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vendredi 25 avril 2014

Alizée Froment et Mistral libèrent le Grand Prix

Je ne me lasse pas de regarder Alizée Froment et son lusitanien Mistral de Coussoul dérouler leur reprise sans mors ni selle. En totale symbiose et incroyable légèreté.
A 25 ans, Alizée Froment semble née à cheval. Sa mère tenait un poney club pendant les vacances et la jeune Alizée a commencé à monter à shetland dès l'âge de deux ans. Très vite, elle a trouvé sa voie, préférant poursuivre ses études via le CNED (enseignement à distance) pour pouvoir passer ses journées à cheval. Elle se tourne d'abord vers le CSO et participe même aux championnats d'Europe avec ses deux ponettes. Des rencontres lui font découvrir le dressage. En formation à Saumur, elle croise Laurence Sautet et Philippe Limousin qui s'intéressent à elle. L'écuyer du Cadre Noir Fabien Godelle lui prête son cheval de Grand Prix. Les résultats sont immédiats. Sur sa lancée, elle devient sélectionneur et entraîneur de l'équipe de dressage poney. Parrallèllement, elle poursuit une double carrière sportive et artistique avec Mistral. Bref, Alizée n'a pas fini de nous enchanter...



Alizée fait le tour du monde! Lien pour un article d'un magazine hollandais avec une très jolie photo

mercredi 23 avril 2014

Le changement du statut de l'animal : une révolution... de pacotille?

Le 15 avril dernier, les députés ont adopté un amendement visant à reconnaître le statut d'être vivant et sensible à l'animal. Il était temps! Le code civil le considérait jusqu'alors comme "un bien meuble". Voilà un premier pas qui fait plaisir. Mais qu'est-ce que cela va changer pour les animaux et pour les chevaux en particulier?

L'élevage intensif, les transports longue durée, la tauromachie, le travail abusif ne seront pas pour autant interdits. Les lobbies des chasseurs, des éleveurs, des pêcheurs et des aficionados de la corrida y veillent soigneusement. Mais, on peut espérer que les juges seront plus sévères, plus sensibles à la cause animale dans les différentes affaires de cruauté et de mauvais traitements.
On peut espérer également que ce premier pas va ouvrir un vrai débat sur la condition animale.
L'ordre sera-t-il menacé si l'on accepte de voir l'oeil de l'animal?


Pourtant, je me pose des questions. Quelle est la véritable stratégie suivie par nos hommes politiques? A la veille de l'ouverture du salon de l'agriculture, le président François Hollande écartait toute modification du statut de l'animal. "Beaucoup d'efforts ont été réalisés pour le bien-être animal sans qu'il soit nécessaire de les traduire par une loi" déclarait-il.

Parallèlement, un groupe d'études sur la protection animale à l'assemblée prépare un projet de loi ambitieux. L'amendement du 15 avril ne risque -t-il pas de le faire tomber aux oubliettes?
Selon Sylviane Alaux, députée socialiste, "les animaux resteront comme avant et entièrement soumis au régime des biens corporels. Cet amendement refuse toute avancée nouvelle dans la prise en compte de la condition animale. Il joue sur les mots mais n'offre pas de véritable avancée" (Source : la France Agricole).

Les hommes politiques  dans leurs contradictions ne sont que le reflet des contradictions de notre société. Si l'animal est un être sensible, apte à raisonner, capable de souffrir, doué de langage et de conscience, il ne peut plus être considéré comme une propriété humaine!  Ce qui bouleverse toute l'organisation de notre société...

Pour mon livre "Ce que les chevaux ont à nous dire", j'ai interviewé le neurobiologiste Yves Christen. Voici un extrait, plus que jamais d'actualité:
" L'animal ne doit pas être  un esclave. C'est tout l'enjeu de la révolution philosophique et émotionnelle qui s'annonce. De nombreux problèmes doivent être posés concernant l'exploitation des chevaux, la boucherie, les zoos, l'élevage pour la fourrure, l'animal de laboratoire, la chasse, la corrida... Un grand bouleversement se prépare. Peut-être une révolution dans notre compréhension de ces autres êtres vivants. Celle-ci nous entraîne loin. Jusqu'à comprendre que les animaux se représentent le monde de façon originale. C'est la raison pour laquelle, après les avoir présentés comme des personnes, je les vois aujouird'hui comme des philosophes, porteurs de représentations du monde riches et variées. Je considère la question animale comme la grande question de notre temps..."

