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lundi 2 septembre 2013

Myrtille et Roger-Yves Bost: un cavalier unique pour une jument au passé incroyable

Myrtille Paulois Castle Forbes, la championne d'Europe de saut d'obstacles n'aurait jamais du voir le jour. Sa mère Rita la Rouge était borgne et particulièrement disgracieuse. Courte sur pattes, le dos creux, les épaules droites, elle était maigre avec une tête taillée à la serpe. Son premier poulain était mort né et plus personne ne la voulait comme poulinnière.

Une pauvre "carne" qui servait de mannequin aux étalons qui devaient être prélevés. L'hiver, elle recevait des piqûres d'hormone pour déclencher ses chaleurs et jouait les "bout-en-train" au féminin.
"Je l'ai achetée par pitié, raconte Agnès Grosz, propriétaire du Haras du Paulois.
Elle s'est retapé et m'a fait une première pouliche très mignonne que l'on a vendu à un amateur. Puis, elle a joué de malchance. Soit, elle ne remplissait pas, soit elle faisait des jumeaux collés. Mais on continuait parce que je m'y étais attachée. En 13 ans, elle n' a fait que deux  poulains!" Agnès Grosz s'est obstinée car Rita était la fille d'Ardente, une très bonne jument. Un jour, l'éleveuse a vu Dollar du Mûrier à la télévision. "Quelle galopade! J'ai eu le coup de foudre, raconte-elle. C'était vraiment l'étalon qu'il fallait pour Rita. La jument  a pris du premier coup et... ce n'était pas des jumeaux!".
Myrtille est née. Une crevette toute velue! Mon premier garçon était déçu. "C'est une ponette!" disait-il.

Suite à des problèmes de santé, Agnès Grostz est obligée de vendre son élevage. Toutes les poulinières et leurs poulains trouvent acquéreurs sauf... Rita et Myrtille. "La pouliche n'était pas attachante. Une solitaire renfrognée avec les sourcils froncés, difficile à soigner. Quand on l'a fait sauter dans le rond, elle chargeait les barres avec hargne. Elle se mettait en colère". Myrtille vit au pré jusqu'à l'âge de trois ans. La veille des ventes Fences, elle se blesse dans son pré. Elle est donc vendue comme poulinière.
La suite, on la connait.... (Voir ....)

"Quand j'ai vu ses résultats, j'ai vraiment été surprise, poursuit l'éleveuse. Elle est bien tombée avec Jessica Kurten qui a su l'attendre et l'éduquer avec tact. Et maintenant, la voilà championne d'Europe sous la selle de Bosty. C'est mon rêve qui se réalise. Voir un cavalier comme lui la monter avec une telle entente, une telle fluidité. Elle était complètement différente et lui aussi. Tellement sereins, tous les deux! C'était l'état de grâce!"

En plus de l'élevage (pur-sang, trotteurs et selles français), le Haras du Paulois propose une écurie retraite. Les vieux chevaux y vivent heureux et bien soignés. Agnès se donne à fond pour accompagner ses "personnages vénérables qui ont tant à nous donner".



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