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vendredi 18 novembre 2016

Pierre Durand sur Radio Cap Ferret: la force de rebondir


Pierre Durand, invité de Monchevalmedit sur Radio Cap Ferret
Invité de la sixième édition de "Monchevalmedit" sur Radio Cap Ferret, Pierre Durand, le champion olympique de saut d'obstacles (Séoul 1988) se livre, s’amuse et sait trouver l’anecdote qui fait mouche. Pas étonnant qu'il trouve sa place dans le monde de la communication et de la politique. A n'en pas douter, l'avenir est devant lui!  Démonstration sous forme de petit résumé (à la volée) de l'interview qu'il nous a accordée.

Le film de Christian Duguay
"Les faits sont vrais mais rien ne s'est passé comme cela. Tout est romancé. Difficile pour moi de me voir incarné au cinéma... Reste que le film a contribué à faire revivre Jappeloup et le faire connaitre aux plus jeunes.

Jappeloup
Lui, son rêve c’était d’être protégé, libre dans la nature, à l’abri des prédateurs. Il n’avait pas pour projet d’être champion olympique. Il a fallu qu’il adhère à mon projet. Très vite, j’ai compris que la voie que j’avais prise en essayant de le dominer nous emmenait dans le mur.  J’ai changé ma façon de l’aborder. J’ai compris qu’il fallait que j’en fasse mon complice par le jeu, qu’il prenne plaisir à sauter… Pour pouvoir lui demander d’aller aux limites de lui-même.
Avec Jappeloup qui a fait rêver des générations de cavaliers

La relation de couple
Avec Jappeloup, il fallait construire une belle histoire dans la durée. La relation est devenue fusionnelle. C’est à Séoul, quelques instants après avoir obtenu mon titre olympique, que j’ai vraiment compris l’image du centaure. Jappeloup était mon prolongement et j’étais son prolongement.

Les qualités d’un grand champion
Etre un battant et savoir rebondir en situation d’échec. J’aurai pu mourir de ma chute aux JO de Los Angeles, ou, pour le moins, faire une dépression.  J’ai connu une phase vraiment difficile. J’ai eu ce ressort de vouloir rebondir et analyser les raisons de mon échec.  L’échec était lié au fait que je n’avais pas su maitriser mes émotions.  J’ai décidé de travailler mon mental, développer ma force mentale. J’ai pratiqué la sophrologie. Je me suis même astreint à prendre une douche froide tous les jours pour exercer ma volonté.

La transmission des émotions au cheval
Le cheval est une éponge qui se nourrit des émotions des cavaliers et en particulier des émotions négatives car,  en tant que proie, il est toujours sur la défensive. Si le cavalier montre de la peur ou doute, le cheval amplifie ces émotions.

La préparation mentale du cheval
A Séoul, les JO se déroulaient dans un vrai stade. Il fallait s’attendre à la foule, le bruit, des spectateurs qui vont probablement s’exprimer au beau milieu du parcours… tout pour déstabiliser Jappeloup, hypersensible et écorché vif. J’avais très peur de sa réaction. Pour évacuer cette inquiétude, j’ai donné avec Jappeloup, le coup d’envoi d’un match de foot des girondins de Bordeaux. Jappeloup a été confronté au bruit, aux fumigènes, aux cris des supporters… Il est resté réceptif. Si je n’avais pas peur, il n’avait pas peur.

La préparation mentale du cavalier
Je suis allé à Séoul un avant pour m’approprier l’endroit. Je suis resté pendant plus d’une heure dans le grand stade en m’imaginant en situation. Je me suis projeté… J’ai voulu réduire totalement la part d’imprévus. Plus on a de certitudes, plus il est facile de gérer les imprévus.

Le parcours
Le chef de piste qui va tracer le parcours est un artiste. Chaque chef de piste a sa signature. Un an avant, on le suit. On connaît sa tendance. A cette époque, on atteignait les sommets en terme de difficulté tous les quatre ans, aux JO. J’avais une stratégie : faire sans faute quitte à être pénalisé par le temps dépassé.

Jappeloup le jour J
Le matin, je suis arrivée à 6h pour le voir. Il était au fond du box. Il a tourné l’encolure et m’a regardé avec son oeil noir. Je me suis dit. C'est bon, il est prêt.
Pierre Durand s'engage en politique avec la ferme intention de défendre le sport

Rebondir après un tire olympique (Pierre Durand s’engage en politique côté Républicains)
Il n’y a pas eu d’autre cheval. Mon histoire de cavalier s’est achevée avec Jappeloup. Au début, je pensais continuer.  Mis mon rêve obsessionnel était d’être champion olympique. Finalement, je me suis arrêté un an après et c’était mieux. Construire une relation comme ça, c’était long, épuisant. J’avais la chance d’avoir exercé une activité professionnelle. J’étais administrateur judicaire.  Je n’aurai jamais pu me consacrer uniquement à l’équitation.  J’avais fait des études de droit et débuté sciences po à Bordeaux. Je suis devenu président de la fédération française d’équitation, de l’INSEPP. J’ai  toujours eu la volonté d’agir pour l’intérêt général et le bien public. .. Je suis élu au conseil régional de la Nouvelle Aquitaine…

Avec Stéphane Le Goff sur Canal Plus, il commenté les exploits de nos équipes de France championnes olympiques en concours complet et en CSO à Rio


L’équitation à la télé (Pierre Durand a commenté les JO de Rio sur Canal Plus et commente maintenant les grands évènements sur BeIN Sports)
L’équitation est la troisième fédération sportive avec plus de 700 000 licenciés ; Donc, il y a un public. Surtout  des femmes et des jeunes. Il faut faire preuve de pédagogie pour faire aimer notre sport et le comprendre.  Jean Rochefort a été fantastique à Athènes. J’étais à côté de lui et il ne suivait pas les épreuves. De temps en temps, il me demandait : Pierre, on en est où ? Je lui répondais : on en est là. Et il partait avec emphase et humour  sur la belle suédoise… C’était un grand moment de télévision mais pas une façon d’installer durablement notre sport.

Le sponsoring
La loi Evin nous a fait un tort considérable. Avant, on avait des partenaires, des sponsors comme le Champagne Moët et Chandon… Du jour au lendemain, on a été sinistré.  Le monde de la mode  (Gucci, Hermès) commence enfin à s’intéresser à nous.

Les JO à Paris
Les JO ont donné un sens à ma vie. Je soutiens à fond notre candidature. On a un savoir faire incontestable et il n’y a aucun doute sur notre capacité à organiser de très grands JO.  Las Angeles et Budapest ont également cette capacité. Le choix de la ville sera un choix politique, résultat du lobbying et d’une règle non écrite sur l’alternance des continents. 

Monter à cheval
Cela fait  deux ans que je ne monte plus. On ne peut pas monter à cheval de façon occasionnelle.  Mais à chaque fois que je m’arrête un moment, lorsque je remonte, je réalise combien j’ai été stupide de m'en priver car c’est un vrai bonheur !"

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