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dimanche 4 décembre 2022

Première édition pour la Degust' des Nouvelles

Des mots doux, des mots qui tuent, des mots qui font mouche, des amours de mots... Ils ont été célébrés, dits, chantés par Victoria Diez et moi même, devant un public chaleureux, pour nos premières lectures musicales à la bougie au Centre Equestre d'Andernos-les-Bains. Le cheval et les animaux étaient à l'honneur. Je posterai bientôt les nouvelles concernant les chevaux.

lundi 24 octobre 2022

Bartabas nous emmène en Irlande au théâtre équestre Zingaro

 

Cabaret de l'exil au Théâtre Equestre Zingaro. Photo Hugo Marty

Pour rien au monde, on ne raterait le rituel. On arrive un peu en avance pour manger un morceau, attendre que le cardinal sonne la cloche pour avancer vers la scène, retrouver les garçons de salle "historiques", les dindons, le forgeron (en kilt cette fois), l'éclairage aux bougies, l'orgue, la boisson revigorante et ... se préparer avec impatience pour le cérémonial que nous réserve Bartabas.

 Pour le deuxième volet de son triptyque "Cabaret de l'exil", il nous emmène en Irlande, sur les traces des "Irish Travellers". Encore appelés "Tinkers" parce qu'ils rétamaient les casseroles (en anglais étain se dit "tin"), ce sont des nomades mais autochtones. Ils circulent sur des roulottes tirées par des irish Com, Gypsy Com et Tinkeb, Gypsy Vanner. Sur les routes, ils baladent leur monde de contes, de chansons, de croyances, de prières. Autrefois, ils étaient très attendus dans les villages. Aujourd'hui, ils sont victimes d'une forte discrimination. Bartabas leur rend un hommage à la fois joyeux et nostalgique au travers des chansons de Thomas Mc Carthy. 

De tableau en tableau... Photo Hugo Marty

Fougueux, le spectacle nous transporte de surprises en surprises. On retrouve la patte du maître d'Aubervilliers, la voltige, les masques, le feu, la mule et l'âne, les attelages pittoresques... Rien n'est neuf. Tout renait! C'est ce qui fait la force, la puissance et le charme de ce spectacle réalisé dans le respect des chevaux. Pas d'exhibition, ni de démonstration. Juste de la joie, de la beauté, de l'humour. 

On ressort heureux, content d'échanger avec les autres spectateurs autour du grand feu. Comme les travellers aimaient le faire. 

Partir en voyage à Aubervilliers et se retrouver en ... Irlande!

jeudi 1 septembre 2022

Le festival des Arts Equestres Libres à Bioussac

 

La magie d'un cheval libre

Ambiance légère, poétique et libre au festival proposé par Galienne Tonka et son Théâtre du Cheval Bavard, les 27 et 28 août dernier à Bioussac, en Charente. Au programme : des tables rondes avec, entre autres, Patrice Franchet d'Esperey, ancien écuyer du Cadre Noir, Arlette Agassis, fondatrice de l'équipédagogie, Jean-Claude Poëncet, consultant en agroécologie et biothérapies animales... 

Bavardages à Bioussac

On y a discuté de nos peurs et des peurs des chevaux. D'après Jean-Claude Poëncet, la peur n'existe pas chez les peuples primitifs qui ne craignent ni la grande forêt ni la nuit car ils connaissent les esprits qui y habitent. 
Pour Galienne Tonka, la confiance doit être réciproque

Quant aux peurs des chevaux, elle se traite par la confiance. La confiance se mérite pour le bipède que nous sommes et nous devons y travailler à chaque instant. 

Être dans l'instant, c'est la clé

C'est la raison pour laquelle Galienne Tonka ne gronde jamais ses chevaux. Elle ne leur dit jamais "Non"! "S'ils se trompent, je les félicite et je reformule ma demande. Ainsi, le cheval a envie de faire et de bien faire. De toute façon, il ne sait pas distinguer ce qui est bien et mal. Il cherche son confort et sa sécurité". Galienne crée une bulle de bien-être et de gentillesse autour du cheval. Elle exprime une profonde empathie envers lui.  Quand il se détend, c'est gagné! "Toutes les pathologies viennent de la contrainte" poursuit Jean-Claude Poëncet. Bref, il faut accepter que le cheval nous dise Non. 

Une montagne de pacifisme!


Démonstration dans le manège où Galienne fait travailler ses élèves en essayant des choses, en riant, en osant, en remerciant les chevaux... 

