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mardi 13 novembre 2018

Inacceptable, l'attirail de Lorenzo de Luca

Une mauvaise image du CSO
Elle a dix ans et ... la bouche cousue! Irénique Horta, la jument de l'italien Lorenzo del Luca ne risque pas de se rebeller. Elle ne peut même pas s'exprimer. Sa muserolle est si serrée que son nez semble pincé. Pour plus de sûreté, des picots viennent appuyer sur la commissure des lèvres!  La jument ne peut que céder. Quelle pitié! Et pourtant, malgré (ou grâce à) toutes ces contraintes, la BWP a terminé septième des Jeux équestres mondiaux de Tyron. Ainsi bridée, elle fait la couverture du magazine "Grand Prix".
Une très mauvaise image pour notre sport qui pose plusieurs questions.
Pourquoi un tel couple a-t-il été admis à concourir à l'heure où chacun se soucie du bien-être du cheval? Quel est le rôle des commissaires au paddock et des juges?  Que fait la FEI? Comment un magazine spécialisé peut-il mettre à la une des pratiques aussi peu respectueuses du cheval?  Lorenzo del Luca ne risque-t-il pas de donner l'exemple aux jeunes cavaliers?
Quand la performance passe outre le bien-être du cheval

C'est dramatique que l'on accepte de telles pratiques, encore plus qu'on les porte aux nues! De tels artifices font penser au dopage et donnent du grain à moudre à tous ceux qui militent pour que les chevaux ne soient plus montés.
Pourtant, certains cavaliers parviennent au même niveau de performance avec un peu plus de respect; cela s'appelle le tact et le travail. Cela s'appelle le sport.

dimanche 11 novembre 2018

Hippophagie : comment éviter que son cheval parte à l'abattoir

Posséder un cheval, c'est veiller sur lui!
C'est fait! Ma Diana, tu ne partiras pas à l'abattoir. Tu ne connaîtras pas cette longue attente dans les hangars d'engraissage. Tu ne seras pas poussée et entassée dans un camion avec d'autres chevaux trop vieux, boiteux ou simplement difficiles à monter. Tu n'attendras pas la pesée, hagarde et apeurée. Tu ne seras pas étourdie, saignée, suspendue.

J'ai déclaré que tu n'étais pas destinée à la boucherie. Mon vétérinaire a inscrit cette déclaration sur le « feuillet médicamenteux » qui accompagne ta carte d’identification. Ce choix est définitif même si un jour, tu changes de propriétaire. La déclaration est enregistrée au SIRE.
L'attestation d'exclusion de la consommation humaine protège les chevaux

En principe, cette attestation te protège. Mais comme tout système, il a ses failles. Les associations de protection animale connaissent toutes des cas de chevaux qui sont passés à l’abattoir malgré l’attestation. Or, une fois entré à l’abattoir, un cheval n’a plus aucune chance. Je me souviens des nombreuses plaintes déposés en 2012 par des propriétaires qui avaient vendu ou confié leur cheval pour une retraite paisible grâce aux annonces du "Bon coin". Les papiers avaient été falsifiés et les chevaux s'étaient retrouvés dans la filière viande. 
Voilà pourquoi Diana, je m'engage à veiller sur toi. Je sais que l'abandon peut s'avérer pire que tout. J'ai trop vu dans ma carrière de journaliste ces images de mouroirs où les chevaux erraient sans soins ni nourriture. On les avait "oubliés" dans une pension, ou bien "confiés" en fin de vie. Je ne veux pas que cela t'arrive. Tu n'as que cinq ans mais, déjà, je pense à ton avenir. 

dimanche 28 octobre 2018

Moi j'aime le C.S.O, même sous la pluie, même dans la nuit!

