. On ne leur demande pas l'impossible et on les laisse respirer. Bravo!
Voltige et humour

Des références aux contes célèbres


samedi 21 décembre 2019

La joie à cheval avec Galienne Tonka

Approcher les chevaux avec de la joie, cela change tout!

Souriez, riez, à volonté! Parce que la joie est d’abord physique, elle ouvre la voie des possibles, désamorce les crises, entraine vers la perfection. Elle n’est jamais trop ni de trop. Par les chevaux, elle est immédiatement entendue. Les petits, les grands, les paresseux, les nerveux, les jeunes, les retraités… tous y répondent sans hésitation. Grâce à elle, les chevaux se donnent, se relâchent, engagent leurs postérieurs…  Elle rend la vie plus facile, les soins amusants, le travail attractif. « Elle change la vie des chevaux ! s’amuse Galienne Tonka, créatrice du Théâtre du Cheval Bavard. Je milite pour la joie au quotidien. C’est une politesse que l’on doit aux chevaux. A l’heure actuelle, on parle beaucoup de bien-être du cheval mais, parallèlement, je vois beaucoup de chevaux qui ne sont pas joyeux au travail, l’équitation est devenue quelque chose d’un peu morose ».

Trop de chevaux sont tristes, passifs, résignés, voire dépressifs. On les reconnaît à leur manque d’entrain, leur œil éteint, la façon qu’ils ont de se tenir à l’écart, l’encolure basse malgré des yeux grands ouverts. Parfois, ils font des mouvements répétitifs agitant la tête ou se « balançant » à longueur de temps. A contrario, lorsqu’ils sont joyeux, ils ont l’encolure haute et l’œil vif. Ils sont curieux et ils participent. « Certains peuvent même faire des blagues, poursuit Galienne. C’est bon signe ! Quand un cheval me pique la brosse ou défait son nœud, j’adore ! »  Et de se référer aux moines bouddhistes qui cultivent la joie comme un bien précieux.  « Voir le monde par le prisme de la joie nous fait réfléchir autrement, poursuit l’écuyère.  On apprécie chaque instant. On prend ce qui vient. On est léger. On aime nos chevaux et ils nous le rendent. A quoi bon s’obstiner sur une équitation parfaite qui n’existe pas et qui ennuie tout le monde ! »
Au théâtre du Cheval Bavard, les chevaux sont au spectacle!

Vive les chemins de traverse !
Montrer aux chevaux notre joie d’être avec eux permet de désamorcer de nombreux problèmes. « On ne se met pas contre eux. On cherche des solutions. On n’hésite pas à changer de moyens. Plutôt que de s’obstiner ou de vouloir à tout prix imposer au cheval sa façon de faire, « une » équitation, on s’adapte. On l’amène au but recherché par des chemins de traverse ».  Galienne ponctue sa phrase par un bel éclat de rire. « C’est bon de rire. Si je ne ris pas, j’ai raté ma journée ! » De nature extravertie, Galienne n’hésite pas à utiliser le rire dans ses leçons. « J’en rajoute ! Je fais des bruits de bouche. Plus je rigole et plus le cheval sort de son marasme.  Son œil s’éclaire, son tonus revient. Le rire a un effet magique ! C’est un outil très performant !» 

Le rire permet parfois de calmer une peur. En balade, votre cheval s’arrête net devant un « terrible » tronc d’arbre ou un affreux sac en plastique. Le simple fait d’éclater de rire va le faire repartir. Sans doute se dit-il que ce tronc n’est pas dangereux puisque vous riez. De même, aborder un cheval avec le sourire, le met dans de bonnes dispositions. 
« Notre problème en équitation, c’est de se faire comprendre des chevaux, poursuit Galienne Tonka. Si on se fait comprendre joyeusement, c’est plus léger pour le cheval. Et pour nous ! "
Le jeu, c'est la vie!