La porte est signée de l'artiste Liska Llorca


Puis, atelier de danse orientale pour travailler l'indépendance des aides, sophrologie pour la détente et leçon de piano pour oser. 

Exercice de danse avec les ailes d'Isis pour délier les mains


Le spectacle du soir reste dans le ton, léger et poétique avec notamment le duo entre Catherine Schneider, pianiste, compositrice et Âanis, croisé allemand-lusitanien qui montre sa gratitude. Oui, Âanis ose déborder de tendresse. Il s'exprime. Un vrai bavard ... 

Le cheval et la pianiste, un duo bien accordé

Au théâtre du Cheval Bavard, on se parle!  

dimanche 21 août 2022

Mon cheval s'énerve. Comment faire baisser la pression?

  Le cheval monte très vite en pression. Mais il redescend tout aussi rapidement  si son cavalier sait s’y prendre. Le mieux, c’est de désamorcer la montée le plus tôt possible. 

La tension monte, monte. Il fait le gros dos, tend l’encolure ou, au contraire, s’enroule pour échapper à la main et… soudain, au moindre prétexte, votre cheval explose. Il se cabre, part en coups de cul, fait du rodéo, improvise un demi-tour de la mort ou tout simplement s’échappe au triple au galop. Les raisons sont multiples. Parfois, il panique. Ou bien, il a trop de tension et l’irrésistible besoin de s’exprimer. Il ne se dépense pas assez. Ou encore il fuit un grand danger (vous ?) Qu’il soit sur l’œil ou trop chaud, la situation est tendue et votre sécurité franchement pas assurée. Vous n’avez plus de prise. Il ne vous entend plus. A peine si vous existez encore à ses yeux !

 

Mollir dans les mains, laisser passer le mouvement et sourire pour faire baisser la pression

Pour éviter d’en arriver là, mieux vaut anticiper. Renaud Subra est comportementaliste et s’occupe de chevaux difficiles dans la région bordelaise (Alter Horse). Il a récemment été appelé pour un cheval qui panique. « Pas un cheval méchant, un cheval qui monte en pression quand il se sent coincé, enfermé et qui, dans ce cas, est capable de tout casser, explique-t-il. Il pourrait même se tuer ! » Le voir travailler ce cheval au bord de la crise de nerfs est une leçon de zénitude ! Sa patience semble inaltérable. Sans cesse, il le rassure, le guide, l’encadre. « Il faut prendre conscience de l’anxiété du cheval. Il est comme un élastique. Au fur et à mesure du travail ou des difficultés rencontrées, il se tend, se tend. Il faut agir avant que ça pète ! »

 Plus vite on agit et plus rapidement, le cheval redescend en pression. Il faut donc être aussi alerte qu’un cheval ! Et Renaud Subra de donner les signes qui doivent faire réagir : le dos se tend ou se lève ; l’encolure se raidit ; les poils du poitrail se hérissent ; les mouvements deviennent raides ; le cheval développe plus de force physique pour le même résultat ; il se laisse moins diriger ; son visage se fige, sa bouche durcit, ses yeux deviennent fixes, ses naseaux respirent mais sans mouvement. 

 Une fois que l’on s’est assuré que le cheval n’a pas de problème physique, la solution consiste à lui mettre la tête en bas. « Que cela soit à pied ou monté, à la moindre tension, tête en bas ! Cela le décontracte naturellement et lui permet de retrouver un rythme respiratoire plus lent. De même, respirez lentement, profondément. Cela marche avec tous les chevaux ! » assure Renaud Subra. Respirer nous invite à détendre nos épaules. Notre poids du corps se trouve mieux réparti vers le bas.  Sans forcément en avoir conscience, le cavalier a trop souvent tendance à se raccrocher aux rênes au moindre problème. C’est le contraire qu’il faut faire. « Il faut tout de suite relâcher la bouche et travailler avec ses jambes et son assiette. Apprenez-lui à étendre son dos et baisser la tête. Cela procure au cheval un lâcher prise, une détente très agréable. Très vite, il la recherchera ». Vous pouvez, par exemple, employer le mot « cool » associé à des mains qui montent et qui suivent la bouche (pas des mains qui lâchent tout et abandonnent). « Il faut considérer le cheval comme un animal qui trouve sa dynamique dans le troupeau, explique Renaud Subra. Si lorsqu’il se tend par manque de confiance, vous lui apprenez à se détendre, vous devenez un bon partenaire pour lui. Il va rechercher votre compagnie et se sentir en sécurité à vos côtés ».  

