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jeudi 14 janvier 2016

La maltraitance des chevaux de saut d'obstacles: mythe ou réalité?

Cette photo montrant la trace des éperons sur Quite Easy a été prise par sa groom le jour du CSI. 
En éliminant le jeune irlandais Bertram Allen du Grand Prix CSI W de Londres qu'il avait gagné pour une petite coupure sur son cheval au niveau des éperons, les juges n'ont fait qu'appliquer le règlement. Il y avait bien saignement, fût-il infime. Sans doute les juges auraient-ils pu agir avec plus de discernement. La sanction est tombée sur un cavalier qui a une bonne réputation après un parcours magnifique. On aurait tellement préféré que soient punis d'autres cavaliers, ceux qui font subir à leurs chevaux des maltraitances bien plus perverses pour les faire sauter plus haut ou, comme ils disent, leur donner une leçon, les "éduquer" même, ou bien les "préparer"!

Ils ne se font pas prendre et pourtant, ils connaissent tous les trucs pour rendre les chevaux hyper sensibles les incitant ainsi à ne pas toucher pour éviter de souffrir. La tricherie la plus fréquente est le barrage qui consiste à élever la barre d’obstacle au dernier moment juste quand le cheval s’élance. Ce dernier touche et, la prochaine fois, il sautera plus haut pour éviter de se faire mal. Autrefois, le barrage avec des bambous était permis sur les paddocks. Il est désormais interdit car il peut entraîner des traumatismes aux os, aux tendons, aux articulations et aux sabots. De plus, il incite les chevaux à sauter dans le stress, pas dans le relâchement si nécessaire à la réalisation d'un geste sportif.


L'imagination de l'homme n'a pas de limite pour faire sauter les chevaux plus haut 
Le barrage a lieu désormais à la maison, loin de tout regard et de toute sanction. Certains utilisent des barres en bois très lourdes, voire des barres en fer, des barres recouvertes de capsules de sodas ou des dispositifs destinés à tromper le cheval. Sur les grosses épreuves, quand un cheval saute les premiers obstacles avec beaucoup de marge, puis s’arrête devant un obstacle, il y a toutes les chances qu’il ait été barré. Sinon, il aurait moins de marge et, au lieu de s’arrêter, il toucherait. L'usage s'est tellement répandu surtout chez les mauvais cavaliers qu'il n'est pas rare de voir un coach barrer des chevaux de clients alors que ces derniers ne font que de petites épreuves. Là, ce ne sont pas les quelques 300 000 euros de gain qui sont en jeu mais un flot et au mieux, le remboursement de son engagement, soit 20 ou 25 euros. Dérisoire? Peut-être mais la fierté de certains cavaliers n'a pas de prix! Leur bêtise aussi...

Les barres en bois font mal quand le cheval les touche


Des guêtres à clous, des guêtres dont l’intérieur est tapissé de piquants, d’autres remplies de cailloux, des produits chauffants les tendons… l’imagination n'a pas de limites pour faire sauter les chevaux et les piquer au moindre frottement. Au palmarès des pratiques qui relèvent de la torture : la pile à bœuf envoie une décharge électrique au cheval qui est au refus. Radical, ce procédé est responsable de la mort de chevaux par crise cardiaque. Un cavalier célèbre est même soupçonné d’avoir laissé des chevaux enrênés et enfermés dans un box sans boire et sans manger jusqu’à ce qu’ils cèdent.

Bien qu’autorisés, certains protège-boulets font polémique. Posés un peu plus haut et très serrés, ils incitent le cheval à lever les postérieurs. Certains mettent des guêtres de trotteur qu’ils serrent au maximum. D’autres préfèrent plomber les protège boulets (pourtant le poids maximum autorisé est de 500 g). Le cheval ainsi "préparé" semble se désarticuler quand il saute. Frédéric Cottier, champion et chef de piste international milite pour que soient interdites les guêtres aux postérieurs. D'autres estiment que si elles sont employées à bon escient, elles ne font que corriger le cheval et lui apprendre le bon geste. A chacun de juger!

Que faire pour que le CSO reste un beau sport? Pour qu'on ne risque pas, un jour, de le voir supprimer des JO sous l'effet d'une opinion publique excédée. Quand on y réfléchit bien et même si l'on soutient Bertram Allen, on ne peut que se féliciter que les commissaires aux paddocks fassent leur travail. Et l'on rêve de voir des présidents de jury pénaliser le cavalier qui maltraite son cheval en piste ou même au camion. L'on rêve de voir des jeunes cavaliers éduqués à se remettre en question plutôt qu’à reporter leurs fautes sur leurs montures. On rêve de compétiteurs qui connaissent les effets éphémères du barrage qui rend les chevaux méfiants et les empêchent de se relâcher. On rêve... de sport et de chevaux respectés! Rien d'autre...

Et vous? Avez-vous été témoin de maltraitance? Pensez-vous qu'il faut plus de contrôles? Plus de règles? Plus d'éducation? Participez au débat en laissant des messages en commentaires. 

