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dimanche 29 novembre 2020

Entendre ce que les chevaux nous disent


Est-il serein, paniqué, énervé? L'oeil du cheval parle.

 Il fouaille de la queue au galop, ou bien grince des dents, tire sur ses rênes, est particulièrement inconfortable au trot, refuse obstinément de prendre le galop à gauche, pile devant les obstacles… Est-il paresseux ? Rétif ? Buté ? 

    Non, il est tout simplement en souffrance. Il ne comprend pas ce que son cavalier lui demande, ou bien il ne peut pas fournir l’effort demandé, il n’est pas préparé, il a mal quelque part… Mettez vous à sa place, comme ce cheval dont la bouche est cisaillée, un coup avec la main gauche, un coup avec la main droite. Il comprend, je baisse la tête mais alors, le deuxième coup ? Je la remonte. Un nouveau coup, je la rebaisse. A la fin, il ne sent plus rien, perd son impulsion et se paie un coup d'éperon, puis un autre.... 

         Cela serait tellement plus facile s’il avait la parole ! Mais au fond, il s’exprime par ses attitudes, ses mimiques, ses allures, ses postures et par les réponses qu’il nous donne. Des petits signes doivent nous alerter immédiatement. Dès que l’on entre dans son box, on remarque si notre cheval a mangé, si son eau est propre, ses crottins bien moulés…

Mathieu Noirot avec Eldorado, six ans, en toute décontraction


Quand on met la selle, si le cheval montre les dents ou baisse les oreilles, la selle est peut-être mal adaptée, trop brusquement sanglée, le cheval a mal au dos, des courbatures… Parfois, ce n’est qu’une mauvaise habitude, une sorte de réflexe. Un test simple permet d’en savoir plus. Offrez-lui du foin ou de la nourriture pendant que vous sanglez. Si le cheval ne réagit plus au sanglage parce qu’il est occupé par le foin, c’est qu’il va bien. Dans tous les cas, sanglez en plusieurs fois. 

         A l’échauffement, certains chevaux ont besoin de plus de temps que d’autres ; Les uns préfèrent galoper rapidement, les autres sont mieux au trot. Essayez et adaptez-vous. Quand il sera bien échauffé, vous commanderez les allures. Dans les dix premières minutes, laissez-lui le temps de réveiller ses muscles. Ne lui demandez rien qu'il ne puisse vous donner. Vous pouvez aussi le longer mais sans trop de contraintes juste à titre d’échauffement.

Une fois monté, le cheval qui travaille bien s’exprime. Son encolure est souple, il répond instantanément aux aides, il se porte vers l’avant. Il est décontracté dans l’impulsion et « rond » (dans ses hanches et son avant-main). Les flexions et gymnastiques latérales permettent de le décontracter. 

Le fait de saliver et de mâcher son mors est un signe encourageant de bon fonctionnement. En revanche, le cheval qui sort la langue avertit qu’il ne s’investit pas dans sa ligne du dessus, souvent par manque d’impulsion. Celui qui grince des dents montre qu’il est crispé. Celui qui s’encapuchonne cherche à échapper à la main du cavalier. Même chose pour celui qui tire. Il est contracté et a besoin d’être assoupli et mis en équilibre par des exercices appropriés demandés dans la décontraction (transitions, travail aux deux pistes).

Les oreilles sont une indication facile à comprendre : couchées en arrière, elles indiquent la colère ou la souffrance. En avant, le cheval est attentif. Une en avant, l'autre en arrière, il cherche à comprendre... Votre demande n'est peut-être pas claire.

         Autre signe qui ne trompe pas : le confort. Si le cheval n’est pas décontracté, il ne peut pas être confortable. La plupart du temps, le problème vient notre position, de nos mains. A chacun de travailler sa posture, se gainer le dos et optimiser sa position. 

         Beaucoup de chevaux sont désensibilisés à l’éperon. Ils ne réagissent plus car ils en reçoivent un petit coup à chaque foulée. A force, ils ne sentent plus rien. On oublie souvent que les éperons sont des outils de précision. 

Stanislas de Malet sur Flouquette, cinq ans, souple et précis.


         Le cheval parle aussi en désobéissant. Ses refus de coopérer comme ses réactions violentes sont le signe d’une mauvaise communication avec son cavalier. Si un cheval se bloque face à un exercice, il est inutile de s’énerver et de s’obstiner pendant des heures. Mieux vaut décomposer le mouvement. Un exercice comme l’épaule en dedans peut être décomposé en quatre ou cinq phases. Dès que le cheval commence à répondre, il est récompensé. 

    Toute défense du cheval doit être interprétée. Quand un cheval nous parle en se défendant, cela peut être un signe de douleur. N’hésitez pas à vérifier son état général avec un vétérinaire et vérifiez si votre selle est bien adaptée.

    Cela parait évident mais il est utile de le rappeler. Le premier travail du cavalier est de s’arranger pour ne pas gêner son cheval.

         Si certains chevaux s’expriment en réagissant violemment, d’autres se ferment.  Il faut également interpréter l’absence de réaction et se remettre en question. Inutile de s’acharner. Mieux vaut trouver des biais, revenir en arrière, changer d' exercice, aller galoper dans la forêt, bref l’encourager. 