Trop de chevaux subissent alors qu’ils devraient comprendre et participer ». En saut d’obstacles, la participation du cheval est déterminante. Bien-sûr, il ne sait pas vers quel obstacle il va se diriger. Il ignore combien de foulées il doit faire dans la ligne. Mais il voit très bien où prendre son appel. Il ne s’agit de le laisser faire ou de l’abandonner mais de le mettre dans les conditions où il peut se prendre au jeu et avoir du plaisir à ne pas toucher les barres. Il a les oreilles en avant et se tient prêt à toutes les éventualités. Il sait très bien si vous jouez ou non le chrono. 

En spectacle, même topo. Certains chevaux affectent un air triste parce qu’ils n’ont aucune part d’initiative. Mécanisés, ils ne peuvent plus nous offrir cette précieuse émotion qui fait le spectacle. A contrario, les chevaux qui ont le droit de proposer, voire d’improviser sont plus allants, plus expressifs et offrent au public bien plus de plaisir que le cheval parfaitement dressé mais qui déroule son tour de façon machinal. 

« Quand on regarde des poulains dans des prés, ce sont des petits clowns, dit Galienne Tonka. Ils s’amusent, jouent, se poursuivent gaiement, ils sont beaux, si parfaits dans le geste. Le cavalier qui achète un poulain. Il s’achète du rêve. Mais parfois, il en attend trop, veut aller trop vite et va de déception en déception. Cela crée chez lui une énorme frustration chez le cavalier et chez son cheval une grande tristesse. Il doit faire avec un cavalier qui n’est jamais satisfait, jamais dans la légèreté ».Pour éviter cette déception mutuelle, l’éducation d’un cheval doit se faire patiemment, en demandant des choses simples, en se félicitant du moindre progrès. « C’est avec des petites choses que l’on peut accéder aux grandes ! » Et de citer Spinoza. « Si vous voulez que la vie vous sourit, apportez-lui d’abord votre bonne humeur ». 
Galienne Tonka s'amuse avec Campino

La bonne humeur est contagieuse !
Le cheval est une éponge. Si vous êtes de bonne humeur, il le sera aussi et tout lui semblera plus facile.  Cela commence par les préparatifs. A partir du moment où l’on prend sa voiture, son vélo ou ses baskets pour aller voir son cheval, on peut être joyeux. Sourire nous met déjà dans un état joyeux. Souriez dans votre voiture et vous verrez la route, les autres automobilistes, les tracasseries de la circulation tout à fait différemment. Vous arriverez aux écuries dans un état détendu, ouvert, prêt à votre rencontre avec le cheval. 
« On peut essayer de se laisser surprendre par lui, poursuit Galienne Tonka.  Au fond, on réalise notre rêve. On monte à cheval, quoi ! Si on vient en se disant que c’est une galère, qu’il fait mauvais, que notre cheval ne comprend rien et qu’on va encore se faire critiquer par l’enseignant…la séance a toutes les chances de mal se passer ; Il faut que notre joie soit palpable pour le cheval ». 

La joie se transmet dès l’entrée au box. Le simple fait d’appeler le cheval par son nom ou par un petit nom met tout de suite une bonne ambiance. On entend parfois des cavaliers traiter leur jument de « garce », de « pisseuse » … Déjà, la communion ne se fait pas.  Si au contraire, on admire son cheval. Celui-ci se sent immédiatement valorisé.  Oui, Prince du Grasset ou Loulou d’amour est content de vous plaire, de bien faire, d’être avec vous. 
De même au travail, inutile de se polariser sur l’exercice en lui-même. Ce qui compte, c’est de préparer et de mettre le cheval dans les bonnes dispositions. Alors, l’exercice se réalisera facilement. « La fluidité, le mouvement, c’est la clé, poursuit Galienne. Si cela ne marche pas, dites-vous, ce n’est pas grave. Il a coupé le coin ! Riez ! Et revenez. Vous verrez, il le passera parfaitement, bien plus aisément que si vous vous braquez. Il faut accueillir les problèmes. Mettez-vous à la place du cheval. »  Spécialiste de l’équitation française de tradition, Patrice Francher d’Espèrey ne dit pas autre chose. « Moins on en fait, plus on est content et mieux ça marche ! »

