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mercredi 5 octobre 2016

Disparition du général Pierre Durand, défenseur de l'équitation française

Le général Pierre Durand vient de s'éteindre à l'âge de 85 ans.  Elève du colonel Margot, il a été un "Grand Dieu" de Saumur, (entendez écuyer en chef du Cadre Noir,) directeur de l'École Nationale d'Equitation, après avoir été sélectionné deux fois aux Jeux Olympiques en concours complet et en Saut d'Obstacles. Je l'avais interviewé sur le thème "Existe-t-il plusieurs équitations?". Voici quelques-unes de ses réponses.
En tenue noire du Cadre Noir
 - "L’essentiel est dans la mise en œuvre d’une véritable éthique de l’équitation et du dressage, avec la préoccupation constante, non pas d’exiger d’emblée l’obéissance du cheval par des aides coercitives (même avec l’idée de les réduire progressivement à des aides indicatives ) mais de s’assurer de cette obéissance en lui demandant « poliment », comme s’exprimait le général Decarprenty. Il faut faire appel à la capacité de compréhension et à la bonne volonté du cheval ». 

" Monter à cheval, cela consiste toujours à mettre la jambe droite à droite et la jambe gauche à gauche, comme disait un écuyer en chef".

"Toutes les écoles sont d’accord sur les bases. En CSO, dressage, polo, horse ball, il y a toujours des problèmes de transition entre les allures et les mouvements". "Certains pensent qu’il a de nombreuses formes d’équitation. Pour moi, il n’y en a qu’une : la bonne et la mauvaise".
"Je n'ai jamais eu peur" disait-il
 " Entre l’équitation américaine, le horse ball, le polo et l’équitation académique pure, il y a des différences. Il y a des applications différentes. Mais la doctrine sur l’obéissance du cheval est la même. J’entends par doctrine l’ensemble des principes qu’on se transmet de génération en génération et que le général Lhotte résumait dans la formule : « Calme, en avant et droit ». On pourrait lui substituer : équilibre, activité, harmonie".

- "Quand on regarde Pénélope Leprévost, on voit bien que l’intervention du cavalier s’établit sur les fondations impulsion, rectitude, calme. Cette équitation sportive est bien classique".


- "Avant, dans la cavalerie, tous les jeunes montaient en course, puis en complet et en CSO. Cela développait des qualités utiles. Quand on arrivait à l’âge de la « gratouille », on n’était pas loin de la retraite. Je crois profondément qu’il n’y a aucune antinomie entre le saut d’obstacles et l’équitation d’école, et qu’un cheval musclé pour celle-ci augmente son aptitude à celui-là."


- "Les grands rendez-vous de la Motte Beuvron me laissent songeur. J’ai un immense sentiment de regret. Comme si nos descendants n’étaient pas dignes de recevoir un enseignement digne. On peut transmettre une tradition rigoureuse, exigeante mais qui rencontrerait l’adhésion de nombreux débutants."


 

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