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mercredi 19 novembre 2014

Le statut du cheval dans la société : toujours les mêmes discours!

Je viens de découvrir  dans "Jours de cheval" de juillet, une critique de mon livre "Ce que les chevaux ont à nous dire". L'auteur de cette critique (dont je n'ai pas vu la signature), se moque gentiment de cette "militante de la personne animale" que je suis. Militante de la personne animale, ce titre qui me fait très plaisir. J'espère juste que je serai à la hauteur!

Comme à chaque fois que l'on porte de la considération à l'animal, les sarcasmes vont bon train. Pensez, si le cheval devient un sujet de droit, c'est toute son économie qui sera remise en question. Si cela continue, on ne pourra plus les manger, les exploiter ni même les monter et ... les chevaux disparaîtront...

Toujours le même discours! Les tenants de la chasse, de l'hippophagie, de la corrida... essaient toujours de renvoyer les défenseurs de la cause animale à un "jusqu'au boutisme" qui les ridiculise et leur enlève tout crédit.
L'objet du délit!
Quand on s'en prend aux dérives d'un système, on ne remet pas pour autant le système en question. Si je défend le bien-être du cheval, je ne remets pas en cause son utilisation dans les sports équestres. Je m'insurge contre le roll-kür, cela ne m'empêche pas d'apprécier une belle reprise de dressage. Je m'élève contre le dopage mais j'admire un beau parcours. Je rêve de chevaux en liberté mais je monte le mien et ... je vais même en concours! Monsieur le critique dont je ne connais pas le nom, arrêtez de nous faire passer pour des bisousnours. Non, je ne suis pas une "pseudo-philosophe de l'amour équin" qui nie de façon "ubuesque les réalités fondamentales biologiques". Oui, l'équitation repose depuis la nuit des temps sur un principe de domination, de contrainte et de soumission. Mais, elle est aussi en quête de légèreté, d'adhésion, de symbiose, non?
Oui, je sais que le cheval est un herbivore. Je ne l'ai jamais pris pour un humain tout comme il ne me considère pas comme un congénère. Pour autant, j'ai envie de le respecter, de lui offrir un avenir quand je ne pourrai plus l'utiliser et de lui rendre la vie la plus agréable possible.

Quoique vous en pensiez, merci d'avoir soulevé la question. J'espère que vos lecteurs auront envie d'en savoir plus en lisant "Ce que les chevaux ont nous dire". Pour étayer vos réflexions, je ne saurai que vous conseiller la lecture de l'essai de Matthieu Ricard "Plaidoyer pour les animaux".

Pour le moine bouddhiste, abolir l'asservissement des animaux est tout-à-fait réaliste.
Matthieu Ricard cite l'écrivain Adam Hochschild, concernant l'esclavage humain à Londres en 1787 : "Si vous disiez à un coin de rue que l'esclavage était moralement condamnable et qu'il devait être rendu illégal, neuf personnes sur dix se seraient esclaffées en vous prenant pour un hurluberlu. La dixième aurait peut-être été d'accord avec vous sur le principe, mais elle vous aurait assuré que mettre fin à l'esclavage était totalement impossible. C'était un pays dans lequel la grande majorité des gens, des paysans aux évêques, acceptait l'esclavage comme totalement normal". Et d'espérer que demain, l'idée d'asservir les animaux à la volonté humaine ne sera qu'un souvenir tragique de notre histoire.
De quoi nous donner un nouvel essor militant pour nos chers compagnons!

Lien pour un article du blog demi-volte-face sur le même sujet

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