Pour Galienne Tonka, la joie entraîne des résultats. Elle est même plus forte encore que la technique. Les chevaux s’allègent, montent le dos, engagent les postérieurs. L’énergie passe. Elle circule ! Bien-sûr, il y a des jours où l’on n’est pas joyeux. On a un problème de santé, de famille, de couple, de travail et toutes ces tracasseries administratives, ces traites à payer, ces problèmes à résoudre, cette fatigue, mais ce n’est pas le problème du cheval !  « Il faut apprendre à être joyeux envers et contre tout insiste Galienne Tonka. Vous pouvez contempler votre cheval et le remercier de pouvoir le monter. La gratitude crée de la joie. » Mais comment être joyeux quand on a la peur au ventre ?  « Vous avez peur ? C’est normal ! Vous montez une grande bête de 500 kilos qui peut se montrer imprévisible. Dites-lui !  N’hésitez pas à négocier. Ne prenez pas le cheval de front. Écoutez-le. Il a des choses à vous dire. Il vous donne des signes d’alerte. Dans un couple, il faut s’écouter mutuellement. Sinon, ce n’est pas vivable. Vous aussi, dites-lui ce que vous ressentez ». 

Le cheval aime comprendre.  Or, il n’a pas de plan de carrière. En revanche, il sait qu’il fait bien si on est content de lui. De la joie, naissent l’harmonie et la confiance. La voie est ouverte !  Tout est possible… 



mercredi 11 décembre 2019

La Boutique Monchevalmedit pour des cadeaux choisis

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Un sweat, un sac pour faire plaisir à une cavalière
 C'est parti! Monchevalmedit ouvre sa boutique en ligne et propose des cadeaux soigneusement choisis pour les amoureux et les amoureuses des chevaux. Une doudoune à capuche, un sweat rouge ou noir, un tea-shirt noir ou rose, un sac de pansage ou de… carottes, un sac à bottes, une casquette, voilà des vêtements et des objets qui plairont à coup sûr. 

Ils serviront de signe de reconnaissance à ceux et à celles qui écoutent ce que les chevaux  leur disent.  

Et bientôt, on pourra aussi y trouver  les livres de notre auteur cavalière Antoinette Delylle.

Merci à Jade Minery de s'être prêtée au jeu des photos. 


La doudoune cavalière

Un sac qui peut contenir des friandises

La signature Monchevalmedit
  
Sobre et bien coupé, le tea-shirt idéal!

vendredi 6 décembre 2019

10 conseils pour intéresser son cheval

Devenir une personne intéressante aux yeux du cheval.  Johanna Ream au Théâtre du Cheval Bavard


C’est la grande tendance. Il faut que le cheval se connecte à nous ! Encore faut-il se connecter à son cheval. Non seulement, il faut s’intéresser à lui mais aussi, devenir intéressant à ses yeux. Pour connaître cet instant magique où l’on est vraiment ensemble, pas de recette miracle qui marche avec tous les chevaux, plutôt un état d’esprit et du temps. 