Yves Christen cite le phislosophe Alain. "Il n'est point permis de supposer l'esprit dans les bêtes, car cette pensée n'a point d'issue. Tout l'ordre serait aussitôt menacé si l'on laissait croire que le petit veau aime sa mère, ou qu'il craint la mort, ou seulement qu'il voit l'homme. L'oeil animal n'est pas un oeil. L'oeil esclave non plus n'est pas un oeil, et le tyran n'aime pas le voir". Et de nous demander de regarder l'oeil de l'animal. "Acceptons de voir enfin cet oeil. Celui du cheval. Celui des autres bêtes aussi. Car nous ne pouvons plus, en conscience, trouver refuge dans la simple ignorance."

Mesdames et messieurs les députés, votre amendement ne doit pas nous faire passer à côté d'un grand débat. Un débat qui nous concerne tous, cavaliers, propriétaires de chiens ou de chats, végétariens ou non, éleveurs, enseignants...

Lien sur la Fondation 30 Millions d'amis dont la pétition pour un changement du statut animal  a receuilli 700 000 signatures.

Lire aussi mon article dans Cheval Magazine de mai.



vendredi 18 avril 2014

Parution de l'Encyclo de la cavalière


Les filles l'adorent!
Enfin, la voilà! La nouvelle Encyclo de la cavalière a fière allure! Recommandée par la FEE (fédération française d'Equitation), la petite soeur de l'Encyclo des filles est encore plus belle que la première édition. Elle est plus grande, plus illustrée, avec plus d'entrées. On y trouve toutes les réponses aux questions que se posent les cavalières, amazones chevronnées, écuyères débutantes ou simplement amoureuses des chevaux. Et elle ne coûte que ... 14,95 euros très exactement.
Bref, c'est LE cadeau à faire. Elle est illustrée par la dessinatrice Catel. Célèbre pour ses romans graphiques, elle n'a pas son pareil pour, en quelques coups de crayon, rendre les situations hippiques, trop mignonnes et parfois épiques.
Et puis, elle est signée de votre bloggueuse préférée. Signe particulier: elle ne considère pas les chevaux comme des montures mais comme de véritables amis. Et les amis, c'est la vie!
On y trouve des conseils pour communiquer avec les chevaux

Les connaitre et les comprendre

Un ouvrage de référence + un manuel de savoir-vivre

= l'Encyclo de la cavalière


mercredi 16 avril 2014

Finales Coupe du monde de jumping et de dressage à Lyon: du sport, du spectace et de la littérature!

Le dressage et le jumping ont rendez-vous du 17 au 21 avril à Lyon pour disputer leurs finales de coupe du monde respectives. Côté CSO, nos couleurs seront défendues par Kevin Staut (33 ans),  Patrice Delaveau (49 ans)  et Simon Delestre (32 ans).
Simon Delestre viendra avec Napoly de RY et Valentino Velvet

Patrice Delaveau fera la finale avec Lacrimoso HDC

Kevin Staut pourra compter sur Sylvana HDC et On d'Eole

En dressage, c'est Marc Boblet qui a la lourde tâche de concurencer l'anglaise Charlotte Dujardin ou le hollandais Edwar Gall.
Le spectacle sera assuré par la Garde Républicaine, Lorenzo et Jean-François Pignon.


Ce dernier en profitera pour parler de son film "Gazelle" dont il est l'auteur, le réalisateur, l'acteur et qui raconte sa rencontre avec Dieu. "C’est l’histoire d’un homme qui est plus à l’aise dans le monde des chevaux que dans celui des hommes. Grâce aux chevaux, il rencontre le succès et les hommes se mettent à l’aimer. Dieu le guide".
Plusieurs écrivains viendront dédicacer leurs livres sur la Halte Culturelle organisée par Chantal Van Tri. Guillaume Henry présentera son premier roman "Les chevaux du vide", une histoire fantastique (sûrement un peu autobiographique) et rédigée d'une plume alerte (voir mon post).
Claude Lux proposera la réédition de "1000 trucs du cavalier" pour faire face à toutes les situations avec son cheval. Sabine Delaveau viendra parler de "Confessions cavalières" et de "Tu seras cavalier mon fils". Quant à Nicolas Blondeau, il dédicacera "Equitation éthologique" et "Le débourrage" (une vraie bible pour ceux qui ont la chance d'élever un poulain).

