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jeudi 25 avril 2019

Faire naître un poulain, est-ce vraiment sérieux ?

Avoir un poulain, c'est s'engager à veiller sur lui
C'est trop mignon un poulain! Trop chou! On en rêve tous! On se dit que oui, un jour notre jument, on pourra toujours lui faire faire un poulain. Ce sera une bonne retraite! On aura un souvenir. Cela l'occupera. Et puis, une poulinière au pré, cela ne revient pas cher. On pourra toujours le revendre ou, au moins, lui trouver une bonne "maison". Et puis, ce sera peut-être un crack. Le cheval de nos rêves...
Oui mais... attention! Réfléchissez bien.
 Faire pouliner une jument cela coûte cher et l'on n'est pas sûr du résultat. Si elle va à la retraite, c'est qu'elle a peut-être besoin de repos. Or, un poulain ce n'est pas reposant! Si elle est arrêtée pour blessure, supporter un poids supplémentaire (15% de plus pendant la gestation) ne va pas hâter la guérison.
 Côté budget, outre le coût lié au poulinage (échographie, surveillance, alimentation...), s'ajoutera l'entretien de deux chevaux au lieu d'un.
Faire pouliner pour la première fois une jument d'âge peut présenter un danger pour elle.
Un cheval peut vivre 30 ans et c'est long, un engagement sur 30 ans.
On ne s'improvise pas éleveur.
Il n'y a de place dans l'élevage que pour l'excellence. C'est difficile aujourd'hui de vendre un cheval. Les éleveurs ne vendent que l'élite et dans des lignées recherchées.
Surtout, il y a déjà trop de chevaux en France et beaucoup n'ont d'autre avenir que l'abandon ou l'abattoir.
"Les annonces se multiplient sur le Bon Coin de chevaux à donner contre bons soins", s'insurge Carina Mac Lauglhan, ex présidente du Refuge de Darwyn France. On ne sait plus qu'en faire. On compte plus d'un million d'équidés en France sans compter le nombre incroyable de chevaux non identifiés (8 500 saillies non déclarées par an en moyenne). Les associations de protection ne peuvent plus faire face. Le marché des chevaux est déjà saturé. "On est débordé! assure Carina Mac Lauglhan. C'est la face cachée du monde du cheval. Il y a de plus en plus de chevaux et ils coûtent de moins en moins chers. Autrefois, les cavaliers suivaient des formations approfondies en hippologie. Ils se faisaient entourer de gens de chevaux. Ils avaient de vrais budgets. Maintenant, l'équitation s'est démocratisée. On confond monter et détenir un cheval. Chacun se lance au petit bonheur la chance sur un bout de terrain sans avoir les connaissances et le budget nécessaires. Ils croient aimer les chevaux. Or, la maltraitance, c'est avoir un animal sans en connaître les besoins! L'on se retrouve avec des chevaux squelettiques, non parés, non vermifugés, non éduqués... Quand ils vieillissent, plus personne n'en veut". Et de rappeler que 76% des transactions concernent les chevaux de moins de onze ans.
"Le pire, ce sont les chevaux miniature. Les gens oublient que ce sont des chevaux avec les besoins et les comportements de leur espèce. Comme ils sont petits, ils ne peuvent pas se défendre. J'ai vu un miniature se faire déboiter l'épaule parce qu'il ne comprenait pas que sa propriétaire voulait le coucher. J'en ai connu détenus sur un balcon, noyés dans une piscine..." Voilà pourquoi le Refuge de Darwyn relaie cette campagne initiée en Grande Bretagne par la World Horse Welfare pour informer les propriétaires sur les risques de faire naître un "poulain maison" et leur faire prendre conscience des enjeux liés à la sur reproduction des chevaux (les anglais disent overbreeding).

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