 La tête en bas, c’est la clé ! Auteur d’une méthode d’éducation du cheval sans stress et grâce aux TTouch (effleurements, caresses…), Linda Tellington-Jones insiste sur une des leçons les plus importantes que le cheval doit apprendre : baisser la tête. « C’est une des conditions préalables à la suite du travail, explique-t-elle. En effet, s’il tient la tête levée, notre cheval n’est pas en mesure de réfléchir, ni de se déplacer de manière contrôlée, mais seulement de suivre son instinct qui lui dicte la fuite ». Pour l’américaine, quand le cheval baisse la tête, c’est comme s’il éteignait l’interrupteur instinct de fuite. Il peut alors se calmer, reprendre son souffle et attendre vos instructions. Linda Tellington-Jones propose différentes manières de faire baisser la tête à un cheval. Vous pouvez, par exemple, donner des signaux (légère pression) au niveau de la crinière avec la main droite et au niveau du licol avec la main gauche. 

 En selle, en cas de peur ou d’excitation, surtout ne tendez pas les rênes. Au contraire, détendez-les. Juge international de dressage, Bernard Maurel raconte qu’autrefois, pour faire baisser la pression, les écuyers de Saumur avaient pour consigne de marcher, le temps de fumer une cigarette. L’époque a changé mais le retour au calme par le pas rênes longues est toujours d’actualité ! « La performance est dans la décontraction, poursuit Renaud Subra. Il ne faut jamais rien demander à un cheval tendu. Il faut d’abord qu’il se détende. Cela nous apprend la patience mais le gain est énorme !  Le cheval n’est jamais mis en difficulté. Vous devenez un partenaire idéal. Or, les chevaux sont toujours en recherche de partenaires ».

L'expiration comme décontractant du cheval et du cavalier

 Olivier Pulls, écuyer du Cadre Noir, travaille sur le souffle. « Dès que mon cheval se met en alerte, je souffle. On n’imagine pas l’impact du souffle. Je lui ai appris à faire les transitions descendantes au souffle. Dès que je souffle, il sait que cela veut dire – tranquille, on se pose ! » A l’obstacle, avec un cheval qui monte en pression, Olivier Pulls souffle, comme le fait le grand Ludger Beerbaum. « Mais attention ! Je souffle de façon homéopathique car les chevaux perçoivent tout, précise Olivier Pulls. Une expiration trop forte pourrait les faire s’arrêter ! »

    Prôné par Sally Swift, créatrice de « l’équitation centrée », le regard doux réduit les tensions du cheval comme celle du cavalier. C’est ce que Michel Robert appelle « le regard panoramique ». Il consiste à relâcher son regard et à englober un champ de vision aussi large que possible aussi bien horizontalement que verticalement. « C’est presque une philosophie, explique Sally Swift. C’est une technique pour aiguiser notre perception, pour devenir beaucoup plus conscient de ce qui se passe autour de nous, en dessous de nous, à l’intérieur de nous-mêmes. Le regard doux permet de sentir et d’entendre tout autant que de voir ».  Le résultat ? « Un champ d’action plus vaste ; une perception plus aiguë de votre corps et de celui de votre cheval ; moins de tensions ; un mouvement en avant plus aisé et plus libre ». 

     

En position accroupie, l'humain n'inspire aucune crainte, plutôt de la curiosité

Un travail préalable à la longe ou en liberté dans un rond de longe ou un petit enclos permet de mettre un cheval chaud dans de meilleures conditions de travail. « Ce travail à la longe est à la fois une assurance de sécurité pour le cavalier et de conservation pour le cheval, qui aura ainsi, surtout s’il est jeune, le moral et le physique préservés d’une mise au travail trop brutale, explique l’éthologue Jean-Claude Barrey. Il arrive trop souvent que l’animal jetant un peu brusquement son feu d’écurie, le cavalier se crispe et cherche à garder le contrôle de sa monture en accumulant les oppositions de mains. Il débute ainsi le travail par un manque de cohérence qui désorganise les enchainements appris, crée du désordre et, remplaçant l’impulsion par de l’excitation, ouvre la porte aux défenses, puis à la rétivité ». 

 

Avec un cheval chaud, préparez bien vos demandes. Occupez-le. S’il se soucie d’un bruit ou d’un objet bizarre, ne vous en préoccupez pas. Passez au large comme si de rien n’était, en regardant où vous allez. Petit à petit, rapprochez-vous en regardant loin et en l’occupant (pli à droite, pli à gauche, entrée dans les coins, transitions…) S’il s’énerve, gardez votre calme. Mettez-vous en suspension et restez le plus neutre possible. Dès qu’il s’excite au galop, passez au pas. Faites un maximum de sorties à l’extérieur, en main ou en selle. Tenez compte de l’incroyable capacité du cheval à passer d’un état émotionnel à un autre. Il suffit de l’observer dans les pâtures. Il est calme et paisible, et, soudain, il dresse l’encolure, repère un mouvement suspect et prend la fuite. Il peut aussi juger qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter et retrouver son calme instantanément. Comme quand il est avec vous !