Le programme de la coupe du monde sur le site de la FEI

Lien Equilivres pour connaitre la liste des auteurs présents

lundi 14 avril 2014

Ils traversent l'Europe à cheval pour aider la recherche contre le cancer

Une nuit au pré pour récupérer après une journée de route
Deux hollandais, Noud et René relient Paris à Séville à cheval pour récolter des fonds pour la recherche contre le cancer. Ils ont passé la nuit dernière à l'élevage du Littoral à Arès. Jan, robuste appaloosa de 12 ans et Karel, son compagnon KWPN pie ne se sont pas fait prier pour plonger la tête dans l'un des prés de l'écurie.
En pleine forme, les deux chevaux font entre 30 et 40 kilomètres par jour, à leur rythme et sans paquetage. Des amis assurent l'intendance en caravane. L'an dernier, la même équipe avait relié la Hollande à Istanbul, soit 3100 kilomètres leur permettant de récolter 50 000 euros.
Les hollandais préparent l'étape du lendemain avec Viviane David
"Loor voor leven, ce qui veut dire: marcher pour la vie"
Noud Dirks, l'instigateur du projet réalise ainsi son rêve. Jeune retraité, il a vendu sa société
pour ... apprendre à monter à cheval! "Un jour à Istanbul, j'ai croisé un hippie monté sur un cheval blanc. J'ai eu un flash. C'est  ce que j'avais envie de faire!" Organisé, il apprend à monter, trouve de solides chevaux, courageux et qui n'ont peur de rien, convint des amis de l'accompagner et monte toute une "entreprise" caritative sous le nom "Marcher pour la vie".
Une chaîne de solidarité cavalière se met en place pour trouver le gîte à ses chevaux tous les soirs. "On est très bien acceuilli en France, dit-il. Les gens se montrent généreux . C'est fantastique".




Le voyage est l'occasion de rencontres et de dons! Noud offre des lunettes aux couleurs de son association
Si vous les croisez sur la route, faites leur un petit signe et si possible, hébergez les.

PS: Jan et Karel apprécient particulièrement les carottes.
La vie couleur soleil
L'appaloosa et le KWPN pie sont des randonneurs aguerris.

Vous pouvez suivre leur périple sur leur site (en hollandais)

samedi 12 avril 2014

Faire son deuil d'un cheval, c'est long!

Voilà sept mois que Malika nous a quitté et pas un jour sans que l'on pense à elle. Chacun cherche à faire son deuil et à surmonter sa peine. Bien qu'étant un cheval, elle faisait partie de notre vie, de notre quotidien. Elodie, sa cavalière était parvenue à un état fusionnel avec elle. Sa mort soudaine laisse un grand vide.
Pierre, son cavalier n°2, a trouvé en Papete, une autre compagne. Il prend une nouvelle route avec la petite "Bombinette" et découvre de belles sensations. Et Papete qui a croisé sa route par hasard prend un nouveau départ. Elle ne le quitte pas du regard et lui donne tout.
Moi, je ne peux m'empêcher de mettre des photos de Malika sur mon blog. Et elle figure en bonne place dans mon prochain livre, "L'encyclo de la cavalière", qui paraîtra dans quelques jours. C'est ma façon de lui rendre hommage, de la garder près de nous, même si cela me fait pleurer.
Une nouvelle route pour Papete

Tant de choses peuvent encore arriver...

Elodie cache sa peine mais accepte de monter Papete, de s'y intéresser. C'est un premier grand pas. Un pas plein de sens et porteur d'avenir. Elle reste cavalière.  « De nombreux cavaliers font un double deuil : celui de leur cheval et celui d’être cavalier, explique le docteur Chavannes, psychiatre. C’est une double amputation. Ils ne peuvent plus monter d’autres chevaux. C’est vraiment dommage ! Dans le fait d’être cavalier, il y a un élément narcissique très important. Un homme à cheval n’est pas un homme à pied. Être à cheval, c’est s’identifier à un être plus rapide, plus poétique, plus mythologique. Le cavalier se voit cow boy, Jeanne d’Arc et surtout centaure. A cheval, on est plus grand, plus rapide, plus beau… Perdre cet état, c’est faire le deuil d’une part de soi».
Pour le docteur Chabannes, il faut renoncer au cheval aimé  mais garder le fil tendu entre ce cheval et le cheval d’après.  Progressivement, s’imaginer avec un autre cheval, complètement différent, qu’il pourrait aimer et avec lequel il aurait tout à inventer. « Rien n’est figé ! C’est cela, la vie!  Il ne faut pas pour autant chercher à trouver le même cheval mais se tenir prêt à une nouvelle rencontre".  »

La jument cherche le contact !

