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samedi 22 décembre 2012

Elisabeth de Fontenay: des droits moraux pour les animaux

"Que nous le voulions ou non, nous ne pourrons plus faire l'économie de la question animale"

Lu dans le magazine "Elle", une conversation avec la philosophe Élisabeth de Fontenay qui offre des arguments à tous ceux qui rêvent de donner des droits aux animaux en général et aux chevaux en particulier. Résumé:

Élisabeth de Fontenay lie son intérêt pour la condition animale à l'assassinat de membres de sa famille à Auschwitz
" Cela a beaucoup pesé sur ma vie et a indirectement contribué à mon intérêt pour la question animale, pour ce que l'on peut appeler "la vie nue". La vie que plus rien ne protège. Les animaux, ces vivants qui ne peuvent pas s'opposer, sont à notre merci". 
Pour la philosophe, les animaux ne sont pas des objets mais des sujets:
"Les animaux expriment des désirs, des intentions, ils ont des attentes, des souvenirs, une certaine conscience d'eux-mêmes, une biographie même parfois, et surtout ils souffrent." 
Étant des êtres sensibles, ils devraient avoir le droit au bien-être et à un certain bonheur de vivre.
"Le chantier des droits de l'homme ne sera pas achevé tant qu'on n'aura pas accordé des droits spécifiques aux vivants sensibles, du moins aux mammifères et aux vertébrés. Darwin, lui-même, demandait qu'on élargisse le cercle de la compassion altruiste. .."
La philosophe s'interroge sur le droit à la vie des animaux.
"Je ne sais comment y répondre. Car, dès lors qu'il s'agit d'un animal élevé dans le but de nourrir les hommes, il est contradictoire de lui reconnaitre un droit à la vie ... Si les animaux n'étaient pas enfermés dans le cadre effroyable des élevages intensifs et de l'industrie agroalimentaire, s'ils étaient nourris dans de vraies fermes et mis à mort dans de petits abattoirs, ce serait plus supportable de leur prendre la vie..."
Pour elle, aucun animal n'est "bête":
"Tout animal vise à persévérer dans l'être qui est le sien, et chacun a un monde". 
Et pas question de n'aimer que les animaux ou que les hommes!
"Pour être quelqu'un d'humain, il faudrait aimer les hommes et les animaux. Ce n'est pas une affaire d'amour, c'est un devoir absolu de considération et de respect pour les uns et pour les autres". 

Un entretien passionnant mené par Marie-Françoise Colombani et Dorothée Werner.
En  attendant la réédition de son œuvre "Le silence des bêtes" aux éditions Points Seuil en janvier prochain. Vous pouvez aussi l'écouter tous les dimanches sur Inter aux côtés d'Allain Bougrain Dubourd dans "Vivre avec les bêtes".

http://www.elle.fr/Societe/Les-enquetes/Elisabeth-de-Fontenay-Pour-etre-humain-il-faut-aimer-les-hommes-et-les-animaux-2258824

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