 

 

A lire

« L’équitation centrée » de Sally Swift. Editions Belin

 « La méthode Tellington » par Linda Tellington-Jones et Andrea Nobel. Editions Vigot

« Ethologie et écologies équines » de Jean-Claude Barrey et Christine Lazier. Editions Vigot.

« Le cheval juste » de Bernard Maurel. Editions Belin. 

« En intelligence avec son cheval ». Antoinette Delylle. Editions Vigot. 


Questions à Martine Berguay, créatrice de l’Actors Cheval, réseau des nouveaux rôles du cheval, formatrice et éleveuse de chevaux de loisir dans le Limousin

·      Comment réagir face à un cheval qui trottine tout le temps, se met en nage, ne s’arrête pas, se pointe… ?

·      Il faut se demander pourquoi le cheval est sous pression. Souvent, c’est parce que l’on a fait une erreur. On a été trop vite, trop loin. On a demandé trop longtemps. On n’a pas assez préparé l’exercice. On n’est pas cohérent dans ses demandes. On a été injuste. Ou bien, notre état émotionnel n’est pas stable et perturbe le cheval. Le cavalier doit sans cesse se remettre en question. C’est d’abord notre attitude qui met la pression. Le cavalier est souvent trop gourmand. Le cheval donne, donne et il demande encore ! 

·      On pourra analyser après mais sur le coup, que faire ?

·      Il faut essayer de rester calme et faire comme si on ne voyait pas cette pression. Si on est en selle, on peut le mettre dans un exercice qu’il connaît bien ou dire un mot familier. Il ne faut surtout pas utiliser la force. Il ne faut pas qu’il se batte contre nous mais qu’il s’en remette à quelqu’un de calme et de bienveillant. 

·      Parfois, la pression monte quand on rentre plus loin dans le travail…

·      Lorsque l’on éduque un cheval pour le spectacle par exemple, on est bloqué parce que la pression ne redescend pas. On ne peut plus progresser. Ce n’est plus de l’excitation au travail, c’est du stress. On a trouvé la limite. Il faut alors revenir en arrière. Si le cheval a vraiment trop de pression, il faut le laisser tranquille, arrêter l’exercice, ne plus rien lui demander. 

·      Que faire quand notre cheval s’énerve à cause d’un élément extérieur, des copains qui galopent dans les prés autour par exemple ?

·      Il suffit d’attendre que l’orage passe. C’est une excitation normale surtout si le cheval est jeune. Il ne faut surtout pas se fâcher. 

 

 

10 actions pour un retour au calme

1.     Souriez. Votre cheval sera moins stressé s’il vous sent de bonne humeur. Éclatez de rire. C’est le meilleur moyen de vous relâcher et de montrer à votre cheval qu’il n’a rien à craindre. Vous pouvez aussi chanter !

2.     Caressez son garrot. En selle, c’est un bon moyen de calmer ou de récompenser.

3.     Soufflez ! Cela vous décontracter en même temps que votre cheval. Cherchez à ralentir votre respiration.

4.     Accroupissez-vous si vous travaillez en liberté ou à la longe, Rentrez la tête dans vos épaules ou détournez le regard. 

5.     Faites-lui baisser la tête.

6.     Mettez-le dans une routine, par exemple toujours le même échauffement 

7.     Desserrez la muserolle. Serrée, elle empêche la décontraction de la mâchoire. Évitez les enrênements qui créent des tensions et ne permettent qu’un résultat artificiel.

8.     Enlevez vos éperons qui ne favorisent certainement pas la décontraction. 

9.     Emmenez votre cheval découvrir le monde à pied ou en selle. 

10.  Écoutez vos sensations. Essayez de comprendre ce que ressent le cheval. Guettez le moment où il a besoin d’étirer son dos et son encolure. 

 

lundi 15 août 2022

Au secours, mon cheval a peur!

 

Un plastique qui vole, une rafale de vent, un chien qui surgit, un camion qui pétarade… les raisons davoir peur pour un cheval sont nombreuses. Mais il peut apprendre à les surmonter et même à les oublier.

 

En cas de problème, sourire rassure autant le cheval que sa cavalière!