  •  La positive attitude : Le cheval apprend d’autant plus vite que l’ambiance est joyeuse et sécurisante. Comme un enfant, il développe ses talents quand il se sent soutenu. A vous d’installer un climat propice en étant souriant, disponible et enthousiaste. Bref, adoptez la positive attitude. Mettez votre téléphone portable sur silencieux et consacrez-vous à votre compagnon. Commencez par bien le détendre. Laissez-le se rouler, faites-le marcher ou lâchez-le en liberté avant de lui proposer quoi que ce soit. 
  • Les yeux dans les yeux : Attirez son attention par un petit bruit, l’appel de son nom et regardez-le dans les yeux.  Soyez à son écoute. Le cheval communique en permanence.  S’il vous regarde, il est avec vous.  Récompensez-le par une caresse ou une friandise. Encouragez-le. 
  • Félicitez! Au risque d’être accusé de faire de l’anthropomorphisme, il faut reconnaître que les chevaux ressentent une certaine fierté à bien faire. Encouragez-les. Faites leur des compliments. Oui, ils sont beaux ! Oui, ils font bien ! Félicitez leurs réussites comme s’ils avaient gagné un Grand Prix. N’hésitez pas à leur offrir des récompenses.  Pour que le cheval fasse le lien entre la bonne réponse et la friandise, donnez la rondelle de carotte ou le quartier de pommes immédiatement après la bonne réponse. 
  • Jouez : Le jeu rend le cheval attentif, entretient sa forme physique, augmente ses capacités d’adaptation. Il lui offre la possibilité d’exercer sa curiosité et de développer son intelligence. Enfin, il permet au cavalier de mieux connaître son cheval. C’est  aussi une façon de partager un moment quand on ne le monte pas. La condition : ne pas punir un cheval qui ne réussit pas un jeu.  En préliminaire, il faut lui apprendre le respect. Pour jouer, un cheval doit connaître les limites,  ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, le retour au calme. S’il ne comprend pas, inutile de lui mettre la pression. Mieux vaut lui proposer autre chose. Soyez créatif. Ce qui marche avec un cheval ne fonctionne pas forcément avec un autre. N’hésitez pas à lui faire explorer son environnement, découvrir de nouveaux objets (en les associant à un mot), grimper sur un tabouret, taper dans un ballon ou faire une jambette … 
  • Devenez son ami : Dans la nature, le cheval cherche sa sécurité au sein du troupeau.  Souvent, il s’attache à l’un de ses congénères. Ainsi, l’on voit souvent deux chevaux devenir inséparables, se suivre, se faire du grooming, en somme développer un lien d’amitié. A votre tour de jouer sur cette tendance du cheval à se faire un copain en devenant son ami.  Pas question pour autant de vous prendre pour un cheval  et d’avoir la prétention de remplacer tout autre contact. Si possible, laissez votre cheval aller au pré ou au paddock avec d’autres congénères. Il n’en sera que mieux dans ses sabots ! Jouez les bons copains en lui faisant des gratouilles par exemple.  Le garrot, la crinière, le couard, le chanfrein… à vous de trouver l’endroit qui lui plaît.  Si lâché au pré, il reste de lui-même à vos côtés, c’est gagné !
  • Soyez zen : Vous intéresserez d’autant plus votre cheval que vous serez sûr de vous, confiant, assuré, calme. Pas de geste inutile. Vous savez ce que vous voulez et où vous allez. C’est rassurant pour le cheval qui va alors chercher votre compagnie.  Tout est information pour lui. Le moindre mouvement de votre buste, la position de vos épaules, la plus petite tension… est importante.  Mieux vaut donc éliminer les gestes inutiles, chasser les signes parasites.   La méditation, le yoga, la sophrologie, le taï chi permettent d’accéder à cette meilleure conscience du corps qui elle-même rend nos mouvements plus harmonieux, déliés, amples et donc plus faciles à lire pour le cheval. 
  • Adaptez-vous ! Quand vous abordez un nouvel exercice, n’hésitez pas à visualiser intérieurement ce que vous allez faire.  Cela vous permettra d’aller droit au but. Pour autant, adaptez-vous sans cesse aux réponses du cheval. Improvisez. Laissez-vous guider par vos intuitions. Ne cherchez pas à l’enfermer dans un schéma. Avec un cheval froid, surprenez-le. Amenez-le là où il ne s’attend pas. Faites des transitions très rapprochées. Variez le travail en lui demandant tout le temps quelque chose. Avec un cheval chaud, vous pouvez commencer par établir une routine qui lui donnera des repères et le calmera. Chaque cheval a un talent. Si vous le découvrez, vous n’aurez plus aucun mal à garder son attention. C’est lui qui viendra vous faire des propositions ! 
  • Utilisez toujours le même langage : Soyez cohérent. Employez les mêmes mots, les mêmes gestes. Si vous partagez un cheval en demi pension, mettez vous d'accord pour quelques mots de base. N’hésitez pas à faire une liste. Choisissez des mots de une ou deux syllabes. Utilisez également des intonations, des sifflements. Grave, traînante et douce, la voix ramène au calme. Tonique, elle encourage. Claquante ou grondante, elle désapprouve. Les consignes doivent être claires. Laissez le cheval trouver la solution. Il a le droit de faire des expériences.  
  • Accordez-lui de nombreuses récréations, rênes longues. Il doit faire la différence entre le moment où il est au travail et la pause.  Il a besoin de ces pauses pour se détendre et pour assimiler ce qu’il vient d’apprendre.
  • En selle, l’impulsion d’abord : Vous maintiendrez d’autant plus facilement son attention que votre cheval sera dans le mouvement. S’il s’intéresse à autre chose, n’hésitez pas à le remettre en avant.  Variez les exercices. Ne galopez pas toujours au même endroit.  Inventez  de nouvelles figures. Bouleversez l’ordre habituel. L’ennui, voilà l’ennemi ! N’hésitez pas à quitter le manège pour travailler à l’extérieur. Faites des trottings d’abord en compagnie d’un autre cheval. Puis sortez seul. Votre cheval va alors s’en remettre à vous. Il doit vous faire confiance. Avec vous, rien ne peut lui arriver !