Lien pour lire l'article sur Bertram Allen et pour aller sur sa page Facebook
Lien pour lire la position de Frédéric Cottier sur les guêtres aux postérieurs







6 commentaires :

  1. Merci pour cet article. La maltraitance des chevaux serait-elle généralisée dès lors qu'il y a compétition, et donc argent et/ou gloire ?

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  2. La pire des maltraitances qui existe pour TOUS les chevaux, qu'il soit de loisir, d'élevage, de sport, de course. C'est la maltraitance par IGNORANCE ! ( Mauvaises écuries mal gérée pour augmenter le chiffre d'affaire / rentabilité, les propriétaires qui ne prennent pas des cours avec de REELS enseignants pour apprendre à monter leur cheval proprement ! Les propriétaires qui ne veulent pas évoluer et ferme les yeux .. ) C'est à 80 % de la souffrance qui existe chez les chevaux à l'heure actuelle. Un cheval souffre de pathologie d'usure prématurée ou non.. Combien monte un cheval naviculaire ? qui a des raideurs à la sortie d'un boxe ? Qui a un regard triste sans vie.. Qui a des blessures au garrot ? des pieds trop long par économie ? Chaque utilisation à des fins sportives induisent indéniablement des usures qu'un bon propriétaire doit pouvoir gérer. Cela s'appelle la MEDECINE SPORTIVE EQUINE PREVENTIVE. Combien d'entre vous l'applique ? Combien savent même que cela existe ... Chevaux de CSO c'est les naviculaire et le dos, cheavux de dressage les jarrêts / grassets, vertèbres cervicale. Faites vous encadrer ! et mettez votre cheval en pension dans une réel écurie professionnelle. Tel que l'écurie Thomas Rolland par exemple. Nous sommes à votre disposition

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    1. Je suis d'accord avec toi, la maltraitance par ignorance, je suis confrontée à ça tout les jours dans ma sellerie, et ça me fait de la peine...

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  3. La pire des maltraitances qui existe pour TOUS les chevaux, qu'il soit de loisir, d'élevage, de sport, de course. C'est la maltraitance par IGNORANCE ! ( Mauvaises écuries mal gérée pour augmenter le chiffre d'affaire / rentabilité, les propriétaires qui ne prennent pas des cours avec de REELS enseignants pour apprendre à monter leur cheval proprement ! Les propriétaires qui ne veulent pas évoluer et ferme les yeux .. ) C'est à 80 % de la souffrance qui existe chez les chevaux à l'heure actuelle. Un cheval souffre de pathologie d'usure prématurée ou non.. Combien monte un cheval naviculaire ? qui a des raideurs à la sortie d'un boxe ? Qui a un regard triste sans vie.. Qui a des blessures au garrot ? des pieds trop long par économie ? Chaque utilisation à des fins sportives induisent indéniablement des usures qu'un bon propriétaire doit pouvoir gérer. Cela s'appelle la MEDECINE SPORTIVE EQUINE PREVENTIVE. Combien d'entre vous l'applique ? Combien savent même que cela existe ... Chevaux de CSO c'est les naviculaire et le dos, cheavux de dressage les jarrêts / grassets, vertèbres cervicale. Faites vous encadrer ! et mettez votre cheval en pension dans une réel écurie professionnelle. Tel que l'écurie Thomas Rolland par exemple. Nous sommes à votre disposition

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  4. Le mieux c'est d'interdire les concours, les courses en tout genre. Je suis membre de deux associations de sauvetage de chevaux et d'autres animaux domestiques. Je sais de quoi souffrent ces pauvres bêtes. Je préfère encore l'éleveur de comtois de notre village pour leur viande. Ses chevaux vivent dans les prés verdoyants toute leur vie, courte pour les mâles (2à 3 ans) mais tous heureux. Nos prés produisent du foin bio. Les chevaux sont libres sur plusieurs hectares les beaux jours, rentrés en box les nuits d'hiver. Certains sont débourrés pour le tirage du bois, et de charrette (emmener les enfants et les ramener de l'école). D'autres montés par des enfants du village surtout en ballade ou encore labourent les champs (eh oui on passe en mode écolo). ceux destinés à l'abattoir sont abattus dans de bonnes conditions : un professionnel respectueux des animaux, qui les laisse paitre deux trois jours dans ses prés avant de les tuer un par un, séparément pour ne pas les stresser. C'est une goutte d'eau. mais cela démontre que c'est possible. A-t-on besoin de maltraiter les bêtes ? A-t-on besoin de courses de chevaux ? Il faut vraiment ré-inventer notre mode de vie.

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  5. Je trouve cela un peu hypocrite de parler de suppression des concours mais valider l'abattage des chevaux. Ce n'est pas parce qu'ils ont "droit" au près et à une mort "calme" que cela est normal. Un cheval ne mérite pas la mort et ce n'est par parce qu'elle est jugée bien réalisée qu'on peut justifier d'abattre un cheval. Le mieux que puisse faire l'homme est d'accepter que le cheval est un être vivant et le respecter en tant que tel. L'histoire de la belle morte etc c'est de la connerie. A bon entendeur

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