Ma jument Diana n’a peur de rien. Cest une guerrière habituéà sauter des obstacles, se balader en forêt, voir du monde, découvrir de nouveaux lieux de concours.  En toutes circonstances, elle est zen sauf… quand elle rencontre un âne ! Un petit âne gris qui broute tranquillement dans son pré et sapproche de la clôture au pas, sans aucune agressivité. Juste de la curiosité. Tétanisée, Diana ne veut plus avancer.  Elle respire fort, se met à ronfler.  Il faut deux ou trois passages pour quelle shabitue à ce « monstre aux grandes oreilles ».

Une méfiance naturelle

Le cheval se montre souvent peureux. C’est normal ! Pendant des siècles, la peur a assuré sa survie. Cest parce quil était capable de senfuir rapidement quil a pu échapper aux attaques des hyènes, des loups, des chacals, des hommes… Sa rapidité de réaction pouvait lui sauver la vie !  Il vit donc en permanence aux aguets. Grâce à sa prudence, il ne sest pas embourbé, a pu sabriter pendant un orage, a détecté l’odeur dun carnivore… Selon son caractère et la façon dont il a été élevé, le cheval domestiqué conserve son instinct de fuite et reste réactif aux bruits, aux odeurs et aux objets inhabituels. 

Vision panoramique

Le cheval ne voit pas tout-à-fait la même chose que nous. Ses yeux sont placés sur le côté, pas devant. Il dispose dun champ visuel panoramique de 360° pour repérer le danger. En contrepartie, ses capacitéà faire le point sont limitées. Il voit large mais pas dans le détail ! Il détecte mieux les mouvements que la précision dun objet. Pour examiner lobjet en détail, il  tourne lencolure et oriente sa tête selon un angle favorable. Sil est coincé par des enrênements trop serrés ou s’il est encapuchonné, il ne peut pas voir devant lui. Son mal-être peut être immense. 

Auteur de « Quand le cheval a peur », Véronique de Saint Vaulry résume bien la situation : « Un cheval qui a peur revient à l’état de nature et éprouve le besoin puissant de dérouler ses programmes naturels dexamen : regarder en face, prendre son temps, flairer. Le lui permettre, cest gagner du temps, et éviter les défenses ». 

Anticipons !

Plus on intervient tôt et plus on est efficace.  Le cheval envoie des signaux : sa face se fige, son encolure monte très haut et se durcit, sa respiration devient soufflante, voire ronflante, ses battements de cœur saccélèrent, ses naseaux se dilatent. Mollissez. Si vous vous contractez vous allez ajouter du stress. Caressez, rassurez. Laissez lui la liberté d’encolure. Acceptez l’immobilité prolongée. En cas de tentative de recul ou de demi tour, reprenez contact avec vos rênes mais sans tirer, puis mettez des jambes pour fermer lissue vers larrière. Dès quil est dans laxe, rendez les rênes. Dès quil arrête de reculer, cédez dans les jambes. Une fois quil sapaise à l’arrêt, vous pouvez demander un pas en avant. Caressezfélicitez. Récompensez chaque mouvement. Soyez patient.

 

Apprenez-lui à gérer ses peurs

Plus il sera confronté à des situations, moins il se stressera. 

À pied, désensibilisez-le en lui faisant voir, sentir, toucher toutes sortes dobjets (cravache, foulard, sac en plastique) Avec un regard doux et un grand sourire, caressez-le doucement avec cet objet. Agitez- le dans le même rythme que le mouvement d'une queue de cheval qui chasse les mouches. Une fois habitué, il n'aura plus peur de ce sacré sac qui le terrorise en balade. Lobjet inquiétant sera devenu un objet rassurant !

 De même, emmenez-le partout. Montrez-lui des voitures, prenez le thé devant son box, tapez sur un ballon… bref rendez-lui toutes sortes de situations familières. Si votre cheval est stressé par la venue du maréchal, un changement de lieu, lexamen du vétérinaire… donnez-lui une ration de carottes ou de foin. Rien de tel pour lui faire passer son stress pendant les soins. Mais il faut aussi l’éduquer. Apprenez-lui à rester immobile, donner ses pieds, se faire toucher partout… Veiller à bien le désensibiliser : agitez lentement et calmement un objet non familier devant lui (stick, tondeuse), dès qu’il cesse de bouger, arrêtez.  Petit à petit vous allez lui apprendre à bien réagir, par le calme. Au besoin, utilisez le renforcement positif : Récompensez quand il fait bien (caresse, carotte) et allez plus loin (contact, mouvements plus amples).