lundi 25 novembre 2019

10 conseils pour soigner votre première rencontre avec un cheval


Les premiers moments avec un cheval comptent pour la suite!
Notre humeur, notre état émotionnel, nos intentions… le cheval perçoit et ressent tout. L’impression que l’on donne dans les premiers instants est déterminante pour la suite. Les quelques minutes passées dans le box à saluer son cheval, lui mettre le licol, le sortir pour le panser vont donner le ton de la séance de travail qui va suivre. Si le premier contact s’est bien passé, le cheval va commencer sa séance dans un état relâché. Il sera disponible. S’il ne vous accepte pas au box, il n’est pas prêt à communiquer avec vous et la séance s’annonce plutôt mal.

Le cheval  a besoin de vous sentir
Laissez-le venir à vous

  1. Préparez-vous. Comme un premier rendez-vous, une rencontre avec un cheval se prépare. Portez des vêtements dans lesquels vous vous sentez bien. N’hésitez pas à arriver à l'avance pour établir une vraie relation. Eteignez votre portable ou mettez-le en mode silencieux, c’est la moindre des politesses. Prévenez de votre arrivée par une communication sonore. Appelez-le par son nom ou émettez un petit sifflement.
  2. Prenez votre temps. Le cheval a une vision panoramique. Il voit autour de lui sauf quelques degrés devant et juste derrière.  Approchez en arrivant de face légèrement sur le côté. Surtout, ne lui sautez pas à l’encolure. Laissez-le venir vers vous, vous effleurer et vous renifler.  Il va déterminer à qui il a à faire. Apprenez-lui son nom en l’associant à une caresse ou à une rondelle de carotte.  Une caresse, ce n’est pas une claque !  La claque, le cheval la supporte par habitude ou par résignation. Mais elle ne lui fait pas vraiment plaisir. Posez votre main doucement. Le cheval est tellement fin. Qu’une mouche se pose sur son flanc et immédiatement, il frémit!
  3. Dosez vos caresses. Tant que vous ne vous connaissez pas, contentez-vous de caresser la partie haute de l’encolure et le dos. Le ventre est plus sensible. Pas question de le toucher d’entrée de jeu. De même, ne vous permettez pas de palper son poitrail comme vous le feriez à un chien. Cela représente un niveau de familiarité poussé. A chaque fois que vous avancez un peu plus loin, guettez la réaction du cheval. S’il bouge les oreilles, frissonne, montre le blanc de son œil, votre approche a été trop rapide. Le cheval est mal à l’aise. Revenez en arrière par exemple, sur le haut de l’encolure. Ecoutez le cheval ! Il vous dit si vous pouvez continuer. Surtout, ne le brusquez pas. Etablissez un contact paisible.  
  4. Soyez à l’écoute : Essayez de trouver ce qu’il aime. Chaque cheval a ses goûts et ses préférences. L’un adore se faire caresser tout doucement les paupières. Un autre se pâme lorsqu’on lui caresse la bouche, voire les gencives. La plupart aiment les gratouilles à la racine de la crinière du garrot jusqu’au toupet. Beaucoup apprécient de se faire frotter le chanfrein et, si vous connaissez bien le cheval, un petit massage du couard (la base de la queue). 
  5. Adaptez-vousChaque cheval est différent. On n’aborde pas de la même façon un entier, un cheval stressé, un papy tranquille. Les uns ont besoin d’être cadrés, les autres apaisés, les derniers énergisés…
  6. Etablissez une routine : Face à un cheval stressé ou inquiet, tout ce que vous allez faire doit être prévisible. Ayez les mêmes intonations de voix, une gestuelle claire et simple, faites toujours les mêmes choses dans le même ordre. Cela va lui donner des repères et le réconforter.  
