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lundi 22 juin 2020

Chic, la reprise des concours de CSO! A Barbaste avec Xavier Throuilhet

J - 3 avant le retour sur la piste de Barbaste avec Diana et Papete. J'ai déjà fait mes cuirs, ciré mes bottes et bouclé le dernier entrainement en situation sur un parcours à la Flouquette. Une bonne balade, une séance de plat et on y sera.  J'ai hâte. C'est l'occasion de vous faire découvrir ce lieu de concours unique situé dans le Gers près d'Agen. Voilà le reportage paru dans Cheval Pratique sur Xavier Trouilhet, le patron du site.
 
Un reportage paru dans Cheval Pratique de juin
Il est à la tête de Lou Chibaou, site de 30 hectares dédié au cheval à Barbaste dans le Lot et Garonne. Xavier Trouilhet organise des concours et des championnats, trace des pistes, préside la commission de CSO de la fédé... Portrait d’un entrepreneur en mouvement.

Barbaste, 1522 habitants, son Moulin des tours, son pont roman et … ses milliers de culottes banches qui viennent boire un verre au café tabac, manger une pizza, faires les courses ou s’équiper à la sellerie du centre-ville. Dans le sud-ouest, le nom de cette petite bourgade de l’Albret est dans la bouche de tous les cavaliers de concours.  « Tu vas à Barbaste ? On se voit à Barbaste !  Oui, je serai à Barbaste pour les championnats amateurs, les championnats de France, le Grand National… » Ce simple nom de Barbaste évoque la reprise des concours, les grandes allées de boxes en dur, les deux belles pistes de CSO, les balades dans la forêt voisine, l’espace, la convivialité, le restaurant où tous se retrouvent, le feu de cheminée, le bar qui donne sur la piste 1, les soirées cavaliers du samedi soir, les Grand Prix du dimanche et cette ambiance un peu spéciale de « colonie de vacances » que connaissent les cavaliers de concours. Beaucoup restent trois ou quatre jours sur place, vivant dans leurs camions ou montant une tente. Les coachs amènent dix, vingt chevaux et leurs élèves. C’est aussi le rendez-vous des poneys ou des équipes de horse-ball. Dans ce lieu champêtre, on est comme chez soi. Logés dans des boxes spacieux et en dur, les chevaux s’y sentent bien quelle que soit la météo.
Une des deux pistes de Barbaste

Entrepreneur
Situé à mi-chemin entre Bordeaux et Toulouse, près d’Agen, Lou Chibaou (qui veut dire vieux cheval en gascon) se développe. Après la réfection des cuisines l’an dernier, l’année 2020 a vu de nouveaux parkings, des douches chaudes et l’aménagement de retenues d’eau. A venir : l’aménagment autour de la piste 2. Voilà maintenant sept ans que l’endroit est devenu un site de concours. « J’étais venu mettre mes chevaux en pension, raconte Xavier Trouilhet. Le propriétaire a décidé de vendre la structure. Je me suis porté acquéreur avec mon associé Guy Belloossoff. Je suis chargé de l’exploitation du lieu. Guy me fait confiance. Je ne veux pas le décevoir ». Ancien cavalier de concours et chef de piste, c’est tout naturellement que Xavier Trouilhet s’est lancé dans le concours. « J’aime le concours. Je suis carré. J’adore organiser, être sur le terrain, bouger ». Et de sourire. « Tout le monde croit que les organisateurs gagnent beaucoup d’argent. Pas du tout ! On a des frais énormes et de la concurrence. » 
Pour quelques secondes d'adrénaline...