    Le cheval de sport est un sportif et doit être traité comme tel. Au cavalier de sentir, mieux de pressentir le moment où il a besoin d’étirements en lui proposant une extension d’encolure ou une pause rênes longues. 

         Être à l’écoute de son cheval exige parfois un véritable travail sur soi-même. L’écuyère professeur Isa Dann le dit bien : « Si le cavalier a trop d’égo, il écoute peu son cheval et se contente de demander et de prendre. S’il n’a pas assez d’égo, il écoute beaucoup son cheval mais manque de confiance en lui. Il doute, ce qui perturbe le cheval ».  La justesse se trouve au milieu. C’est la voie de l’écuyer.  Un véritable chemin de vie !  Quand on s’en approche, le cheval nous le dit. Il est bien, tout simplement. Il se porte en avant, travaille dans la décontraction et donne le meilleur. 

    Pour en savoir plus, lisez -moi!  

"En intelligence avec mon cheval" paru chez Vigot


 "Ce que les chevaux ont à nous dire" aux éditions du Rocher


 

 

dimanche 22 novembre 2020

Sept ans, l'âge de raison pour mon cheval

 


Diana devient une vraie jument modèle! Elle accepte de travailler, elle se concentre, elle ne part plus en sauts de mouton, elle cherche toujours à comprendre et à bien faire... bref, elle est sûre, agréable, complice. Un régal! Voilà un petit enchainement bas mais rapide, pour le plaisir, le mien et, je l'espère de tout mon coeur, le sien aussi. J'essaie de l'accompagner dans les tournants, ne pas casser son galop, être toujours avec, jamais contre. N pas la gêner. Lui donner l'impression de jouer...

lundi 16 novembre 2020

Les premiers sauts d'Henock, poulain de trois ans

Il aura bientôt quatre ans. Voilà ses premiers sauts sous la selle de Quentin Theas et sous l'oeil de son éleveur Bernard Noirot. D'abord surpris, le jeune cheval hésite avant d'enjamber tant bien que mal le petit obstacle. Au deuxième passage, il a corrigé le tir et franchit tranquillement l'obstacle. Au troisième, il montre déjà son talent. Normal, il est le fils d'e l'anglo Upsilon et de Kiss Me par Diam's du Grasset. C'est le demi-frère de ma jument Diana!


vendredi 13 novembre 2020

Mes juments sont curieuses!

Les inséparables me suivent partout



 Elles ne me quittent pas d'une semelle. Que j'aille nettoyer l'abreuvoir ou ramasser les crottins, Papete et Diana sont derrière moi. Elles me suivent partout. Rien ne leur échappe! A tel point que je ne parviens même pas à faire une photo avec elles. Diana se colle contre moi! 

Une photo, non! Un câlin, oui!

Les chevaux sont très curieux de nature. Dès leur plus jeune âge, ils adorent explorer leur environnement. Plus on leur offre de nouvelles choses à découvrir et plus leur curiosité s'aiguise. 

Diana flaire la pelle. Tout l'intéresse! Papete suit. Bien qu'elle soit la plus âgée, sa position hiérarchique (numéro 2) lui impose de passer en deuxième. Elle aura le droit de flairer la pelle et de me faire un câlin, après Diana. De même, pour les ramener à l'écurie, c'est Diana qui doit avoir son licol en première. Pour boire à l'abreuvoir, Diana d'abord! La first lady n'a même pas besoin de s'imposer. Chacune connait l'ordre des choses. 

Mais où est Papete?



lundi 9 novembre 2020

 


Enfin, un atlas des cartes des méridiens du cheval, outil indispensable à tous les praticiens de shiatsu, amateurs ou professionnels. Praticienne et enseignante de cette thérapie manuelle ancestrale et énergétique, Claire de Chevigny nous fait découvrir les chemins des méridiens et le centre de leurs flux. Les méridiens sont des canaux dans lesquels circule l'énergie.

 Cette énergie est plus facile à sentir qu'à décrire. "Il faut absolument entrer en résonance avec l'animal receveur, écrit Claire de Chevigny. Il faut s'ancrer, se centrer et ouvrir son coeur pour percevoir l'énergie au bout de ses doigts, et suivre le trajet". 

Le zen shiatsu se transpose aisément au cheval, cet "être unique, à taux vibratoire élevé, hautement spirituel". 

L'auteure réussit à transcrire l'indescriptible en une vingtaine de planches détaillées. Et l'on peut s'en inspirer pour faire du bien à nos chevaux et, en même temps, s'offrir un voyage merveilleux en suivant le "trajet du vaisseau merveilleux", en ressentant "le souffle bois", en reconnaissant "le cheval feu" ou en titillant "le maître du coeur".

Les initiés comprendront, les autres auront envie d'en savoir plus.

"La voie des méridiens" par Claire de Chevigny, illustré par Emmanuelle Metivier est paru aux éditions "Baroch" au prix de 28 euros.