Le CSO, sport d'extérieur!
Le dimanche, la grasse mat, très peu pour moi! Je préfère me réveiller au beau milieu de la nuit. Entre 4 et 5 h, quand il fait bien noir. Entrer dans l'écurie douillette. Retrouver l'odeur de la paille et du crottin, la chaleur des flancs frémissants de mes compagnes, leur souffle tiède. Entendre les imperceptibles appels des chevaux entre eux, le rythme donné par les abreuvoirs qui s'ouvrent et se ferment, les bruits de mastication, les tranquilles ébrouements. Encore ensommeillée, je leur sers leur petit déjeuner bien avant le mien. Ont-elles repéré mon pantalon blanc? Déjà elles savent qu'elles partent en concours. Papete s'agite comme à son habitude. Elle prend une bouchée de grains, fait le tour de son box, me surveille du coin de l'oeil et replonge le nez dans sa mangeoire. Diana mange vite, comme si elle avait vraiment faim!
Tandis que je cure leurs pieds et lustre leur robe, Pierre a déjà attelé le van. Il a préparé les sacs à foin, chargé le coffre des innombrables affaires indispensables en concours. Pas besoin de se parler. Notre ballet est bien réglé. D'abord Diana qui monte derrière moi sans marquer la moindre hésitation, puis Papete qui grimpe toute seule. Inutile de les attacher. Elles sont mieux la tête libre pour voyager. La vérification des feux arrière faite, nous prenons le chemin du concours. Deux, trois heures de route ne nous font pas peur. Il suffit de rouler lentement, surtout dans les tournants pour ne pas tourmenter les juments.
Papete s'arrache malgré la pluie...

Si l'épreuve est à 8 heures, il nous arrive de reconnaître le parcours de nuit à la lueur du téléphone portable. S'il pleut, un grand imper et des bottes en caoutchouc nous sauvent la mise. Serait-on mieux au fond du lit? Non, bien-sûr!
Pour rien au monde je n'échangerai l'excitation de ces petits matins! La pluie, la boue, le vent... tout m'est égal car bientôt je vais m'élancer sur la piste. Ah si je pouvais sauter la case paddock! Le terrain de détente est toujours moins bon que celui de la piste et l'on se retrouve à dix, parfois plus, à se demander comment il n'y a pas plus d'accident! Papete s'énerve dès qu'un cheval passe trop près d'elle. Longtemps, elle a fait des demi tours fulgurants. Elle est maintenant plus calme. C'est Diana qu'il faut gérer avec toute la fougue de ses cinq ans. Mais dans quelques minutes, on sera seules, toutes les deux. Elle et moi, en piste.
Oui, le CSO, c'est l'aventure. Regardez la vidéo!

Lien pour mon précédent article: 10 raisons d'aimer le CSO


lundi 22 octobre 2018

Jeanne Linguinou : dressage complice pour tous

Ancienne écuyère de l'Académie de Versailles de Bartabas, Jeanne Linguinou enseigne le respect
 Jeanne Linguinou, écuyère enseignante formée à l’Académie Équestre de Versailles dirigée par Bartabas vient d’organiser sa première Masterclass dans son écurie de Gironde. Joyeuse et pétillante, elle rend le dressage ludique et universel.  Une belle rencontre qui m'a donné envie de me remettre à cette discipline!  Voilà ses 10 conseils pour une équitation respectueuse. Retrouvez mon reportage complet dans Cheval Pratique de novembre sous le titre "Le dressage pour tous". 

1. Être à l’écoute du cheval, attentif à son comportement et à ses émotions.
2. Savoir se remettre en question : si le cheval ne se comporte pas comme on le souhaiterait, c'est que notre demande est mal formulée.
3. Passer du temps avec son cheval : juste pour le plaisir d'être avec lui.
4. Savoir décomposer et adapter chaque séance : échauffer, décontracter, stimuler, récompenser, solliciter, féliciter, en fonction du cheval à l'instant T.
5. Varier le travail : monter, longer, se promener, le faire évoluer en liberté, pour éveiller l'esprit et ne jamais trouver l'ennui.
6. Utiliser les aides artificielles pour affiner ponctuellement les aides naturelles et non les remplacer.
7. Rester concentré tant à cheval qu’à pied : la relation se nourrit à cheval mais aussi à pied, les codes doivent être les mêmes pour être cohérent et que le cheval ait toujours les mêmes repères.
8. Porter un casque : la sécurité avant tout. 
9. Faire de l'équitation pour les bonnes raisons : le plaisir et l'amour des chevaux.

Jeanne Linguinou sous l'objectif de Thierry Ségard pour Cheval Pratique
10. Pratiquer une équitation juste : avoir toujours en tête tous les points précédents et les appliquer au quotidien dans notre relation avec les chevaux !

