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mardi 6 janvier 2015

Académie Vallier : mon coach, c'est le cheval!

Tissien ne veut pas participer au séminaire
Titien, le beau lusitanien blanc couche ses oreilles en arrière, esquisse un petit coup de cul et s'eloigne. Non, trois fois non, il ne veut pas participer! Nous sommes dans la première phase de l'atelier Equinovent. Proposé par Valérie Calvet, cet atelier propose aux cadres et aux dirigeants d'apprendre à manager des équipes grâce au cheval, révélateur de nos émotions.

Il faut trouver une stratégie!
Première étape : observer les chevaux dans le pré et en choisir un. Le lusitanien blanc repousse les approches successives de trois stagiaires. Etant la seule à connaitre les chevaux, je me sens "obligée" de choisir  ce cheval revêche. J'observe son manège avec intérêt. Comment l'amadouer? Une chose est sûre : il ne faut pas l'aborder de face. Je vais directement vers la petite jument noire, je la caresse, puis je me plante à quelques mètres du rebelle. Tranquille, je lui tourne le dos et reste immobile. Les secondes passent. Les minutes. Je ne bouge toujours pas. Lui non plus. Il me surveille mais ne me chasse pas. C'est déjà un progrès. Sur ses gardes, il se montre intrigué, timide mais sûrement pas agressif. J'attends encore. Soudain, sa curiosité prend le dessus et il approche. Encore un peu d'attente et il vient faire connaissance. On va former une bonne équipe.
 A sept ans, Titien vient de m'envoyer un premier message : ne pas se fier aux apparences. Dabord, il montre les dents. Il a du mal à se livrer mais au fond, c'est un affectueux. Dans une entreprise, c'est pareil. Certaines personnes se protègent. Il faut savoir les attendre et prendre le temps de découvrir leurs talents.
Câlin a tout de suite analysé l'attitude maternante de Chantal!
Chantal doit asseoir son autorité, semble dire Câlin


Chantal, la DRH, vient de prendre un poste opérationnel dans une nouvelle entreprise. Elle choisit Câlin, le papy du groupe (25 ans) qu'elle va materner et entourer d'attentions. Mais, quand elle se disperse, Câlin ne s'intéresse plus à elle. Il s'arrête devant la porte et n'écoute pas ses demandes. Son message est clair. "Dès que j'hésite, il doute, raconte Chantal. Je ne dois pas changer grand chose pour que cela fonctionne. J'ai réussi à le faire reculer plusieurs fois, je suis contente. Je dois aborder mon nouveau poste, comme je suis mais en montrant ma détermination. Mon côté maternel met le cheval dans la sécurité mais ne suffit pas à le faire avancer". 

Chef d'entreprise et coach, Valérie Calvet accompagne et donne des outils aux stagiaires


Il suffit parfois de changer un détail pour que la communication passe
Emmanuelle, cadre commerciale rencontre Asty, petite jument minorquine de quatre ans, espiègle et joueuse avec laquelle elle va devoir se montrer persuasive. "C'est normal, il faut toujours que je m'invente de nouveaux challenges. Inconsciemment, je cherche la difficulté". Au fil de la journée, Emmanuelle va se rendre compte que si elle en fait trop, elle pétrifie le cheval. Mais il suffit de modifier quelque chose, reformuler sa demande et... Asty comprend. Emmanuelle en tire des conclusions sur son positionnement dans son entreprise.  "A partir du moment où je suis moi, cela se passe bien. J'ai tendance à vouloir toujours plus. Il faut que je me contente des premiers résultats obtenus" constate-t-elle. 
Le cheval nous montre la voie
Nathalie fait route avec Ullerups, danois hanovrien de quinze ans, un père tranquille qui a besoin de se sentir mené. Il a été élevé dans la contrainte. A huit ans, il ne savait pas qu'il avait le droit de brouter! Nathalie doit se concentrer et être précise dans ses demandes. Dès qu'elle commence à se fatiguer, le cheval décroche. Message reçu : "Je dois être 100% présente, ici et maintenant", résume-t-elle.
Hypersensible, le cheval choisit de se connecter ou pas