Lien pour mon article sur Claire de Chevigny, formatrice et créatrice de l'école de Shiatsu Equin (ESE)

vendredi 6 novembre 2020

Laissez les chevaux vous sentir





Avant de lui sauter à l'encolure, laissons-le analyser notre odeur. Il va y trouver un tas d'informations très utiles surtout s'il ne nous connait pas. On peut même lui souffler dans les narines.  Il saura dans quel état d'esprit on est, quelles sont nos intentions... 

L'odorat est un moyen de reconnaissance et de communication important. 

Un cheval peut reconnaître une odeur apportée par le vent. Il est capable de percevoir le stress d’un congénère. S’il a soif, il sait percevoir l’odeur de l’eau à plusieurs kilomètres. Poulain déjà, il a appris à reconnaître sa maman grâce à son odeur. Dès la naissance, la jument encore couchée lèche la tête de son poulain. Elle le reconnaît. C’est le premier contact « naseaux à naseaux ». Maintenant, elle est capable de le distinguer des autres poulains même en pleine obscurité grâce à son odeur.  

Quand deux chevaux se rencontrent pour la première fois, ils se reniflent. Chacun se renseigne sur les dispositions dans lesquels se trouve son compagnon. Lorsqu'ils se connaissent et s'apprécient, ils se reniflent en poussant des petits ronflements de satisfaction. 


lundi 2 novembre 2020

Lisez Racinet et recherchez la légèreté




467 pages pour tenter d'approcher l'art complexe de monter à cheval.  Voilà de quoi nous occuper pendant le confinement! "De la légèreté avant toute chose" est un recueil de textes de Jean-Claude Racinet (1929-2009) présentés et choisis par l'éditeur Jean-Louis Gouraud aux éditions Actes Sud. 

Ancien militaire, enseignant et chroniqueur, Jean-Claude Racinet a voué sa vie à "L'équitation de légèreté" à la française qu'il a défendue aux Etats-Unis jusqu'à sa mort. Bauchériste "deuxième manière", il s'est aussi beaucoup enrichi de ses entretiens avec Dominique Giniaux, fondateur de l'ostéopathie équine. .... Ces textes vont de la technique pure aux grandes idées. 

Témoins d'une époque, ils sont justes, bien observés et souvent truculents. Pour preuves, ces morceaux choisis:

p 30 : "Les grands champions sont des gens qui, d'abord, montent bien à cheval tout court, et ont un sentiment de l'équilibre au moins aussi aigu que celui de la foulée. Décontractés, ils ont des chevaux décontractés, donc équilibrés. Calmes, ils ont des chevaux calmes, donc concentrés". 

p 107 : "La légèreté est aussi et d'abord nécessaire au CSO... La plupart des chevaux de dressage actuels seraient incapables de sauter une barre, non parce que le dressage les a musclés dans un sens antagoniste, mais parce que leur équilibre est insuffisant, ce qui est quand même un comble!"

p 154 : "Les tourments du cheval sont infinis. Ils vont du simple inconfort (filet trop large, mal ajusté; presque toujours trop court, parfois trop long, ce qui est pis; bride qui cogne sur les crochets; cavalier lourdement assis au milieu du dos et qui gigote; éperon qui vient frapper à chaque pas et en cadence, de pauvres flancs que l'on voit se contracter sous la morsure) à la véritable séance de torture quotidienne organisée..."

p 442 : "Une grande notion de dressage, c'est la porte de sortie. Il faut toujours laisser une porte de sortie au cheval... Le cheval cherche et quand il trouve, il est très, très heureux..."




jeudi 22 octobre 2020

Le cadeau parfait : l'Encyclo de l'équitation et du cheval

  

L'Encyclo a de l'humour, un style alerte, une grande connaissance du cheval

Ça y est, elle est enfin sortie ! 

L'encyclopédie de référence pour les passionnés d'équitation est disponible en librairie ou par Internet. Recommandée par la Fédération Française d’Équitation, illustrées de photos et des superbes dessins de Catel, L’encyclo de l’équitation et du cheval dit tout sur le cheval à travers 150 entrées classées de A à Z. 

L’Encyclo répond avec humour et tendresse à toutes les questions que les passionnés - experts comme débutants - peuvent se poser : 

-       Comment aborder un cheval ?

-       Comment répondre convenablement à ses besoins ?

-       Quel cheval ou poney me conviendra? 

-       Quels sont les métiers en lien avec les chevaux ? 

-       Qu’est-ce que l’éthologie ?

-       Quels sont bienfaits de l’équitation ? etc. 

Bref, une véritable mine d’informations écrite par votre bloggeuse préférée. 

 

 

Pour seulement 14,95 € 

L’Encyclo de l’équitation et du cheval 

est le cadeau de Noël idéal 

pour tous les amoureux du cheval

 

 

 





 

vendredi 9 octobre 2020

Cheval Magazine et Cheval Pratique : un mariage réussi!

 


Il est beau, complet, vivant, documenté, passionant... c'est le premier numéro né de la fusion entre Cheval Magazine et Cheval Pratique. Vous y trouverez le meilleur des deux magazines emblématiques sans oublier la rubrique Monchevalmedit. 