Le docteur Christophe Fauré ne dit pas autre chose. Dans son livre « Vivre le deuil au jour le jour » (éditions Albin Michel), il décrit le processus du deuil.  « Parvenu au bout du chemin, on réalise qu’il existe d’autres vérités, d’autres routes, d’autres sentiers, d’autres carrefours… », écrit-il. 

mardi 8 avril 2014

L'art du grooming, c'est... tendance!

Elodie à trouvé le Point S (comme sensible) de Malika.
Lu dans le Figaro Madame spécial Homme, un article sur l'art du grooming. On y apprend qu'une ou deux fois par semaine, l'homme moderne doit se faire un gommage "essentiel pour renouveler l'épiderme en éliminant les cellules mortes".... On suit avec intérêt les conseils de Tom Ford: "un grooming minitieux est la signature du gentleman moderne". Enfin, on se rue sur les "modèles" les plus demandés: la barbe de Brad Pitt et la moustache de Tom Selleck!

Pas de quoi étonner les cavaliers qui savent qu'il faut aller dans le sens du poil avec leurs chevaux! Le grooming est un grand instant de plaisir, de bien-être et de complicité. Il se pratique entre deux chevaux amis, ou entre un cavalier et son cheval.
Le scénario est simple : tu me gratttes, je te gratte, je t'enlève les cellules mortes et tu lustres mon poil.
Quand le pansage est agréable, le cheval nous le dit en nous mordillant délicatement, du bout des lèvres, comme il le ferait à un autre cheval.  Un moment privilégié qu'il ne faut surtout pas gâcher en rabrouant le cheval. Il nous gratouille pour nous faire plaisir, pas pour nous mordre!
Antoinette et ses poneys en pleine séance de grooming





Pour en savoir plus, lisez "Je comprends mon cheval" ou "Je soigne mon cheval".



dimanche 6 avril 2014

Les chevaux dans la guerre : un livre d'historien et une nouvelle d'amoureuse

 Dans son dernier livre "Bêtes de tranchées", l'historien Eric Baratay évoque le vécu des chevaux, des ânes et des mulets qui ont vécu la guerre 14-18 et payé un lourd tribut : 11 millions de morts. Il s'intéresse notamment aux charges de cavalerie. "C'est en lisant Céline que j'ai compris pourquoi les cavaliers chargeaient groupés, ce qui semble suicidaire face aux mitrailleuses allemandes: avec le bruit, la poussière, l'odeur du sang, les chevaux menés isolément seraient partis dans l'autre sens!"



Lire l'article du Monde consacré au 14-18 des animaux à l'occasion de la sortie de  "Bêtes des tranchées".
Lire l'article de Paris Match

Anes,  poneys, chiens, pigeons... compagnons d'infortune des chevaux


J'ai une immense compassion pour ces équidés réquisitionnés pendant les guerres.
Voilà quelques extraits d'une nouvelle inspirée par ce qu'a vécu mon beau-père Paulou et le cheval avec lequel il est parti à la guerre en septembre 1939. Paulou écrit à sa fiancée Poulichouminou et raconte sa drôle de guerre avec cette jument qu'il a baptisé Poulichette. Cette nouvelle est parue dans "Histoires d'amour et de chevaux" aux éditions du Rocher.

Lille, le 10 septembre 39,
Poulichouminou adorée,

Ces premiers jours passés à la caserne m’ont semblé une éternité. ..
A part les corvées, nous ne faisons rien de la journée. La solitude est un peu moins dure à supporter depuis qu’on m’a octroyé une magnifique jument peut-être comtoise, ou bien franches-montagnes. C’est avec elle que je partirai dans trois semaines sur le front de l’est. Si tu voyais comme elle est belle avec sa robe alezane et ses balzanes blanches ! Elle a de grands yeux intelligents et des petites oreilles mobiles comme si elle ne voulait rien rater des conversations qui se tiennent autour d’elle. Solide, elle doit peser dans les 600 kilos. Pourtant, elle se déplace avec la grâce d’une princesse ! Et son encolure bien attachée, sa croupe parfaitement ronde. Une merveille !
De tout mon cœur, je plains le paysan à qui elle a été réquisitionnée. Quel déchirement il a du ressentir ! S’il savait que c’est moi qui en ai la charge, peut-être serait-il un peu rassuré. Je l’ai baptisé Poulichette en ton honneur. Déjà, elle me reconnaît et tend les oreilles vers moi lorsque j’approche.
Je lui cause beaucoup pour qu’elle se sente en confiance. Je me serre contre son encolure et je chuchote à son oreille. Je lui parle de toi, de nous. Je m’adresse à elle comme si c’était toi. Elle est devenue ma confidente. Quand je suis avec elle, je me sens plus proche de toi. Elle adore quand je la caresse. Elle vient alors fouiller mes cheveux avec ses lèvres. C’est sa façon de me répondre...