Dans le reportage, Jeanne insiste sur la nécessité d' être souple sur la rêne interne. Elle dirige l'un de ses exercices préféré : marcher droit en dehors de la piste. Elle montre combien il faut savoir attendre, bien prévenir le cheval, valider chaque exercice avant de passer au suivant, soigner les transitions... Bref, elle donne des principes, des conseils, des astuces qui peuvent être utilisés par tous les cavaliers quelle que soit leur discipline et leur niveau. 

Lien pour son site 

mardi 16 octobre 2018

Mon premier concours de CSO avec Diana, 5 ans

Premier concours avec Diana du Grasset à Lège, le 5 octobre 2018

Avec moi, c’est la première fois. Diana du Grasset est encore une novice. Elle n’a peut-être même pas fini de grandir ! Pourtant, elle a déjà enchaîné quatre ou cinq parcours avec un professionnel, un pilote qui n’hésite pas, prend les bonnes décisions, n’a pas d’affect particulier pour elle, enchaîne parcours sur parcours. Mais moi, je l’adore ! Rien qu’à la regarder, je craque. J’aime tout en elle. Son œil malicieux, sa force, son équilibre, son sang, sa belle robe alezane et cette façon qu’elle a de mettre sa tête sur mon épaule. J’aime son caractère affirmé (très affirmé), sa gentillesse, son attention. En trois mois, un lien particulièrement fort s’est créé. Nous sommes en phase toutes les deux. Je la comprends et je ne veux surtout pas lui faire peur, lui faire mal, lui laisser un mauvais souvenir. 
Je doute parfois, je tremble souvent mais je prends un plaisir intense  à voler au-dessus des obstacles.  Je m’éclate à condition d’être à 100 % en harmonie avec mon cheval. Plus besoin de jambes ni de mains, je m’amuse et mon cheval aussi. Sinon, à quoi bon ? Je n’ai plus aucun plaisir.
Bref, l’emmener pour la première fois en concours à l’extérieur, à Lège plus précisément, là où la piste est belle mais, de l’avis de tous, regardante pour les jeunes chevaux. C’est un moment très important. Je suis à la fois fébrile, anxieuse et impatiente. Peur de laisser une mauvaise impression, ne pas être à la hauteur, de « louper » notre rendez-vous. Envie de fusionner, désir de faire. Comme en amour !
Préparation minutieuse. Diana entre dans le van sans stress, elle est bien entraînée. L’épreuve choisie est la plus simple : préparatoire 1 mètre. Tout s’annonce pour le mieux sauf… qu’au dernier entraînement, elle refuse obstinément de passer le bidet et je tombe. Foutue bâche bleue qui lui  fait peur  et entame ma confiance! Pourvu qu’elle n’anéantisse pas la sienne ! Elle finit par la passer une fois, deux fois, trois fois. Elle se relâche. Ouf !  En attendant, j’ai mal au coccyx. Je ne peux plus m’asseoir ! C’est grave docteur pour monter à cheval ?
 Nous arrivons sur les lieux du concours la veille par un soleil radieux. Diana et Papete, sa compagne ont très bien voyagé. Mais Diana n’apprécie guère le box démontable dans lequel elle est logée. Ma princesse a l’habitude d’avoir ses aises, de l’espace et une vue transversale sur les écuries et sur les prés. Là, une grille l’empêche de passer la tête au dehors. C’est agaçant ! Heureusement, elle peut renifler sa copine entre les parois.  La paille et le foin parviennent à l’occuper un moment. Une longue promenade à pied s’impose avant le repas du soir. Je lui montre les installations, la carrière, la cabane du jury… On se balade parmi les camions qui se garent, les chiens qui gambadent, les tentes qui se montent.  Curieuse, Diana regarde tout et ne craint rien. Une vraie jument de concours !
La journée est longue le vendredi car notre épreuve n’est qu’à 18h. Diana s’agite dans son box. Balade- foin- balade. Enfin, c’est l’heure de la reconnaissance. Le parcours est parfait pour nous. Facile et galopant. Mon coach Mathieu Noirot me rassure. « Tu ne penses qu’à garder la même cadence et aller droit, bien au milieu de chaque obstacle. Le bidet ? Te prends pas le chou. Elle ne va pas le regarder ! Mais n’oublie pas. C’est toi qui décides de l’appel. Il vaut mieux prendre une mauvaise décision que l’abandonner ».
OK, ok, je ne me prends pas le chou. Facile à dire !  Pierre, mon mari,  me fait une petite séance de préparation mentale avant de partir. Je suis sereine.
Pas Diana qui trépigne sur place comme une furie. J’entre dans le paddock de détente qui me semble vraiment minuscule. Et bourré de chevaux dans tous les sens ! Diana danse et je n’arrive pas à l’immobiliser quelques secondes pour me présenter au chef de paddock. Tant-pis, je me présenterai dans un tour ou deux. Là, je sens le dos qui se tend, une onde de choc parcourt Diana. Elle n’a qu’une envie : lâcher les gaz  et partir en pétarades. Elle me chahute et je commence à blêmir. Je me demande ce que je fais là. Je l’avoue, j’ai envie de descendre. J’hésite à décrocher mon airbag. Passer l’éponge et aller tranquillement boire un chocolat à la buvette. Mais si j’abandonne, là, maintenant, après les premières espiègleries, c’est foutu. Elle saura qu’elle peut se jouer de moi. Comme un enfant qui n’en fait qu’à sa tête ! Sa tête, justement. Il faut que je lui mette la tête en bas pour faire baisser la pression mais sans lui donner trop de contact.
Bon, je suis toujours dessus. Je fais un cercle. Galope Diana. Galope, tu en as besoin. J’attrape un peu de crinière pour ne surtout pas toucher à sa bouche hypersensible, je me mets en suspension et je galope. Bien, elle n’a pas peur des autres. Bien, elle commence à se cadencer. Bien, elle se connecte. Ouf, je peux aller sauter.
Mathieu Noirot me demande de galoper dans ma courbe et d’attendre, de la faire répéter jusqu’à la dernière foulée. Cela nous met en confiance.  Allez, un dernier vertical avant d’entrer en piste. Diana saute divinement bien.