Ce mois-ci, je me suis intéressée à la générosité des chevaux. La plupart des chevaux ont un coeur incroyable. Encore faut-il savoir le garder et même l'entretenir. Voilà comment cultiver sa générosité, ne pas la trahir, lui donner le goût de l'effort avec une interview de Nicolas Touzaint.

Au sommaire également : une interview de Pénélope Leprévost, un dossier sur les races de chevaux de territoire, comment savoir si mon cheval est malade, booster sa forme avant l'hiver, incitez-le à vous suivre... 

Bref, tout pour bien démarrer le week-end et vous donner des envies... de monter à cheval!










lundi 5 octobre 2020

Les premiers pas d'un poulain







Ces images ont été prises le 13 juin dernier. Kantalou vient de naître à l'élevage du Grasset. Sa maman Verone le pousse du bout du nez. Il faut qu'il se lève et vienne boire le fameux colostrum, premier lait bourré d'anti-corps. Le fils du belge Ironman ne sait pas comment s'y prendre. Pas facile de trouver l'équilibre sur ses très longues jambes. Va-t-il trouver la solution? Pour le savoir, regardez a vidéo!


 

lundi 14 septembre 2020

Mes juments montent dans le van


Papete et Diana partent en concours. Pas de précipitation, zéro stress. C'est la routine. Papete vient jusqu'au van sans longe. Elle monterait bien la première mais elle attend son tour. Diana la première! Elle attend et, au signal de Pierre, elle monte. 
Nous ne les attachons surtout pas. Elles sont plus à l'aise pour s'équilibrer en cas de secousses. En plus, elles risquent moins de se pendre en cas d'accident. Nous avons également retiré la séparation et l'avons remplacée par un filet de trapéziste. Elles peuvent se toucher, se sentir mais pas s'embêter. Bref, elles supportent tellement bien ces voyages en van que lorsque la distance est courte, elles ne crottent même pas. Elles mangent leur foin et arrivent sur le lieu du concours en pleine forme.


 

samedi 4 juillet 2020

L'apparition d'un cheval sur la route du Cap Ferret


Blanchi par le soleil, il se cabre avec fougue, captivant le regard des automobilistes pressés de gagner la plage. En métal galvanisé, il mesure 2,30 mètres de haut et a nécessité quelques 250 heures de travail. C'est un véritable exercice de style sur le logo de Ferrari. Il est signé du sculpteur Carl Jaunay qui se définit lui-même comme un réanimateur d'objets design. Des vieux outils, du métal rouillé, des luminaires, des meubles... l'artiste donne une seconde vie aux objets et matières abandonnées.

Ce cheval à la crinière aérienne est en vente chez  Didier Becchetti, le dénicheur de la boutique  "On a marché sur la dune"à Claouey sur le Bassin d'Arcachon. Ex acteur, Didier Becchetti garde un souvenir émerveillé de ses leçons d'équitation chez Mario Luraschi pour les besoins du film "Jacquou le Croquant". Pas étonnant qu'il soit tombé sous le charme du cheval blanc. L'acteur s'est recyclé en galeriste et propose  des pièces uniques et poétiques aux visiteurs du Cap Ferret.

Lien pour le site de l'artiste Carl Jaunay

Les chevaux de Carl Jaunay
A 51 ans, Carl Jaunay a suivi une formation de Tôlier Formeur

lundi 22 juin 2020

Chic, la reprise des concours de CSO! A Barbaste avec Xavier Throuilhet

J - 3 avant le retour sur la piste de Barbaste avec Diana et Papete. J'ai déjà fait mes cuirs, ciré mes bottes et bouclé le dernier entrainement en situation sur un parcours à la Flouquette. Une bonne balade, une séance de plat et on y sera.  J'ai hâte. C'est l'occasion de vous faire découvrir ce lieu de concours unique situé dans le Gers près d'Agen. Voilà le reportage paru dans Cheval Pratique sur Xavier Trouilhet, le patron du site.
 
Un reportage paru dans Cheval Pratique de juin
Il est à la tête de Lou Chibaou, site de 30 hectares dédié au cheval à Barbaste dans le Lot et Garonne. Xavier Trouilhet organise des concours et des championnats, trace des pistes, préside la commission de CSO de la fédé... Portrait d’un entrepreneur en mouvement.

Barbaste, 1522 habitants, son Moulin des tours, son pont roman et … ses milliers de culottes banches qui viennent boire un verre au café tabac, manger une pizza, faires les courses ou s’équiper à la sellerie du centre-ville. Dans le sud-ouest, le nom de cette petite bourgade de l’Albret est dans la bouche de tous les cavaliers de concours.  « Tu vas à Barbaste ? On se voit à Barbaste !  Oui, je serai à Barbaste pour les championnats amateurs, les championnats de France, le Grand National… » Ce simple nom de Barbaste évoque la reprise des concours, les grandes allées de boxes en dur, les deux belles pistes de CSO, les balades dans la forêt voisine, l’espace, la convivialité, le restaurant où tous se retrouvent, le feu de cheminée, le bar qui donne sur la piste 1, les soirées cavaliers du samedi soir, les Grand Prix du dimanche et cette ambiance un peu spéciale de « colonie de vacances » que connaissent les cavaliers de concours. Beaucoup restent trois ou quatre jours sur place, vivant dans leurs camions ou montant une tente. Les coachs amènent dix, vingt chevaux et leurs élèves. C’est aussi le rendez-vous des poneys ou des équipes de horse-ball. Dans ce lieu champêtre, on est comme chez soi. Logés dans des boxes spacieux et en dur, les chevaux s’y sentent bien quelle que soit la météo.
Une des deux pistes de Barbaste

