Translate

mardi 9 juillet 2019

Guillaume Henry veut faire vivre l'équitation française de légèreté

Guillaume Henry, ambassadeur de l'équitation française
Il est à la tête de la nouvelle Mission française pour la culture équestre. Auteur, éditeur et grand défenseur de l’équitation française de tradition, Guillaume Henry entend promouvoir notre belle équitation en France comme à l’étranger. Interview


Qui est à l’origine de cette Mission ?
Depuis novembre 2011, l’équitation française est inscrite par l’Unesco en tant que patrimoine culturel immatériel. Elle représente la France au même titre que le Repas Gastronomique des français !  Il est indispensable que ses différents acteurs s’unissent pour la soutenir. C’est pour cela que la Fédération Française d’Équitation (FFE) et l’Institut Français du Cheval et de l’Équitation (IFCE) se sont rapprochés et ont créé la Mission française pour la culture équestre.

Que va faire la Mission concrètement ?
Elle va suivre le dossier auprès de l’Unesco pour conserver l’inscription et promouvoir notre culture tant en France qu’à l’étranger. Nous avons un art de vivre, une philosophie, une culture, un patrimoine spécifiques qu’il est important de connaitre et de valoriser.
Une équitation dont se réclame le Cadre Noir de Saumur


Quelle est cette spécificité française ?
Quand on parle d’équitation française, on se réfère à un mouvement qui débute à la Renaissance, lorsque l’on cherche à développer la mobilité du cheval sur les champs de bataille. Les italiens initient les premiers principes, que Salomon de La Broue et Antoine de Pluvinel puis des milliers d’écuyers après eux (jusqu’à nos jours) mettront au goût français. D’une manière générale, les français vont chercher à retrouver le naturel du cheval sous la selle. Leur équitation se base énormément sur le feeling, les français ont besoin de ressentir les choses. Ils laissent une part à la poésie, l’instinct, au brillant.

Que reste-t-il de notre culture équestre ?
Une éthique particulièrement moderne qui prône le respect et une relation harmonieuse avec le cheval. L’épaule en dedans par exemple est une construction française. La Guérinière y voyait un moyen d’assouplir le cheval, de donner de la hauteur à son avant-main et de lui faire engager les postérieurs sans le forcer. C’est aussi un français, le général L’Hotte qui a défini l’impulsion comme le désir de se porter en avant. Cette notion de « désir » est typiquement française, de même que le ramener qui est une décontraction de la mâchoire. 
L'équitation française incarnée par Sophie Bienaimé au Musée Vivant du Cheval de Chantilly

Quelles vont être vos premières actions ?
Les chantiers ne manquent pas : rédiger une plaquette pour faire connaître nos principes fondateurs aux cavaliers ; monter un réseau des enseignants de l‘équitation française à l’étranger ; faire connaître les hauts lieux de l’art équestre français ; promouvoir le savoir-faire français (sellier, meneurs…) Et puis, expliquer cette recherche de légèreté typiquement française, à la fois chemin et but et véritable éthique de la relation homme/cheval. A l’heure où l’utilisation du cheval est de plus en plus remise en question, cette légèreté « à la française » pourrait bien sauver l’équitation et les chevaux dans la foulée !
-- 

Aucun commentaire :

Publier un commentaire