Nous sommes prêtes. Je répète une dernière fois mon parcours dans ma tête et… c’est parti ! Diana touche le premier obstacle. Je la tiens trop ! « Laisse la s’exprimer. Rallonge tes rênes ! » me chuchote une petite voix intérieure. Je lui donne 5 ou 10 centimètres de rênes en plus, je galope. Le parcours se déroule comme dans un rêve ! Tous les abords sont bons, les sauts harmonieux, les tournants équilibrés. Je suis toujours bien à ma place, en équilibre sur mes pieds, j’exulte !  Diana ne regarde même pas le bidet. Merci ma belle, chapeau ma princesse.

dimanche 14 octobre 2018

Ethologie : Laissez le cheval vous sentir


L'odorat a un rôle très important chez le cheval
Le cheval sent et analyse qui est en face de lui. Avant même de le toucher, laissons-le prendre notre carte d’identité olfactive. 
Comme tous les herbivores, le cheval est néophobe. Il n’aime pas ce qui est nouveau et qui l’inquiète. Face à un élément nouveau, il s’en tient à sa stratégie de base : se mettre à distance, analyser les odeurs, observer et, éventuellement, attendre d’autres informations. S’il ne sent pas de danger, il diminue la distance et s’approche. 
Il faut donc laisser au cheval le temps d’évaluer le danger potentiel sans le bloquer ni courir derrière lui. Au box, il n’a pas la possibilité de prendre de distance. L’intrusion d’un élément nouveau peut devenir un stress. Il a encore plus besoin de ce temps pour sentir et observer cet humain ? Lui est-il familier ou non ? A-t-il une intention bienveillante à son égard ?  Particulièrement développé, son odorat le renseigne. Pourquoi l’en priver ? Prenez  donc contact en lui donnant votre dos de main à respirer puis en vous rapprochant en soufflant légèrement vers ses narines.
L'odorat, un moyen de reconnaissance et de communication

Pour en savoir plus, lisez mon dernier article "Un flair extralucide" dans Cheval Pratique n°343-