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mardi 16 octobre 2018

Mon premier concours de CSO avec Diana, 5 ans

Premier concours avec Diana du Grasset à Lège, le 5 octobre 2018

Avec moi, c’est la première fois. Diana du Grasset est encore une novice. Elle n’a peut-être même pas fini de grandir ! Pourtant, elle a déjà enchaîné quatre ou cinq parcours avec un professionnel, un pilote qui n’hésite pas, prend les bonnes décisions, n’a pas d’affect particulier pour elle, enchaîne parcours sur parcours. Mais moi, je l’adore ! Rien qu’à la regarder, je craque. J’aime tout en elle. Son œil malicieux, sa force, son équilibre, son sang, sa belle robe alezane et cette façon qu’elle a de mettre sa tête sur mon épaule. J’aime son caractère affirmé (très affirmé), sa gentillesse, son attention. En trois mois, un lien particulièrement fort s’est créé. Nous sommes en phase toutes les deux. Je la comprends et je ne veux surtout pas lui faire peur, lui faire mal, lui laisser un mauvais souvenir. 
Je doute parfois, je tremble souvent mais je prends un plaisir intense  à voler au-dessus des obstacles.  Je m’éclate à condition d’être à 100 % en harmonie avec mon cheval. Plus besoin de jambes ni de mains, je m’amuse et mon cheval aussi. Sinon, à quoi bon ? Je n’ai plus aucun plaisir.
Bref, l’emmener pour la première fois en concours à l’extérieur, à Lège plus précisément, là où la piste est belle mais, de l’avis de tous, regardante pour les jeunes chevaux. C’est un moment très important. Je suis à la fois fébrile, anxieuse et impatiente. Peur de laisser une mauvaise impression, ne pas être à la hauteur, de « louper » notre rendez-vous. Envie de fusionner, désir de faire. Comme en amour !
Préparation minutieuse. Diana entre dans le van sans stress, elle est bien entraînée. L’épreuve choisie est la plus simple : préparatoire 1 mètre. Tout s’annonce pour le mieux sauf… qu’au dernier entraînement, elle refuse obstinément de passer le bidet et je tombe. Foutue bâche bleue qui lui  fait peur  et entame ma confiance! Pourvu qu’elle n’anéantisse pas la sienne ! Elle finit par la passer une fois, deux fois, trois fois. Elle se relâche. Ouf !  En attendant, j’ai mal au coccyx. Je ne peux plus m’asseoir ! C’est grave docteur pour monter à cheval ?
 Nous arrivons sur les lieux du concours la veille par un soleil radieux. Diana et Papete, sa compagne ont très bien voyagé. Mais Diana n’apprécie guère le box démontable dans lequel elle est logée. Ma princesse a l’habitude d’avoir ses aises, de l’espace et une vue transversale sur les écuries et sur les prés. Là, une grille l’empêche de passer la tête au dehors. C’est agaçant ! Heureusement, elle peut renifler sa copine entre les parois.  La paille et le foin parviennent à l’occuper un moment. Une longue promenade à pied s’impose avant le repas du soir. Je lui montre les installations, la carrière, la cabane du jury… On se balade parmi les camions qui se garent, les chiens qui gambadent, les tentes qui se montent.  Curieuse, Diana regarde tout et ne craint rien. Une vraie jument de concours !
La journée est longue le vendredi car notre épreuve n’est qu’à 18h. Diana s’agite dans son box. Balade- foin- balade. Enfin, c’est l’heure de la reconnaissance. Le parcours est parfait pour nous. Facile et galopant. Mon coach Mathieu Noirot me rassure. « Tu ne penses qu’à garder la même cadence et aller droit, bien au milieu de chaque obstacle. Le bidet ? Te prends pas le chou. Elle ne va pas le regarder ! Mais n’oublie pas. C’est toi qui décides de l’appel. Il vaut mieux prendre une mauvaise décision que l’abandonner ».
OK, ok, je ne me prends pas le chou. Facile à dire !  Pierre, mon mari,  me fait une petite séance de préparation mentale avant de partir. Je suis sereine.
Pas Diana qui trépigne sur place comme une furie. J’entre dans le paddock de détente qui me semble vraiment minuscule. Et bourré de chevaux dans tous les sens ! Diana danse et je n’arrive pas à l’immobiliser quelques secondes pour me présenter au chef de paddock. Tant-pis, je me présenterai dans un tour ou deux. Là, je sens le dos qui se tend, une onde de choc parcourt Diana. Elle n’a qu’une envie : lâcher les gaz  et partir en pétarades. Elle me chahute et je commence à blêmir. Je me demande ce que je fais là. Je l’avoue, j’ai envie de descendre. J’hésite à décrocher mon airbag. Passer l’éponge et aller tranquillement boire un chocolat à la buvette. Mais si j’abandonne, là, maintenant, après les premières espiègleries, c’est foutu. Elle saura qu’elle peut se jouer de moi. Comme un enfant qui n’en fait qu’à sa tête ! Sa tête, justement. Il faut que je lui mette la tête en bas pour faire baisser la pression mais sans lui donner trop de contact.
Bon, je suis toujours dessus. Je fais un cercle. Galope Diana. Galope, tu en as besoin. J’attrape un peu de crinière pour ne surtout pas toucher à sa bouche hypersensible, je me mets en suspension et je galope. Bien, elle n’a pas peur des autres. Bien, elle commence à se cadencer. Bien, elle se connecte. Ouf, je peux aller sauter.
Mathieu Noirot me demande de galoper dans ma courbe et d’attendre, de la faire répéter jusqu’à la dernière foulée. Cela nous met en confiance.  Allez, un dernier vertical avant d’entrer en piste. Diana saute divinement bien.

Nous sommes prêtes. Je répète une dernière fois mon parcours dans ma tête et… c’est parti ! Diana touche le premier obstacle. Je la tiens trop ! « Laisse la s’exprimer. Rallonge tes rênes ! » me chuchote une petite voix intérieure. Je lui donne 5 ou 10 centimètres de rênes en plus, je galope. Le parcours se déroule comme dans un rêve ! Tous les abords sont bons, les sauts harmonieux, les tournants équilibrés. Je suis toujours bien à ma place, en équilibre sur mes pieds, j’exulte !  Diana ne regarde même pas le bidet. Merci ma belle, chapeau ma princesse.

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