L’astuce Monchevalmedit

Quand votre cheval a peur, chantez ou éclatez de rire. Déjà, il va en déduire quil na pas de raison davoir peur. Ensuite, vous allez vous décontracter et donc, lapaiser. 

 Soyez stoïque

Il a peur de… votre peur ! Le cheval a besoin dun cadre sécurisant. Ce cadre est établi par son cavalier ! Vos doutes, vos peurs ne doivent pas transparaître. Sinon, le cheval perd ses repères et panique lui aussi. Rien nest plus contagieux que la peur ! De plus, un cavalier effrayé va avoir des actions crispées ou maladroites. Ce qui va alimenter la peur du cheval. Bref, cest le cercle vicieux ! 

Si, à un passage délicat, vous avez peur, plutôt que de paniquer mettez pied à terre. Précédez votre cheval et montrez-lui le chemin. Il va passer et vous deviendrez pour lui, une personne en qui il peut avoir confiance. Pour cela, choisissez le bon moment. « Si lon y prend garde, le cheval pourrait simaginer que ses refus ont le pouvoir de faire descendre le cavalier, explique Véronique de Saint Vaulry. Au point de lui faire prendre lhabitude de se bloquer résolument, jusqu’à avoir déclenché l’heureux évènement ! Pour éviter cela, il suffit de mettre pied à terre au moment exact où le cheval vient d’obéir à une demande, si petite soit-elle ».  Mais oui, même si les chevaux se montrent plus ou moins peureux, ils sont aussi  intelligents et ils apprennent vite ! 

 

Renaud Subra : devenir le référent de son cheval

Questions à Renaud Subra, comportementaliste, spécialiste des chevaux difficiles (Alter Horse Coaching)

-      Comment expliquer qu’un cheval ait une peur panique d’un âne ?

-      La peur est l’émotion la plus coutumière du cheval. Elle est inscrite dans ses gênes. Le cheval est néophobe. Il fait une carte d’identité, comme un tableau de son environnement proche et éloigné.  Si quelque chose de nouveau entre dans ce tableau, il peut en avoir peur. Pour l’âne, en l’occurrence, votre jument ne l’associait à rien de connu. Cette odeur, cet aspect, ces grandes oreilles… cela ne lui rappellait rien. D’où une peur qui peut tourner à la panique !

-      Comment l’éviter ?

-      Il faut réagir le plus tôt possible, dès les premiers signaux (« gel » ou agitation). Les chevaux ressentent énormément de choses à côté desquelles nous passons ! Si le cheval constate que son « référent » n’entend rien et ne voit rien, et surtout qu’il ne voit pas son cheval monter en stress, il ne peut pas lui faire confiance. Montrez que vous comprenez sa réaction et qu’il est en sécurité avec vous. Passez un peu plus loin, rassurez à la voix, surtout ne vous durcissez pas. L’essentiel est de maintenir la direction.

-      On voit souvent des cavaliers chercher à convaincre leur monture de passer avec un grand coup de talon ou de cravache…

-      Surtout pas ! Cela ne fait que renforcer la peur. Or, le cheval ne peut rien assimiler quand il a peur. Le pire, c’est de basculer dans la crise. Cela, il s’en souviendra ! Sa mémoire traumatique est forte.

-      Le calme c’est la clé ?

-      Exactement. Le cavalier est le référent : il n’a pas peur et il ne s’énerve pas. En revanche, il prend son temps. Passer devant l’âne se transforme en expérience positive. Si vous voulez que votre cheval vous fasse confiance, soyez zen. Le cheval a une excellente mémoire ; Il se souvient si vous l’avez aidé ou non dans un moment difficile. Quand une peur est bien gérée, elle est gérée définitivement.

-      Comment rendre les chevaux plus téméraires ?

-      En multipliant les expériences. Montrez leur des tracteurs, des camions, des poubelles…  Plus un cheval a d’expériences sociales, plus il sait gérer ses peurs. Un cheval qui vit au pré et n’en sort jamais aura peur de tout. Je suis souvent appelé pour des « chevaux de jardin » qu’on ne peut pas séparer ni faire sortir. Ils n’ont pas assez d’expériences sociales et sont facilement sujets au stress. Il faut les séparer petit à petit par un fil, puis en coupant leur paddock en deux, puis en les éloignant un peu plus. Petit à petit, on y parvient. Mais cela peut prendre des semaines ! Aussi, la désensibilisation permet d’habituer les chevaux à toute sortes de choses comme les sacs en plastique ou les parapluies. Cela ne veut pas dire  qu’il n’aura plus jamais peur d’un sac en plastique qui s’envole en pleine nature mais vous aurez plus de chance que cela se passe bien. 