Le 10 octobre 39
... Pourras-tu mettre des morceaux de sucre pour elle dans ton prochain colis ? Je te demanderai bien des carottes mais j’ai peur qu’elles arrivent pourries.
Demain, nous quitterons la caserne pour le front. J’ai un peu peur car je n’aime pas la guerre. Mais ne te fais pas de mauvais sang. Tant que je suis avec Poulichette, il ne peut rien m’arriver. Tu sais, elle devient un vrai cheval de guerre. D’abord, elle a été ferrée. Bien sûr, elle n’avait jamais vu un maréchal Ferrant de sa vie ! Elle a eu si peur qu’elle s’est laissée tomber. Tu aurais vu la pagaille ! Je l’ai relevée et suis resté à son côté. Elle a vraiment été courageuse. Je lui caressais l’encolure pendant que le maréchal s’occupait de ses pieds. Elle a simplement sursauté quand la fumée a jailli à la pose du fer.
La majorité des chevaux que nous avons sont des chevaux de ferme avec des gros pieds, si bien que les fers n’étaient pas à la bonne taille. Le maréchal a été obligé de les élargir. Nous avons également dû les dresser car pour la plupart, ils n’avaient jamais été montés....

Sur le front, le 2 décembre 39
Nous sommes installés près de Sedan (je ne peux pas te dire où, tu comprends pourquoi) et il gèle. Pourrai-tu envoyer une couverture pour Poulichette ? Nous n’avons même pas d’écurie pour les chevaux et ils restent attachés, dehors, par un froid glacial. Je suis très inquiet. Plusieurs chevaux du régiment sont morts de maladies respiratoires. En plus, ils ont faim. Pense que Poulichette ne reçoit que 5 kilos de nourriture par jour alors qu’elle a besoin de 20 à 25 kilos ! Elle a déjà beaucoup maigri. On commence à voir ses côtes. Certains soldats donnent des pommes de terre aux chevaux. Moi, je n’ose pas. J’ai peur qu’elle fasse des coliques. Alors, je ramasse toute l’herbe que je peux.
Si ce régime continue, j’ai bien peur qu’elle n’ait plus la force de porter ses 150 kilos de paquetage...

Le 4 janvier 40, quelque part sur le front
Finalement, j’ai réussi à me procurer des pommes pour Poulichette. Si tu l’avais vue se régaler ! Je les ai échangé contre ma ration de tabac. Cela va être un peu dur car, depuis que je suis au front, je fume. J’adore allumer une cigarette, l’inhaler et sentir la fumée descendre dans ma gorge, mes bronches, mes poumons. Je me sens moins seul. La cigarette m’apaise et rythme mes journées. Après les corvées, à la fin de ma garde, après le repas, avant de dormir… elle rend la vie au front plus supportable.
Par contre, je ne parviens pas à boire une seule goutte de vin. Il est trop aigre. Mon estomac le refuse obstinément. C’est dommage car un bon verre pourrait m’aider à me réchauffer. Il fait si froid, ici ma minette. La nuit, les températures descendent à moins 20 degrés. Quand je suis glacé, j’enfile ton passe montagne et je blottis mes mains sous la crinière de Poulichette. Sa chaleur vient réchauffer mes doigts gelés. Ses poils ont poussé. On dirait un vrai nounours.
Je fais très attention qu’elle n’approche pas les autres chevaux car, beaucoup, ont la gale. Je la panse tous les jours et je cache sa brosse pour qu’elle ne serve à personne d’autre. Je sais que la gale est contagieuse et nous n’avons rien pour la soigner...


samedi 5 avril 2014

Un chien et un poney qui ont le sens du jeu !