  7. Soyez rigoureux, notamment avec les entiers. Ils sont à la fois faciles à aborder parce que leurs réactions sont claires et difficiles parce qu’ils recherchent le contact physique. Ils ont tendance à aller de plus en plus loin. Ils vous papouillent avec leurs lèvres, puis très vite, ils vous attrapent le pull, les cheveux, voire le bras ! Il faut savoir accepter un peu de contact mais pas trop. Ce qui exige une grande confiance en vous. La dernière chose à faire est de s’énerver et aller à l’escalade. Soyez particulièrement rigoureux sur leur éducation. Soyez amical mais ne laissez rien passer.
  8. Intéressez-le. Si le cheval vous montre sa croupe, il vous dit qu’il n’a pas envie d’une relation avec vous. Ce n’est pas forcément votre personnalité qui le dérange, peut-être a-t-il un vécu négatif avec les êtres humains. Il a mis en place cette réponse sans doute à cause d’une expérience malheureuse au box. A vous de lui proposer une autre réponse. Pour cela, il faut du temps ! Si vous forcez le contact et que vous lui sautez dessus avec votre licol, vous le mettez en état de détresse et il va aborder la séance de travail crispé. Arrivez à l’entrée du box. Montrez lui une carotte. Appelez- le. Le cheval va venir. Ne donnez pas tout de suite la carotte sinon, il peut croire qu’il a eu la carotte parce qu’il a montré sa croupe. Attendez un peu. Caressez. Quand le cheval vient au contact, donnez la carotte. Recommencez autant de fois que nécessaire. La carotte doit être utilisée comme une récompense et non comme un appât. N’hésitez pas à venir rendre des visites « gratuites » à ce cheval, juste pour lui dire bonjour, sans le faire travailler. Certains chevaux de club se montrent agressifs quand on entre dans leur box. En fait, ils bluffent et veulent seulement avoir la paix.
  9. Soyez attentionné : Le pansage peut devenir un pur moment de plaisir. La plupart des chevaux adorent qu’on s’occupe d’eux. Ils aiment se sentir chouchoutés N’agressez pas le cheval par un pansage intrusif. Avec une jument chatouilleuse, prenez une brosse douce. Ne l’attachez pas ou alors de façon lâche pour qu’il puisse réagir. Quand le pansage est agréable, le cheval peut se mettre à vous mordiller délicatement, comme il ferait à un congénère en train de lui gratter le garrot. Surtout, laissez le faire. Si à cet instant là, vous le remettez à sa place vertement en lui donnant une claque, il ne comprendra pas et se méfiera de vous. Ne craignez rien. S’il avait voulu mordre, il vous aurait prévenu en baissant ses oreilles.
  10. Souriez!  
    Sourire à un cheval, c’est lui envoyer un signal facile à interpréter. L’humain est bienveillant, content d’être là, ses intentions sont bonnes. Le sourire permet aussi au cavalier de se détendre. En cas de stress, il suffit de se forcer à sourire 60 secondes pour que notre cerveau reçoive un message positif et provoque une baisse de production des hormones du stress et une augmentation de celles qui favorisent la bonne humeur. Le sourire abaisse la pression artérielle et ralentit le rythme cardiaque. Enfin, il donne à notre interlocuteur (le cheval en l’occurrence) l’image d’une solide confiance en soi. Le cheval y est sensible. Il est attiré par des personnes sûres d’elles. Il se sent plus en sécurité auprès d’elles.
    ATTENTION! Cet article ne peut être reproduit. Il est soumis aux droits d'auteur! Merci