Pour attirer les cavaliers, Xavier Trouilhet mise sur des programmes riches permettant à la fois aux professionnels et aux amateurs de trouver concours à leur mesure. Certains week-end conviennent mieux aux amateurs mais le pro trouvera toujours un Grand Prix le dimanche. D’autres sont ciblés pro mais avec, de petites épreuves sur la piste 2. L’organisateur fait également régner une ambiance décontractée très agréable. Dès le paddock, le cavalier se sent soutenu et compris. « C’est l’endroit où les compétiteurs stressent le plus. Ce n’est pas le moment de leur aboyer dessus ! Les chefs de paddock ont pour mission de faire rigoureusement appliquer les règlements mais dans la bonne humeur. » Ils connaissent tous les cavaliers pro, les appellent par leurs prénoms et tutoient gentiment bon nombre d’amateurs. Même topo pour les présidents de jury. « Je leur fais confiance à 100%, dit Xavier Trouilhet. Je respecte leurs choix et quand il y a un problème, on en parle ». 
Des chevaux bien logés

Réservé de nature, Xavier Trouilhet aime que les choses soient dites. « Je déteste le flou. J’aime naviguer en eaux claires. Je ne suis pas compliqué ! ». Une qualité qui fait résonnance à Lou Chiabou. Chacun sait ce qu’il a à faire. Les problèmes se résolvent les uns après les autres. Les cavaliers se sentent compris par cet ancien cavalier qu’est Xavier. Sa compagne Anissa gère la restauration avec des prestataires indépendants. « C’est nous qui faisons les achats et l’on est très pointilleux sur la qualité. On a un boucher extra et on achète les légumes dans les fermes voisines ». De bons petits plats pas trop chers et vite servis, c’est la recette gagnante de Lou Chiabou pour attirer les cavaliers hors de leurs camions. 
Une sacrée ambiance!

Chef de piste
Élève de Jean Vignes (voir bio), Xavier Trouilhet a très vite tracé des parcours. « Jean était chef de piste et il m’a donné le gout des tracés fluides et allants. J’ai passé tous les échelons. Je suis level 2 international. J’ai les compétences pour tracer des concours internationaux deux étoiles (jusqu’1,50m). Je vais partout et c’est un plaisir de tracer pour des plateaux de grands cavaliers ». Un plaisir et une mission pédagogique « Il faut créer des parcours formateurs pour les chevaux, les jeunes mais aussi les plus vieux. Ils doivent mieux sauter en fin de saison qu’en début ».  
Comme tout chef de piste, Xavier Trouilhet a sa signature. On reconnait ses parcours fluides plutôt en allant en avant avec des tracés, des dessins qui mettent en valeur le dressage du cheval et le talent du cavalier. « Je favorise le mouvement, explique-t-il. Le sport a beaucoup évolué. Les obstacles sont plus légers. On va beaucoup plus vite. La vitesse est devenue la principale difficulté. Pour départager les cavaliers, on privilégie des obstacles clairs (trois barres quand il y en avait six avant), peu de sous-bassement pour rendre les chevaux plus réactifs ». Le niveau des cavaliers a évolué. « Les cavaliers pros sont très affutés. Ils se préoccupent de leur hygiène de vie. 80% de ceux qui s’engagent sur 1,50 m sont capables d’aller au barrage ». Le modèle des chevaux de sport a également changé. « Ils sont de plus en plus flexibles, capables de varier l’amplitude de leurs foulées, de taille moyenne, très respectueux avec beaucoup de sang et de réactivité ».
Les amateurs comme les pros trouvent des concours à leur niveau. Ici avec Diana.

Les parcours s’adaptent à ces nouveaux paramètres. Xavier Trouilhet les conçoit d’abord dans sa tête, puis sur l’ordinateur. « J’imagine des mouvements, puis je construis. Je fais deux ou trois essais avant d’avoir le parcours exact. Ensuite, il faut être très rigoureux dans l’organisation ». Chaque minute compte. Pas question de prendre plus d’une demi-heure pour changer un parcours. Parfois, il faut se contenter de vingt minutes. A la reconnaissance, Xavier reste accessible aux cavaliers. « J’aime échanger, écouter leurs remarques, répondre à leurs questions ».
La Flouquette vient à Barbaste en équipe et en famille