Entrepreneur
Situé à mi-chemin entre Bordeaux et Toulouse, près d’Agen, Lou Chibaou (qui veut dire vieux cheval en gascon) se développe. Après la réfection des cuisines l’an dernier, l’année 2020 a vu de nouveaux parkings, des douches chaudes et l’aménagement de retenues d’eau. A venir : l’aménagment autour de la piste 2. Voilà maintenant sept ans que l’endroit est devenu un site de concours. « J’étais venu mettre mes chevaux en pension, raconte Xavier Trouilhet. Le propriétaire a décidé de vendre la structure. Je me suis porté acquéreur avec mon associé Guy Belloossoff. Je suis chargé de l’exploitation du lieu. Guy me fait confiance. Je ne veux pas le décevoir ». Ancien cavalier de concours et chef de piste, c’est tout naturellement que Xavier Trouilhet s’est lancé dans le concours. « J’aime le concours. Je suis carré. J’adore organiser, être sur le terrain, bouger ». Et de sourire. « Tout le monde croit que les organisateurs gagnent beaucoup d’argent. Pas du tout ! On a des frais énormes et de la concurrence. » 
Pour quelques secondes d'adrénaline...

Pour attirer les cavaliers, Xavier Trouilhet mise sur des programmes riches permettant à la fois aux professionnels et aux amateurs de trouver concours à leur mesure. Certains week-end conviennent mieux aux amateurs mais le pro trouvera toujours un Grand Prix le dimanche. D’autres sont ciblés pro mais avec, de petites épreuves sur la piste 2. L’organisateur fait également régner une ambiance décontractée très agréable. Dès le paddock, le cavalier se sent soutenu et compris. « C’est l’endroit où les compétiteurs stressent le plus. Ce n’est pas le moment de leur aboyer dessus ! Les chefs de paddock ont pour mission de faire rigoureusement appliquer les règlements mais dans la bonne humeur. » Ils connaissent tous les cavaliers pro, les appellent par leurs prénoms et tutoient gentiment bon nombre d’amateurs. Même topo pour les présidents de jury. « Je leur fais confiance à 100%, dit Xavier Trouilhet. Je respecte leurs choix et quand il y a un problème, on en parle ». 
Des chevaux bien logés

Réservé de nature, Xavier Trouilhet aime que les choses soient dites. « Je déteste le flou. J’aime naviguer en eaux claires. Je ne suis pas compliqué ! ». Une qualité qui fait résonnance à Lou Chiabou. Chacun sait ce qu’il a à faire. Les problèmes se résolvent les uns après les autres. Les cavaliers se sentent compris par cet ancien cavalier qu’est Xavier. Sa compagne Anissa gère la restauration avec des prestataires indépendants. « C’est nous qui faisons les achats et l’on est très pointilleux sur la qualité. On a un boucher extra et on achète les légumes dans les fermes voisines ». De bons petits plats pas trop chers et vite servis, c’est la recette gagnante de Lou Chiabou pour attirer les cavaliers hors de leurs camions. 
Une sacrée ambiance!

Chef de piste
Élève de Jean Vignes (voir bio), Xavier Trouilhet a très vite tracé des parcours. « Jean était chef de piste et il m’a donné le gout des tracés fluides et allants. J’ai passé tous les échelons. Je suis level 2 international. J’ai les compétences pour tracer des concours internationaux deux étoiles (jusqu’1,50m). Je vais partout et c’est un plaisir de tracer pour des plateaux de grands cavaliers ». Un plaisir et une mission pédagogique « Il faut créer des parcours formateurs pour les chevaux, les jeunes mais aussi les plus vieux. Ils doivent mieux sauter en fin de saison qu’en début ».  
Comme tout chef de piste, Xavier Trouilhet a sa signature. On reconnait ses parcours fluides plutôt en allant en avant avec des tracés, des dessins qui mettent en valeur le dressage du cheval et le talent du cavalier. « Je favorise le mouvement, explique-t-il. Le sport a beaucoup évolué. Les obstacles sont plus légers. On va beaucoup plus vite. La vitesse est devenue la principale difficulté. Pour départager les cavaliers, on privilégie des obstacles clairs (trois barres quand il y en avait six avant), peu de sous-bassement pour rendre les chevaux plus réactifs ». Le niveau des cavaliers a évolué. « Les cavaliers pros sont très affutés. Ils se préoccupent de leur hygiène de vie. 80% de ceux qui s’engagent sur 1,50 m sont capables d’aller au barrage ». Le modèle des chevaux de sport a également changé. « Ils sont de plus en plus flexibles, capables de varier l’amplitude de leurs foulées, de taille moyenne, très respectueux avec beaucoup de sang et de réactivité ».
Les amateurs comme les pros trouvent des concours à leur niveau. Ici avec Diana.