mardi 19 novembre 2019

Salim Ejnaïni, aveugle et cavalier de saut d'obstacles!

Salim Ejnaïni en concours
Il s'est classé hier à Barbaste dans un Grand Prix amateur 1,05m! Pour Salim Ejnaïni, rien n'est impossible! Il faut le voir, seul en piste, sur son cheval Rapsody, uniquement guidé par les voix de ses crieurs. Comment peut-il se retrouver au milieu des "La" lancés aux quatre coins de la piste, tourner, compter ses foulées et demander à son cheval de sauter, puis se réceptionner et repartir en serrant ses courbes pour avoir une chance d'être classé dans un concours comprenant 70 participants valides?

 Salim nous impressionne tous, petits cavaliers du dimanche, champions comme Philippe Rozier ou Michel Robert, stars comme Guillaume Canet qui a préfacé son livre "L'impossible est un bon début" (éditions Fayard).
Conférences, séminaire, dédicaces, Salim Ejnaïni va au devant du public

Un livre qui donne des ailes!
Dans un style simple et direct, Salim Ejnaïni raconte son parcours. Les premiers signes de la maladie à l'âge de six mois, le cancer de la rétine, la cécité complète à seize ans, l'effrayant parcours de soins, la peur de faire peur mais aussi ses efforts pour garder le cap, mener ses études et surtout sa détermination à monter à cheval.

  "Cela n'a pas été évident de trouver un club qui m'accepte. Les enseignants se disaient pas formés, pas équipés. Enfin, je suis tombé sur l'ACBC à Boulogne Billancourt, puis sur la Société Hippique de Blanquefort. Ils y ont cru". Les premiers lui ont appris à monter à cheval, les seconds sous l'impulsion de Sébastien Carralot lui ont ouvert les portes de la compétition. Enfin, Guillaume Canet, séduit par la détermination de Salim,  l'a introduit sur les plus grandes pistes.
Avec son fidèle Rapsody

Le cheval belge, Rapsody, l'accompagne des concours du sud ouest au jumping de Bordeaux en passant par le Longines Masters de Paris. Le couple enchaîne des parcours sans l'appui d'un autre cheval pour leur servir de guide, uniquement à l'oreille. "On a un lien très fort, raconte Salim. Quand je ne trouve pas son box sur un jumping, il m'appelle. Il regarde toujours ce que je fais, me pardonne mes erreurs, réagit à merveille mais quand il est mal luné, il sait me le dire et me mettre en difficulté. C'est ce qui est bien avec les chevaux. Ils parlent!"

