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dimanche 23 février 2014

Lecture : C'est à cheval que Stéphanie le Bail devient femme

"Un seul corps" est le premier roman de Stéphanie Le Bail, cavalière de dressage qui monte le plus souvent à crû et se fait la plus légère possible sur le dos de son cheval.


Un roman prenant et émouvant, paru en 2012 aux Éditions du Rocher, dans lequel elle décrit le lien extraordinaire qui unie une jeune fille malade avec son cheval.

Voilà quelques passages particulièrement attachants:

La mort
Par tous les temps, la gamine emmenait son cheval dans la forêt. De plus en plus loin. Avec de moins en moins de matériel. Repoussant toujours les limites. Frôlant la mort de plus en plus près, sans jamais lui céder. L'enfant était devenu femme sur le dos du cheval, durant ces instants d'osmose où l'extase rend la douleur insensible. ( p 80)
 Le silence et la pudeur
Les chevaux sont des êtres de silence. Ils ronronnent parfois, pour saluer ou demander quelque chose... Chaque cheval a sa note. Parce qu'elle est rare, cette marque d'affection est prisée et recherchée par les cavaliers, qui se ressourcent à la suavité du ronron des chevaux. (p 87)
L'intimité
Mazeppa avait soif d'elle. Il buvait sa présence, ses gestes. Il ne bougeait que pour elle, vers elle. Rien n'existait autour d'eux. Quand elle évoluait autour de lui au pansage, il savait à chaque instant où la trouver, où la sentir.... ballets amoureux faits de mouvements imperceptibles et intimes. (p 88)
La lenteur
Notre époque a perdu le goût de la lenteur. Or les chevaux sont lents.  (p 111)
Le dressage
Le dressage est un art qui meurt à l'instant même où il se crée. La jouissance est fugace... (p 113)
L'animalité
Parce que vous ne savez pas ce que c'est que de partager sa sueur avec une sueur animale? Parce que vous n'avez jamais confié  vos vies à un cheval.Vos vies suspendues à chaque foulée. Vos vies en apesanteur. Livrées au bon vouloir, à l'incertitude de la bête. Ça ne tient pas à grand-chose quand on monte à cru... (p 119)
 La vocation
Être cavalier, maman, ce n'est pas toujours un sport, c'est parfois une religion.  (p 124)




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