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vendredi 1 mars 2019

Le scandale des voitures anciennes des ex Haras Nationaux

Un patrimoine unique très menacé
Délabrées. Remisées dans des hangars humides. Soumises à la canicule. Infestées par les insectes xylophages. Évanouies purement et simplement. Volées sans doute pour certaines. Plus de 300 voitures hippomobiles rassemblées au fil des siècles sont en train de disparaître à tout jamais. Un patrimoine unique mis sous la garde de l'IFCE (Institut Français du Cheval et de l'Equitation) qui ne sait qu'en faire et projette même de les "déconstruire".

L'écrivaine Julie Wasselin, meneuse et juge d'attelage s'insurge. "68 voitures sont classées. 7 sont monuments historiques. Toutes sont le témoignage d'une époque et d'un savoir faire aussi bien des artisans du bois, du cuir, des métaux... que des meneurs. Si elles disparaissent, que montrerons-nous à nos enfants?" Les premières voitures, les plus anciennes, ont déjà disparu. Celles qui subsistent ne remontent pas au delà de 1850. Julie déplore qu'elles ne soient pas entretenues. "Il faudrait les restaurer. Et pourquoi pas les donner ou les vendre pour qu'elles soient conservées et montrées au public. Notre savoir faire se perd, poursuit-elle. Qui saura encore conduire un grand break?" A Compiègne, des voitures sont garées sous une verrière qui fuit et risque de s'écrouler. Ailleurs ce sont les harnais que l'on a retrouvé à la décharge publique.  Or, les harnais, colliers et autres objets de sellerie font partie de notre patrimoine.
Ceci est un "squelette" qui servait à débourrer les chevaux d'attelage

Julie Wasselin rêve d'un musée comme celui qui existe au Portugal. "Nous sommes l'un des seuls pays d'Europe à ne pas avoir de musée national pour les attelages".  Et de recommander la lecture d' "Attelages magazine" n°120 (février-mars) qui consacre un dossier sur le sujet et milite pour que les véhicules qui peuvent être restaurés soient utilisés par des amateurs plutôt que déconstruits pour être stockés. Les véhicules étant des pièces uniques, la plupart seraient perdus et ne pourraient même pas être utilisés comme pièces détachées.
Coordonnés par Julie Wasselin, les médias de l'attelage s'unissent pour lancer une pétition nationale afin de sensibiliser le ministère de la culture et le ministère de l'agriculture.
Vous pouvez signer cette pétition sur Attelage.org

*Julie Wasselin est l'auteur de  "A l'heure de remiser le fiacre" (éditions L'Harmattan), 90 textes ciselés racontant le monde du cheval. Des fous rires, de la ferveur, de l’amour, de la poésie mais aussi des larmes, de la méchanceté, de l’arrogance, de ridicules prétentions… car le monde du cheval est ainsi fait.  Tout est bien vu et particulièrement bien rendu. Du grand art !


5 commentaires :

  1. Scandaleux, laxisme et incompétence. Les solutions existent pourtant.

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  2. Le Haras du Pin en a vendu 10 à un broc de la région. J'en ai une, cerclée de fer, et en bon état. Contente.
    Peut-être faut il faire des offres d'achat, de façon à ce qu'elles soient sauvées de la destruction.

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  3. comme ils disent manque de moyens mais..... pas pour eux
    qu elle FRANCE

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