Responsable fédéral
Sur le terrain et à l’écoute, Xavier trouve toute sa place à la FFE comme président de la commission de CSO.  Sa mission : proposer et faire passer des améliorations sur les règlements, les barèmes d’épreuves dans le respect du bien-être du cheval. Toute la difficulté est là : faire concilier les exigences du sport avec celles du bien-être. « En vingt ans, on a énormément progressé dans cette voie, explique-t-il. On ne voit plus de cavaliers s’énerver sur leurs chevaux. Les abus sont beaucoup moins fréquents. Pour autant, on cherche toujours à faire évoluer les règlements dans le bon sens et les contrôles sont de plus en plus fréquents ». Les guêtres aux postérieurs qui entrainent un geste artificiel des chevaux sont désormais interdites aux amateurs. L'interdiction va suivre pour les pros. « L’idée est de bien encadrer le sport et de former les officiels avec des consignes très strictes, poursuit Xavier Trouilhet. Tout débordement doit être sanctionné ».
Détente possible au manège

A cinquante-quatre ans, comment voit-il l’avenir du sport ? « Le monde du concours s’est professionnalisé. Ce n’est plus à la bonne franquette comme autrefois. Les amateurs suivent l’exemple des pros et évoluent sur des chevaux dressés et entrainés. Les gens préfèrent faire moins de concours mais ils veulent le top. Des boxes confortables, un accueil sympa, des pistes d’excellente qualité… Pas question de s’endormir ! » conclut l’homme de terrain en prenant les commandes de son quad. Au programme : vérifier la piste 1, faire bouger un camion, faire sauter sa cavalière au paddock, contrôler la chaufferie…  Bref, aller toujours dans le mouvement.

 
On dort sous la tente, dans le camion ou... ailleurs!
Lou Chibaou en chiffres
30 hectares
40 concours par an
125 journées de compétition
25 000 engagés par an
900 à 1100 engagés par concours
4 salariés polyvalents
300 boxes en dur
2 pistes
2 carrières de détente
2 manèges
Des parkings aménagés pour 120 camions et 40 vans
Notre coach Mathieu Noirot cavale d'une piste à l'autre.

Les grands rendez-vous de Lou Chiabou
Le Grand National 
La coupe de France de horse ball
Les championnats régionaux de poney
Les championnats amateur
Le championnat de France
Xavier Trouilhet à droite de Papete.

Sa bio
Xavier Trouilhet a commencé à monter à cheval au cercle hippique du Barp avec Jean Vignes. « C’était un monsieur rigoureux qui m’a enseigné l’équitation classique avec une grande exigence. Il avait un excellent coup d’œil sur les chevaux. Très vite, il m’a appris à travailler aussi bien sur l’équilibre physique que sur l’équilibre psychique des chevaux. Il était déjà pour une équitation dans le mouvement avec peu d’intervention. Il attachait de l’importance au travail à pied et à la longe. On gymnastiquait les chevaux sur des petits obstacles. Il était précurseur d’une équitation moderne qui se pratique chez les grands cavaliers d’aujourd’hui ».  
Après le bac, il devient cavalier chez son maître pendant deux ans. Puis, il se fait embaucher dans des écuries de concours à Paris et chez un marchand de chevaux à Bergerac. Il passe le monitorat et l’instructorat avant de s’installer au club hippique de Tiregard à Bergerac au château de la famille de Saint-Exupéry. Au début, il enseigne. Puis, il embauche une monitrice et se consacre au concours, au coaching des propriétaires et à la formation professionnelle. « J’ai eu la chance d’avoir eu de très bons chevaux. Je faisais de la 1,40 et j’étais rapide. J’avais la gagne ! » Et de citer ses juments de tête :  Belle des près, Vahinée de Lizet, Daphnée des Augustins et Impression Bleue. « J’ai arrêté de monter en concours quand j’ai repris Lou Chiabou. J’avais trop de choses en tête pour pouvoir me concentrer sur la compétition. Pour concourir, il faut se libérer de tout ! » Sa passion reste intacte et il la vit au travers de son élevage et de jeunes chevaux. « C’est ma façon de rêver. On espère toujours sortir un crack ». Il possède deux poulinières et achète des poulains d’un an pour les valoriser. Il les confie à Anne Sophie Louis, Olivier Robert et à Marie Demonte à qui il loue une vingtaine de boxes dans la structure. 





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