Les parcours s’adaptent à ces nouveaux paramètres. Xavier Trouilhet les conçoit d’abord dans sa tête, puis sur l’ordinateur. « J’imagine des mouvements, puis je construis. Je fais deux ou trois essais avant d’avoir le parcours exact. Ensuite, il faut être très rigoureux dans l’organisation ». Chaque minute compte. Pas question de prendre plus d’une demi-heure pour changer un parcours. Parfois, il faut se contenter de vingt minutes. A la reconnaissance, Xavier reste accessible aux cavaliers. « J’aime échanger, écouter leurs remarques, répondre à leurs questions ».
La Flouquette vient à Barbaste en équipe et en famille

Responsable fédéral
Sur le terrain et à l’écoute, Xavier trouve toute sa place à la FFE comme président de la commission de CSO.  Sa mission : proposer et faire passer des améliorations sur les règlements, les barèmes d’épreuves dans le respect du bien-être du cheval. Toute la difficulté est là : faire concilier les exigences du sport avec celles du bien-être. « En vingt ans, on a énormément progressé dans cette voie, explique-t-il. On ne voit plus de cavaliers s’énerver sur leurs chevaux. Les abus sont beaucoup moins fréquents. Pour autant, on cherche toujours à faire évoluer les règlements dans le bon sens et les contrôles sont de plus en plus fréquents ». Les guêtres aux postérieurs qui entrainent un geste artificiel des chevaux sont désormais interdites aux amateurs. L'interdiction va suivre pour les pros. « L’idée est de bien encadrer le sport et de former les officiels avec des consignes très strictes, poursuit Xavier Trouilhet. Tout débordement doit être sanctionné ».
Détente possible au manège

A cinquante-quatre ans, comment voit-il l’avenir du sport ? « Le monde du concours s’est professionnalisé. Ce n’est plus à la bonne franquette comme autrefois. Les amateurs suivent l’exemple des pros et évoluent sur des chevaux dressés et entrainés. Les gens préfèrent faire moins de concours mais ils veulent le top. Des boxes confortables, un accueil sympa, des pistes d’excellente qualité… Pas question de s’endormir ! » conclut l’homme de terrain en prenant les commandes de son quad. Au programme : vérifier la piste 1, faire bouger un camion, faire sauter sa cavalière au paddock, contrôler la chaufferie…  Bref, aller toujours dans le mouvement.

 
On dort sous la tente, dans le camion ou... ailleurs!
Lou Chibaou en chiffres
30 hectares
40 concours par an
125 journées de compétition
25 000 engagés par an
900 à 1100 engagés par concours
4 salariés polyvalents
300 boxes en dur
2 pistes
2 carrières de détente
2 manèges
Des parkings aménagés pour 120 camions et 40 vans
Notre coach Mathieu Noirot cavale d'une piste à l'autre.

Les grands rendez-vous de Lou Chiabou
Le Grand National 
La coupe de France de horse ball
Les championnats régionaux de poney
Les championnats amateur
Le championnat de France
Xavier Trouilhet à droite de Papete.

Sa bio
Xavier Trouilhet a commencé à monter à cheval au cercle hippique du Barp avec Jean Vignes. « C’était un monsieur rigoureux qui m’a enseigné l’équitation classique avec une grande exigence. Il avait un excellent coup d’œil sur les chevaux. Très vite, il m’a appris à travailler aussi bien sur l’équilibre physique que sur l’équilibre psychique des chevaux. Il était déjà pour une équitation dans le mouvement avec peu d’intervention. Il attachait de l’importance au travail à pied et à la longe. On gymnastiquait les chevaux sur des petits obstacles. Il était précurseur d’une équitation moderne qui se pratique chez les grands cavaliers d’aujourd’hui ».  
Après le bac, il devient cavalier chez son maître pendant deux ans. Puis, il se fait embaucher dans des écuries de concours à Paris et chez un marchand de chevaux à Bergerac. Il passe le monitorat et l’instructorat avant de s’installer au club hippique de Tiregard à Bergerac au château de la famille de Saint-Exupéry. Au début, il enseigne. Puis, il embauche une monitrice et se consacre au concours, au coaching des propriétaires et à la formation professionnelle. « J’ai eu la chance d’avoir eu de très bons chevaux. Je faisais de la 1,40 et j’étais rapide. J’avais la gagne ! » Et de citer ses juments de tête :  Belle des près, Vahinée de Lizet, Daphnée des Augustins et Impression Bleue. « J’ai arrêté de monter en concours quand j’ai repris Lou Chiabou. J’avais trop de choses en tête pour pouvoir me concentrer sur la compétition. Pour concourir, il faut se libérer de tout ! » Sa passion reste intacte et il la vit au travers de son élevage et de jeunes chevaux. « C’est ma façon de rêver. On espère toujours sortir un crack ». Il possède deux poulinières et achète des poulains d’un an pour les valoriser. Il les confie à Anne Sophie Louis, Olivier Robert et à Marie Demonte à qui il loue une vingtaine de boxes dans la structure. 





dimanche 24 mai 2020

Diana, la jument qui se fait la malle


Papete est seule au pré. Mais où est Diana?
C'est la reine de l'évasion! Depuis son plus jeune âge, Diana trouve toujours une occasion de s'échapper. Ni vu ni connu! Jamais, elle ne défonce une barrière ou ne tape dans une porte. Elle s'évade en douceur. Comme d'habitude, sa compagne Papete reste tranquillement dans le pré. Ce n'est pas la première fois que Diana lui fausse compagnie. Le plus amusant, c'est qu'elle se laisse rattraper sans aucun problème. Diana est un amour!