Les animaux ont le sens de la répartie, témoin cette vidéo. Elle met en scène Helton, le poney de ma fille, et Zoulou, notre Rhodesian Ridgeback trop tôt disparu. Deux animaux complètement différents mais qui ont en commun une grande confiance en eux et un humour redoutable.

video



Quand il vivait à la maison, Helton était capable d'ouvrir la porte de son box, puis de délivrer ses deux compagnons. Alertés par de drôles de bruit, on se retrouvait en pyjama en train de rapatrier  chacun dans son box!
Quant à Zoulou, il était sûr de sa force et n'avait peur de rien, pas même d'un feu d'artifice tiré à quelques mètres! Il adorait s'amuser mais on ne pouvait pas se permettre de trop jouer avec lui car cela l'excitait énormément. Pourtant, avec Helton, le jeu est contenu, parfaitement maîtrisé. Aucun ne va trop loin. Chacun sait s'arrêter avant d'avoir atteint la limite.


Lire le post sur le sens de l'humour des chevaux(et voir la vidéo incroyable où un cheval utilise un outil pour aller chercher du grain derrière la porte.

Et cette vidéo d'un chat qui se fait papouiller avec délectation par un cheval.


mercredi 2 avril 2014

Guillaume Henry signe un roman fantastique sur la voie du cheval

On le croit instructeur d'équitation, éditeur, auteur de manuels équestres, spécialiste du Cadre Noir et on le retrouve...  romancier. Avec "Les chevaux du vide"(éditions du Rocher), Guillaume Henry nous emporte dans une histoire d'amour fantastique dans laquelle le cheval permet au personnage principal, Pierre, de s'éveiller.

Extrait p 101
"Un jour, dans un effort quasi surhumain que Laetitia ne remarqua sans doute pas, je m'approchai de Bella et lui caressai l'encolure. Ce fut un choc. La jument était imposante, musclée, mais je n'avais jamais imaginé que sa peau puisse être si fine, son poil si soyeux. Comme je passais plusieurs fois ma main sur son cou, je ressentis quelque chose de presque sensuel, d'intime, de merveilleux à caresser son corps chaud, si puissant, à la fois terriblement féminin. Bella se laissa faire et j'en fus troublé, sans savoir pourquoi". 

Pierre apprend à monter sous les ordres d'un moniteur mal dégrossi qui ne supporte pas plus la contradiction chez un humain que chez un cheval.
p 125
"Régis imposait que le cheval cède à la volonté de son cavalier. Et tous les moyens étaient bons pour cela"...

L'apprenti cavalier sent bien qu'il existe une autre dimension.

Extrait p 174
"J'étais si bien que je me demandais soudain qui de nous deux galopait. Lui ou moi? Et la campagne qui s'étendait autour de moi, ne participait-elle pas de ce galop?"

Pierre rêve de devenir centaure et croise un cosaque qui veut lui enseigner quelque chose. Le cosaque apparaît et disparaît. "Il y a des signes", écrit Guillaume Henry.

Le récit nous emporte dans un autre univers temps au gré d'un grand puzzle sur la voie de la vérité ou peut-être de ce que les japonais appellent le "jaillissement zen". Le chemin est long et compliqué, les embûches nombreuses, les cauchemars récurrents.

Extrait p 201
Guillaume Henry, là où on ne l'attend pas
" Je sursautai devant mon reflet qui m'apparut dans l'écran éteint de la télévision.... Mes yeux cernés et mes cheveux en bataille me donnaient un air hagard, livide, presque mort. 
- QUE FAIS-TU LA? brailla mon reflet".

 Un cheval accompagne Pierre dans ce voyage réel ou irréel. Il s'appelle Odin, comme le dieu du savoir et de la mort.

Extrait p 282
"Il y a des signes. C'est évident. Mais je n'avais rien vu, rien compris. J'avais passé ma vie à me perdre, toujours plus loin de la route principale, toujours plus aveugle... La vérité n'était pourtant pas loin". 

Je vous laisse découvrir la fin, les dernières pages où Pierre galope, fait des demi-cercles, change de pied, galope... bref, s'accomplit.
Ne lisez pas la quatrième de couverture qui donne trop de clés. Laissez venir les mots, comme ils viennent, sans effort. Tout naturellement!

Le cheval a quelque chose à nous donner que l'on ne doit pas perdre...

A la recherche du moment de grâce
A suivre: l'histoire de Prince, un cheval qui a marqué Guillaume Henry