"Le cheval réagit à nos incohérences intérieures, explique Valérie Calvet, directrice du domaine et fondatrice de l'académie Vallier. Lorsqu'on est cohérent, le cheval adhère et nous suit partout. Cette cohérence implique une bonne connaissance et estime de soi. Elle permet d'acquérir l'empathie nécessaire à un management d'adhésion, lui -même synonyme de bien-être au travail et donc de performance économique et sociale".

Au fil des exercices en licol, puis en liberté, le cheval agit comme un miroir. "Il nous fait prendre conscience de notre communication non verbale", poursuit Valérie Calvet. Le cheval répond du tac au tac. C'est oui ou c'est non. Mes consignes sont-elles claires? Est-ce que je l'accompagne pendant l'action en lui laissant de l'autonomie ou est-ce que je l'abandonne? Est-ce que je prends soin de le féliciter pour le travail bien fait? "On peut se mentir à soi-même, mais pas au cheval, poursuit Valérie Calvet. Grand sensible, le cheval a développé des outils de veille pour se protéger et pour survivre. Il décode l'état émotionnel de l'humain qui l'approche. Ses réponses sont immédiates et sans jugement. De plus, c'est un animal grégaire. Chaque membre du troupeau est en connexion avec les autres et a un rôle à jouer. Le cheval incarne l'autre dans ses différences et nous permet d'envisager l'altérité comme une richesse de groupe".
Les chevaux de Valérie Calvet prennent leur travail avec sérieux. Ils sont très présents, particulièrement réactifs. Titien joue avec moi.


Tissien me suit partout
Au début, nous prenons beaucoup de plaisir à être ensemble. Il répond à toutes mes demandes avec enthousiasme. Progressivement, il envahit mon espace personnel. Il ne me bouscule pas encore mais il vient de plus en plus près. Embarrassée, je n'ose pas le remettre à sa place. Je ne veux pas briser son envie de jouer. Je ne sais pas quoi faire. Si cela continue, il va me marcher sur les pieds. Va-t-il me manquer de respect? Je suis obligée de remettre une distance et j'en suis un peu triste. Dois je mettre des limites? Pourquoi je n'aime pas les barrières? Qu'est-ce qui est juste?
Je suis obligée de le repousser
Valérie me demande d'écrire mes émotions. Qu'ai-je ressenti au moment où le lusitanien envahissait mon espace? A l'instant où je le remettais à sa place?
Je prends mon stylo et tout s'éclaire. Je doute souvent de moi-même, de la justesse de mes décisions. Je m'adapte très, (trop?) facilement aux autres, à la recherche du consensus. Mais parfois, je me fais marcher sur les pieds. Bref, je ne suis pas prête à devenir... manager!
Avec les chevaux, c'est pareil. En concours hippique, je suis sur un petit nuage et tout se passe bien. Mais parfois, je suis submergée par un doute qui ne peut durer qu'un dixième de seconde mais suffit à me déconcentrer.
Je m'en veux un peu

C'est si limpide que j'en ai les larmes aux yeux. De quoi me faire réfléchir, comprendre mes émotions, établir un plan d'action et de développement, prendre conscience du champ des possibles... Tout un programme!
Et lui, qu'est-ce qu'il en pense?

A 15 minutes de Bordeaux, au bord de la Garonne, le domaine de Vallier propose des formations pour des groupes de 6 à 8 participants. Il s'adresse aux dirigeants, managers, futurs managers, chefs de projet, commerciaux. Aucune connaissance de l'équitation n'est requise.

Lien vers le site du domaine de Vallier et l'atelier Equinovent
Lien vers la page Facebook du domaine de Vallier

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