-      Un autre élément qui stresse souvent les chevaux, c’est le vent. Comment leur faire gérer cette peur du vent ?

-      Le vent les désoriente car il amène des odeurs et des bruits qu’ils ne connaissent pas tout en enlevant les bruits et les odeurs familières. Beaucoup de chevaux se montrent nerveux en cas de rafales. Ce n’est pas le meilleur moment pour travailler ! Il faut alors les occuper, rendre le travail intéressant pour qu’ils se concentrent dessus. 

-      Vous utilisez la technique approche-retrait ?

-      Elle rend les chevaux curieux. Vous avancez vers l’objet qui leur fait peur et vous reculez. Vous faites cela plusieurs fois. Vous le laissez regarder, renifler. Au bout d’un moment, le cheval n’a qu’une idée : s’approcher de cet objet qu’à chaque fois vous lui retirez ! 

-       


mercredi 10 août 2022

La peur, thème du festival des arts équestres libres les 27 et 28 août

Deux jours pour comprendre leurs peurs et apprivoiser les nôtres

 Grand bonheur de retrouver Galienne Tonka et son festival au Théâtre du Cheval Bavard à Ioussac en Charente. Cette année, elle a choisi de nous faire bavarder, gamberger et assister à des démonstrations sur le thème de la peur. Et Galienne de rapprocher la peur que l'on a vécue pendant la pandémie de celle que connaissent nos chevaux. "Forte de ces deux années fort bizarres en tout m’est venue une interrogation : que ferons-nous de tout ceci ? Que restera-t-il de ces méfiances envers les autres ? (ça été le pire pour moi). Qui pourrait nous expliquer mieux ce que nous avons développés tous ces mois, quelque chose qui tient au ventre et qui ne nous lâche pas.Une forme d’instinct viscéral et inné de survie, nous sommes devenus…. des proies.Certes d’un virus, mais des proies. Et ça m’a rapprochée de mes chevaux, c’est donc ÇA qu’ils vivent H24 ? Qui fait du Pompon le plus cool, une tornade devant …. un sac en plastique?

J’ai trouvé là quelque chose qui me rapproche d’eux, une analogie qui me paraissait vraiment intéressante de vous proposer, en tout cas, si je m’en sert parfois pour enseigner une meilleure compréhension des chevaux, jamais je n’avais sentie un peuple entier le vivre, me sentir reliée à tout ça, comme un troupeau en fait. 
Ça change la donne, et sans doute ça nous aidera à mieux les comprendre encore.
Puisque de manière générale nous sommes peut-être un Cheval comme un autre.

Le thème de cette année aurait pût passer pour terrible
Il est simplement un moyen de se sentir comme eux."


Le poney Bavard vous attend bien calé sur ses sabots! 
Poussez la porte de cette écurie peinte par Liska Llorca et consacrée au bien-être du cheval 

Où? à Bioussac (16), dans un lieu très poétique.
 Quand? Les 27 et 28 août. 
Comment réserver? sur le site ci dessous ou sur place.
 Combien ça coûte? 79 euros la journée, 129 euros les deux jours.
 Avec qui? Des gens de chevaux comme Patrice Franchey d'Esperey (ancien écuyer du Cadre Noir de Saumur), Bernard Maurel (juge international de dressage), Hélène Arianoff (entraîneure), Jacques Charandack (équitation centrée)..., Arlette Agassis (Akita), Jean Claude Poëncet (vétérinaire consultant en biothérapies animales)... mais aussi des artistes comme Liska Llorca (plasticienne), Catherine Schneider (pianiste) ou Jean Guizerix (chorégraphe et ancien danseur étoile à l'opéra de Paris.  Impossible de citer tout le monde. Venez nous découvrir. 

N'hésitez pas à partager et à visiter le site https://www.artsequestreslibres.com

Liens vers mes articles précédents sur Galienne Tonka et le Théâtre du cheval bavard

« Forte de ces deux années fort bizarres en tout m’est venue une interrogation:

Que ferons-nous de tout ceci ?

Que restera-t-il de ces méfiances envers les autres? (ça aura été le pire pour moi)

Qui pourrait nous expliquer mieux ce que nous avons développé tous ces mois,

Quelque chose qui tient au ventre et qui malgré tout ne nous lâche pas.

Une forme d’instinct viscéral et inné de survie, nous sommes devenus…. Des proies.

Certes d’un virus, mais des proies.

Et ça m’a rapprochée de mes chevaux, c’est donc ÇA qu’ils vivent H24 ?