Allez sur la page Facebook Monchevalmedit pour voir le parcours de Salim Ejnaïni à Barbaste le 17 novembre dernier
Lisez mon interview dans le prochain Cheval Pratique 

vendredi 1 novembre 2019

Comment négocier avec un cheval explosif!




 Diana a toutes les qualités. Elle est curieuse, charmante, sûre d'elle.  Elle saute très bien, n'a peur de rien. Encore jeune, elle aime jouer. Elle peut partir en coups de cul uniquement pour le plaisir
Aux écuries de la Flouquette, mon coach Mathieu Noirot me soutient avec une patience d'ange. Mais c'est un problème à régler entre elle et moi. Quand il monte sur Diana, elle lui fait son petit cinéma mais elle arrête vite parce qu'il continue comme si de rien n'était et qu'il lui lève la tête pour l'empêcher d'exploser trop fort.
Avant de monter, je me répète la formule magique : "Diana, tu es un bon cheval, j'ai les capacités de te monter et d'enchaîner un parcours avec toi". 

C'est parti! Dès l'échauffement, je sens la jument vibrante mais je poursuis en changeant tout le temps d'exercices : ralentissements, allongements, voltes, demi-voltes, transitions, départs au galop...  Je ne m'occupe pas des autres chevaux ni de ce qui se passe dehors. Rien que Diana et moi, dans notre bulle! Après quelques obstacles d'échauffement. Mathieu Noirot me propose un petit enchaînement bas. "Dès que tu sens qu'elle va partir, lève lui la tête, répète-t-il. Par contre, pas de main à l'obstacle. Laisse la faire. C'est elle qui saute". Après le cinquième obstacle, dans le virage, Diana part en coups de cul. Je lève les mains, je reste à ma place et... je vais sauter mon dernier obstacle au pas. Pas d'émotions négatives. J'ai la réponse adéquate. La jument se calme à une vitesse incroyable. Je retourne sauter un mini parcours. Elle est top! Oui, vraiment Diana a toutes les qualités! Il faut juste jouer avec!





mardi 24 septembre 2019

Le moine, les ânes et les chevaux

Après "l'Equitation sentimentale", Alexandre Siniakov lit "En intelligence avec les chevaux"
Alexandre Siniakov est un jeune prêtre orthodoxe qui recueille des chevaux et des ânes dans son royaume d'Epinay-sous-Sénart en  région parisienne. Il réalise son vieux rêve de cosaque : avoir des chevaux et vivre en harmonie avec eux.
 Je l'ai interviewé pour Cheval Pratique et...  il m'attendait avec mon propre livre à la main pour que je lui dédicace. "Mon sang cosaque et ma bonne volonté ne suffisaient pas à faire de moi un homme de cheval. Je me suis documenté, j'ai lu et j'ai appris". Il ajoutera un peu plus tard, les yeux malicieux: "Quand je ne sais plus quoi faire avec eux, je chante et je prie". 


Petite balade avec la comtoise Quenelle dans les jardins du séminaire



Les chevaux sont lâchés tous les jours autour de la chapelle orthodoxe

Alexandre Siniakov a bouleversé sa vie pour s'occuper de ses sept chevaux et de ses deux ânesses. De 5h30 le matin à 22h30, sa journée est ponctuée par les prières et les soins aux animaux. Il s'occupe de ses deux troupeaux- ses fidèles et ses animaux- avec la même passion, le même dévouement. Où va-t-il s'arrêter? Depuis le reportage, il a accueilli un nouveau pensionnaire, un magnifique alkal-téké de trois ans.

Chacun trouve sa place dans le troupeau!

Pour découvrir ce lumineux personnage, vous pouvez lire le long entretien qu'il m'a accordé dans Cheval Pratique d'octobre (355) et acheter son livre "Détachez-les et amenez-les-moi" paru chez Fayard.
Le père Alexandre Siniakov vient d'ouvrir un site internet consacré à sa cavalerie et à son asinerie : écurie-chrétienne.org