L'herbe est meilleure de l'autre côté du pré

lundi 11 mai 2020

Déconfinement : les retrouvailles avec mes chevaux

Le plaisir sensuel de retrouver son cheval


Papete reprend la connexion 
Diana, Papete, quel plaisir de vous revoir! Vous n'avez pas changé. Vous êtes encore plus belles que dans mon souvenir, la robe brillante, le dos musclé, le regard vif. Bonheur de vous ramener du pré, de vous toucher, de vous renifler.  Passer ma main sur votre dos, gratter votre garrot, retrouver les gestes qui jamais ne m'ont semblé aussi importants. Vous observer manger votre foin me comble. Passer mes doigts dans votre crinière me transporte. Et puis, mettre la selle. Doucement sans vous bousculer. Impossible de monter dans la carrière à cause des pluies diluviennes. Qu'importe, un tour au pas pour aujourd'hui nous suffira. Juste le plaisir de me laisser porter, bercer... Diana bella. Pa-pe-ta bellissima, quelle chance de vous retrouver.
Vous me regardez longuement. Est-ce mon masque qui vous laisse dubitatives?
Vous avez été bien soignées, régulièrement entrainées. Je ne vous ai pas manqué autant que vous m'avez manquée car vous avez gardé vos repères grâce à Mathieu Noirot et à son équipe Quentin Theas, Teun et Chloé.
Diana me porte et m'emporte... 
Les chevaux aiment leur routine. Ceux qui ont pu, comme Papete et Diana, la garder pendant le confinement sont des privilégiés. Ils sont heureux de nous retrouver, puis ils replongent leur tête dans le foin. Comme si de rien n'était.

vendredi 1 mai 2020

L'indispensable congruence avec Valérie Calvet Bataille

Les chevaux sont de formidables guides de développement personnel
Avec un cheval, c’est très qu’important d’être bien aligné entre ce que l’on dit, ce que l’on pense et ce que l’on est. C'est le thème de mon article dans le dernier Cheval Pratique.

Penser ce que l’on dit, dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit, cela parait évident. Il s’agit de bien aligner ce que nous ressentons et les actions que nous menons, les idées que nous avons et les paroles que nous formons. Voilà la base de tout travail de développement personnel. C’est simple ! Ce n’est pas facile pour autant. Surtout avec un cheval ! Car nous sommes complexes. Nous sommes plein de contradictions, de doutes, d’hésitations. Nous avons des failles et des faiblesses.

Dans cet article, je vous raconte mes expériences personnelles. Je vous donne des conseils et j'interview Valérie Calvet Bataille. Equicoach et hypno-thérapeute, elle propose de « développer son savoir-être » grâce au coaching assisté par le cheval. Elle offre des accompagnements en groupe (stage pour les entreprises) ou en individuel à l’Académie Vallier, à Parempuyre près de Bordeaux. 

Un extrait pour vous donner envie de la lire en intégralité:

- Pourquoi c’est important d’être aligné face à un cheval ?

- Il faut une cohérence entre la communication verbale (7 à 10% de notre communication) et la communication non verbale (le ton, les gestes, les mimiques, soit 38 à 40% de la communication). Les 50% restants sont constitués de communication non verbale sensorielle, des ondes énergétiques que l’on émet et que l’on perçoit d’un individu à l’autre. Dans notre société, on fait l’impasse sur cette communication. Si l’on est congruent, aucun problème ! Dans le cas contraire, notre verbal (notre vitrine en quelque sorte) ne correspond pas aux ondes que l’on émet.

- Les chevaux réagissent à cette incohérence !

- En effet ! Ils ont une perception aigue de notre état intérieur. Ils captent instantanément nos émotions car elles se traduisent par une accélération cardiaque, une bouffée de chaleur, un changement de la tension artérielle… Toutes ces réactions physiques, le cheval les perçoit. Par exemple, il perçoit si son cavalier a peur. Si ce dernier accepte sa peur, il est congruent. Il peut même la confier à son cheval qui va se montrer prévenant. Si au contraire, le cavalier serre les dents et sourit, le cheval ressent cette incongruence. Pour lui, il y a danger. Il va s’inquiéter et réagir...

Lire la suite dans Cheval Pratique de Mai. En vente uniquement par Internet pour le moment. Prix : 2,29 euros 





lundi 27 avril 2020

Renaud Subra, l'homme du calme

Les chevaux ne demandent qu'à s'en remettre au calme

Spécialiste du travail à pied et du comportement, Renaud Subra s’occupe de chevaux difficiles et accompagne les couples cheval-cavalier dans leur vie commune. Son but : les amener vers plus de souplesse, de légèreté et de performances sportives. Portrait dans Cheval Pratique de Mai.