Qui fait du Pompon le plus cool, une tornade devant… Un sac en plastique…

Ce sentiment vital, qui permet TOUT, qui reste là, tapi et prêt à… nous sauver aussi souvent, qui donne des rires merveilleux (après ) et qui souvent tisse des liens entre les vivants qui l’ont vécu.

Mais qui peut être aussi très dur à vivre.

J’ai trouvé là quelque chose qui me rapproche d’eux, une analogie qui me paraissait vraiment intéressante de vous proposer, en tout cas, si je m’en sert parfois pour enseigner une meilleure compréhension des chevaux, jamais je n’avais senti un peuple entier le vivre, me sentir reliée à tout ça, comme un troupeau en fait.

Ça change la donne, et sans doute ça nous aidera à mieux les comprendre encore.

Puisque de manière générale nous sommes peut-être un Cheval comme un autre

Voilà.

Le thème de cette année aurait pu passer pour terrible

Il est simplement un moyen de se sentir “comme eux” »

— Galienne, écuyère colibri

jeudi 19 mai 2022

Jean-Louis Gouraud fou de cheval

100 chroniques sur le cheval en lien avec l'actualité



 Avec "Fou de cheval, mignon petit livre à emporter partout (éditions Arthaud Poche), Jean-Louis Gouraud nous donne 100 bonnes (et mauvaises raisons) d'aimer notre animal préféré. Militant de la valorisation du cheval dans tous les domaines, il persiste et signe :  "Il n'est pas absolument nécessaire d'être fou pour aimer les chevaux. Autrement dit, être fou des chevaux n'est pas forcément un signe de folie. J'oserai même dire l'inverse : c'est plutôt, par les temps qui courent, un signe de sagesse".

Le ton est donné. Jean-Louis Gouraud va nous démontrer par tous les chemins de traverse qu'il affectionne  combien la fréquentation des chevaux nous aident à ne pas perdre la boule. A garder quelques repères. Par sa vitalité, son énergie, sa spontanéité, sa générosité, le cheval nous épaule plus que jamais en ces temps troublés. 

Son florilège de chroniques publiées dans Cheval Magazine nous fait entrer dans le monde du cheval, mais aussi et surtout dans le monde tout court. Un formidable coup de sabot sur notre société contemporaine par un écrivain à la double casquette, encyclopédiste du cheval et de l'équitation et jounaliste d'actualité.

mardi 10 mai 2022

L'incroyable faculté d'adaptation des chevaux

Papete arrive dans sa nouvelle pension
Trois jours! Il ne leur a pas fallu plus de trois jours pour que mes juments Papete et Diana prennent leurs marques dans leurs nouvelles écuries, chez Julien Minetti, à Andernos à dix minutes de la maison. J'étais inquiète car obligée de les séparer pour des raisons de place. A dix neuf ans, Papete a intégré la pension-pré, un immense espace où ils sont 14 à vivre en liberté avec deux distributeurs de foin et deux repas par jour servis dans des espaces séparés. Au début, elle s'est tenue à l'écart des autres. Maintenant, elle a une copine. Elle connait également Noé, un cheval qu'elle a suivi d'Arès à la Brède et de la Brède à Andernos. Au total, je n'ai perçu qu'une seule trace de morsure sur la croupe, déjà disparue. Quand j'arrive, elle vient tout de suite. Quand je la relâche, elle part sans se retourner ni appeler.

Diana, huit ans, garde son rythme habituel, au pré toute la journée et au box le soir. Cette fois, elle est seule dans son paddock mais très proche de ses voisins. Les deux juments se retrouvent pour aller en balade et découvrir les kilomètres de pistes en sable qui entourent les écuries. 

Ce qui me frappe, c'est la facilité avec laquelle elles se sont habituées. Dès le troisième jour, elles ne s'appelaient plus. Si elles montrent de la gaieté à se revoir, elles acceptent facilement d'être raccompagnées chacune de leur côté. Merci Papete, bravo Diana pour votre faculté d'adaptation. La zénitude des lieux vous a certainement aidées!
Le premier jour, Diana la cherche...

 
Les juments sont heureuses de se retrouver pour partir en balade

Dès le deuxième jour, Papete a eu accès au foin sans se faire chasser par les autres

Son abri

Beaucoup d'espace



Diana reste toute la journée au paddock



Elle s'amuse avec ses voisins de paddock





Papete découvre son territoire



Premier repas. Demain, elle aura son mini paddock comme les autres.


Au box, Diana fait du  charme à Julie

Et voilà Noé qu'elle connait déjà...