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mercredi 6 février 2013

Paris-Moscou à cheval avec Jean-Louis Gouraud, prix Renaudot du livre de poche

En ajoutant le nom de Jean-Louis Gouraud à cette publicité, je repense à son extraordinaire aventure. En 1990, l'écrivain-éditeur a relié Paris à Moscou avec ses deux trotteurs, Prince de la Meuse et Robin. Le grand amoureux des chevaux a traversé les deux Allemagne, et la Pologne avant d'entrer en URSS. Il a été accueilli en héros après avoir parcouru 3333 kilomètres en 75 jours et sans assistance.
 Je me replonge dans son livre "Le pérégrin émerveillé" aux éditions Actes Sud que j'ai dévoré cet été.
Je l'avoue, quand j'ai vu le pavé (517 pages), j'ai un peu hésité. Mais une fois lancée, je n'ai pas pu m'arrêter. J'ai même lu toutes les notes en bas de pages! Jean-Louis Gouraud est un raconteur d'histoires. Alors, quand il raconte la sienne, il excelle!

Sur son amour des chevaux
"Je n'ai qu'un seul vrai problème. J'aime les chevaux. Bien qu'incurable, cette hippophilie n'est pas une maladie grave. Elle entraîne par contre toutes sortes d'autres problèmes auxquels, justement, on croyait avoir échappé: sentimentaux, financiers, physiques et même métaphysiques."
Son goût du voyage
"Je souffre d'un phénomène étrange, inexplicable: dès que je vois un cheval, je suis pris d'une furieuse, d'une irrépressible envie: monter dessus - et partir". 
Le choix de l'URSS
"Primo, j'ai toujours éprouvé une attirance particulière pour les lieux mystérieux, sulfureux, inaccessibles... A la Californie, je préfère la Sibérie et aux plages de la Méditerranée, l'épaisseur de la taïga ou l'immensité de la steppe. Il n'y a là aucune espèce de coquetterie, de snobisme ou de recherche d'originalité à toux prix, non: juste une sorte d'allergie à la foule, une répulsion à toute forme d'embrigadement, une aversion pour les comportements moutonniers."
Son cheval Prince de la Meuse
."... c'est qu'il a, en effet, une drôle de tronche... Finalement je lui trouve plutôt une bonne tête, originale mais intelligente, l’œil attentif mais serein. Hélas, éprouvé sans doute par une saison de chasse, le poil terne laissant apparaître de vieilles blessures d'harnachement, il fait plus pitié qu'envie... Je ne le sais pas encore: je viens d'acheter non seulement le meilleur cheval de ma vie mais le meilleur cheval du monde". 
Sur son second cheval, Robin
"Outre le fait qu'il est atteint, au passage de sangle, d'une curieuse éruption de boutons, il me semble qu'il ne tourne pas rond. Il est pris de frayeurs subites et inexplicables..."

Impossible ici de citer ses rencontres extraordinaires, ses petits désagréments quotidiens, ses grandes frayeurs, ses tracasseries de passage de frontière et tous ses émerveillements... Je vous laisse découvrir   comment il a donné ses deux chevaux à Gorbatchev et comment il est retourné les "voler" dans des conditions rocambolesques à l'arrivée d'Eltsine. Comment il entreprendra le même voyage, avec les mêmes haltes, en voiture cette fois, 20 ans après. Il rend alors visite aux hôtes qui l'avaient accueilli lors de son périple à cheval. Tout a changé. L’Allemagne est réunifiée, la Pologne intégrée à l'Union Européenne et l'URSS a été remplacée par des républiques qui ne croient plus au communisme...
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