« Cela prendra cinq minutes ou une heure mais elle montera dans le van sans stress. Embarquer ne sera plus jamais un problème pour elle ». C’est avec cette promesse que j’ai rencontré Renaud Subra pour la première fois. Diana ne voulait pas embarquer et se défendait violemment. Pourtant, j’en ai embarqué des chevaux et pas que des faciles ! Avec ma jument de cinq ans, j’ai tout essayé : le travail à pied, la nourriture, les longes, la copine de pré… tout sauf le balai, les cris, les coups. Je voulais que les voyages ne soient pas synonymes de stress. Des voyages confortables et relaxants pour ma princesse !
Ne pas brusquer, prendre son temps c'est en gagner ensuite.

Renaud Subra est arrivé aux écuries avec un licol éthologique pour tout matériel. Pas de badine, pas même des rondelles de carottes. La technique employée ? L’approche-retrait. « Je m’approche du van avec elle, je lui laisse sentir le pont puis je la fais reculer. Et je recommence. A un moment, elle va avoir envie de monter par curiosité ». Pendant une heure, Renaud Subra avance, recule, tout en contrant gentiment mais fermement les parades de la jument qui fait tout pour éviter ce foutu van qui lui inspire une réelle répulsion. Une heure, c’est long. Surtout quand il ne se passe rien ! Mais Renaud est patient ! Veut-il de l’aide ? « Non ! Elle va monter ! Ce qui m’intéresse, ce n’est pas qu’elle embarque, c’est qu’elle le fasse sans stress et ne cherche pas à ressortir aussi vite. Une fois que ce sera ancré, elle montera et descendra sans la moindre appréhension ».

Pour lire la suite, achetez Cheval Pratique en vente sur Internet en raison du confinement.
C'est le moment de soutenir la presse et de vous abonner

vendredi 24 avril 2020

Les chevaux, victimes collatérales du Coranovirus

Le confinement, une épreuve pour les chevaux
Enfin, les propriétaires ont le droit d'aller soigner et nourrir leurs chevaux au pré et dans les centres équestres "si la structure qui en assure la garde ne peut subvenir à leurs soins et à leur alimentation"..  Cette soudaine communication du Ministère de l'Agriculture vient soulager de nombreux propriétaires inquiets et démunis.

Pour les autres propriétaires, il faudra encore être patient.

Mais beaucoup de chevaux confinés sont déjà en mal être. Et surtout quel va être leur sort?

Faute d'avoir pu travailler, les centres équestres qui tiraient déjà le diable par la queue, vont fermer. Des enseignants, des palefreniers, de nombreux professionnels vont se retrouver au chômage.

Que vont devenir les chevaux?

 Tous ces chevaux qui ont tant travaillé, ceux qui ont été achetés sur un coup de tête, ces équidés vieillissants, ces poneys qui ont tout donné, ces fidèles compagnons dont le propriétaire a perdu son emploi... Quel va être leur sort?

Ce ne sont pas 10 chevaux, pas 100 chevaux. Ce sont des milliers de chevaux qui vont se retrouver sans avenir. Entre les chevaux vieillissants, 72 000 chaque année (chiffre donné par JP Digard) et les chevaux de club, c'est plus de 100 000 chevaux qui pourraient se retrouver à la rue.

On ne pourra pas les abattre (Ouf!) car, pour la plupart, ils ont été retirés du circuit viande. Il suffit qu'un de leur propriétaire ait coché une case sur leur livret. C'est bien, c'est gratuit, cela donne bonne conscience mais cela n'engage à rien, pas à assurer une retraite décente.

Vous me direz : il n'y a qu'à les mettre au pré.  Oui, c'est une bonne solution. La plupart des chevaux y seraient tellement bien, à condition d'avoir suffisamment de terrain (un hectare par cheval), du foin l'hiver et en période de sécheresse, de l'eau fraiche et un minimum de soins (vermifuge, parage...) Pour mémoire, une tonne de foin vaut 260 euros à Nice, 160 euros en Normandie. Un cheval mange 15 kilos de foin par jour,  ce qui revient à une dépense de 1800 euros par an et par cheval, quand on n'est pas propriétaire de pâtures.

Sinon? Beaucoup de ces chevaux risquent de finir dans des mouroirs, entre quatre fils électriques, dans la boue parfois, attachés quand ils sont entiers, en attendant qu'on leur lance un crouton de pain. Les associations sont depuis longtemps dépassées.

Propriétaires de chevaux, préparez l'avenir. Prévoyez des retraites, des portes de sortie, des solutions. N'abandonnez pas le gentil Ponpon de club qui a baladé vos enfants. Les chevaux sont nos frères, nos amis. Ils nous aident. Ils nous portent. Ils nous comprennent. Ils nous guident. Ne les laissons pas tomber.

Enfin, gouvernants, s'il-vous-plait, ouvrez les clubs dès le 11 mai. Donnez-leur une chance de pouvoir survivre.